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20/12/2007

Le meilleur mensonge

Histoire de faire un petit retour sur le livre de Seth Godin, Tous les marketeurs sont des menteurs, et sur mon billet à propos de ces mensonges que l’on se raconte, je vais disserter un brin sur un des meilleurs mensonge à avoir occuper les esprits d’une majorité de gens sur la planète depuis les années 1950-1960 : Le rêve Américain.

Nul n’est besoin de spécifier que l’imaginaire du rêve Américain et la réalité de celui-ci diffèrent grandement. Ce rêve de la petite vie de banlieue avec une belle maison, deux beaux enfants, une télévision et une grosse voiture a évidemment changé à travers les âges, mais une chose demeure, cette croyance en la capacité de quiconque à faire fortune aux États-unis pour peu que ladite personne ait de la volonté.

Ce rêve / mensonge collectif a été si bien ancré dans notre imaginaire que de tous temps, même si tout a toujours tendu à prouver le contraire, mous y avons cru avec ferveur.

Bien sûr il y a eu certain cas, très médiatisés (il fallait bien entretenir le mythe), mais ce sont là des cas d’exception. La stratification sociale des États-unis le démontre bien. Aujourd’hui, et ça n’a pas dû changer beaucoup depuis la fin des Trente glorieuses (1950-1980), les gens riches (revenu familial > 100 000$/an) compte, aux ÉU, pour 15% de la population soit 45 millions de personnes – les très riches (revenu familial > 500 000$/an) ne représente que 1% de la population.

La classe moyenne qui, dit-on, vie le rêve américain, compte pour 30% de la population et a un revenu familial variant entre 35 000 et 75 000 dollars par an. Évidemment à 35 000$/an avec une maison et deux enfants on ne va pas très loin, alors je ne suis pas convaincu que ces gens là aient vraiment l’impression de vivre le rêve américain.

Les pauvres, ceux dont le revenu familial est de moins de 35 000$/an, représente 55% de la population américaine soit un écrasant 165 000 000 de personnes. De ce nombre 90 millions font partie de la « working class » et doivent vivre de petits boulots mal payés (16 000 à 30 000$/an). Les autres 75 millions sont les « working poors » et n’ont pas de revenus fixes. Ils représentent 25% de la population américaine.



Dans les années 1980, 7,3 millions d’immigrants sont entrés aux ÉU, dans les années 1990 ce fut 9 millions. Les immigrants rêvant de cet idéal américain représente donc sur deux décennies (16.3 millions) à peine plus de 20% des 75 millions d’américain les plus pauvres… Gageons qu’ils n’auront pas tous réalisé leur rêve.



Cela dit, il faut relativiser les choses. Plus de 91% des pauvres américains possèdent une télévision, 64% un micro-onde et 23% un lave-vaisselle… On est loin de la pauvreté constaté dans une majorité de pays dans le monde, mais on est aussi très loin, à cinq dans un trois et demi même avec une TV et un char dans le stationnement, du rêve américain.

.jpm

Sources : Social class in USA, Immigration aux ÉU

17:03 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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