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29/10/2007

Psycho-pop, sciences sociales : le mauvais choix des consommateurs

La semaine dernière je me suis rendu chez Renaud-Bray pour acheter L’Esprit de la Loi de Montesquieu. Je savais déjà que Renaud-Bray n’était pas une librairie mais bien un magasin de livres. La librairie Pantoute, sur la rue St-Jean, où j’ai finalement trouvé les livres (hé oui, il y a deux tomes), est une vraie librairie.

Toujours est-il que je suis chez Renaud-Bray et que je cherche la section socio, philo, essai ou quelque chose du genre. J’aperçois alors la section psychologie. Six rayons bien garnis plus un présentoir pour mettre en valeur les derniers titres. Je regarde autour, sexualité, ésotérisme, spiritualité et finalement sciences sociales ; deux rayons qui couvre tout de l’essai sur l’intégration des jeunes en milieu défavorisé, au dernier ouvrage de Jacquard en passant par quelques classiques, Machiavel et autres… Deux petits rayons. Ça n’intéresse personne les grands textes de Platon, de Bourdieu ou de Montesquieu, non, le monde, le vrai monde lisent de la psycho-pop à deux cennes : Lâcher prise, et tout ira mieux.



Le problème avec la psychologie populaire c’est qu’elle n’explique rien. Elle ne fait que proposer des solutions boiteuses qui ne fonctionnent que dans quelques cas – d’où la prolifération d’ouvrages.

Vous vous sentez surmené au travail? Ce n’est pas de la psycho bon marché qu’il vous faut mais un petit cours de sociologie!

Tous les sociologues qui s’intéresse de près ou de loin au travail – et ils le font presque tous – savent pourquoi vous vous sentez surmené au travail. Ils ne vous donnerons pas de fausses solution pour que vous vous sentiez moins surmené, non, mais il vont vous expliquer la source de ce surmenage et de là vous serez à même de le combattre.

Pourquoi sommes-nous si stressé, si fatigué? Simple. Le monde de l’emploi a beaucoup changé dans les 30 dernières années. Les « Trente Glorieuses », l’époque de nos parents, les trente années de forte croissance économique qui ont suivis la deuxième guerre mondiale sont loin derrière. Cette époque révolu où l’emploi était statique, linéaire, où l’approche manufacturière – le fordisme pour ne pas le nommer – a laissé place à une époque où c’est la flexibilité qui prime.

Autant durant les « Trente glorieuses », le travail était découpé, monobloc, autant aujourd’hui tous doivent être polyvalent et multi-tâches. Durant l’ère manufacturière tout était fait à l’usine. Aujourd’hui on sous contracte énormément, ce qui fait que nous avons tous beaucoup plus de relations d’affaires, beaucoup plus de gestion à faire.

Si à l’époque tout le monde s’en tenait à son boulot et devait entrer dans le rang, aujourd’hui il faut tout savoir sur ce que les autres fond et innover. Il faut être polyvalent, innovant et performant. L’entreprise doit être flexible pour suivre le marché, la demande comme la compétition. Elle doit s’adapter en temps réel ou presque alors il va de soit que les employés doivent en faire autant.

Alors voilà : Nous sommes stressés, fatigués, surmenés parce que le boulot est plus stressant et plus demandant que jamais. Les dépressions et les « burnout » sont à la hausse et les ventes de bouquins de psycho aussi.

Ce n’est pas une quelconque recette sur la façon de prendre la journée qui va changé quoi que ce soit au nouveau monde du travail dans lequel nous évoluons. Ce sont de nouvelles façons de faire et celles-ci ne peuvent être élaborés ou rendues possible que par des gens qui comprennent ce qui se passe, pas par des qui lâche prise en espérant que les choses vont s’arranger d’elles-mêmes parce qu’ils s’en inquiètent moins, bien au contraire.

.jpm

11:57 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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