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10/02/2008

Taux de chômage – quelques précisions

Statistique Canada vient de publier ses chiffres concernant le chômage et la création d’emplois au Canada. Ainsi vendredi dernier le site La Presse Les Affaires titrait : Le chômage à un creux de 33 ans en janvier.

Le taux de chômage canadien serait donc passé de 6,0% en décembre à 5,8% en janvier avec au passage la création de 46 000 emplois.

Suivant présentement un cours d’économie qui s’intitule Mesure des grandeurs économiques, j’ai décidé de partager ce nouveau savoir et de vous faire part de quelques précisions concernant ces indicateurs économiques hyper-médiatisés que sont les taux de chômage et d’emploi.

Deux définitions bien différentes.

Le taux de chômage c’est le nombre de chômeurs sur la population active. Cette dernière regroupe les gens âgés de 15 ans et plus, non-institutionnalisé (prisons et hôpitaux), hors maison de retraite et n’étant pas militaire.

Le taux d’emploi c’est le nombre de gens en emploi sur la population civile. Cette dernière regroupe tous les gens en 15 et plus sans exception.

Le sondage sur la population active de Statistique Canada est effectué sur environ 54 000 ménages – soit à peu près 108 000 individus. C’est donc dire que chaque sondé représente environ 235 personnes. Conséquemment lorsque Statistiques Canada affirme que 46 000 emplois ont été crée, il faut comprendre que ce sont 196 sondés qui ont affirmé s’être trouvé un emploi.

Ce qui signifie, entre autres, que ce ne sont pas nécessairement 46 000 nouveaux emplois qui ont été crée comme on nous le laisse souvent croire mais bien que 46 000 personnes se sont trouvées un emploi. D’ailleurs cela peut tout aussi bien signifier que 20 000 emplois de cadres se sont volatilisés (à cause de déménagement de sièges sociaux) et que 66 000 nouveaux emplois dans des cafés Tim Horton on été crées, que 46 000 postes vacants ont été comblés sans qu’aucun nouvel emploi est été crée.

Notez au passage que la population étudiante est répartie de façon plutôt étrange dans ces statistiques. Ainsi les 15 ans et plus étant aux études à temps plein et se cherchant un emploi à temps plein (il vont finir au printemps) sont considérés comme inactif alors que les étudiants à temps plein se cherchant un emploi à temps partiel (pour arrondir les fins de mois) sont considérés comme des chômeurs.

Autre point d’intérêt : La fameuse comparaison avec nos voisins du sud… Comme vous le savez certainement nos voisins du sud on toujours connu des taux de chômage plus bas que les nôtres – du moins depuis près de 30 ans. Même si cet écart persiste encore aujourd’hui et qu’une partie de celui-ci n’est pas encore expliqué, nous savons dorénavant qu’il y a au moins 1% de la différence qui est due à la façon dont on mesure le chômage aux ÉU. Ainsi aux « states » l’âge de la population civile est de 16 ans et plus, les forces armées entrent dans le calcul, le niveau d’incarcération est largement plus élevé qu’au Canada, pour être chômeur les gens doivent faire des démarches bien précises afin de se trouver un autre emploi et les prestations d’assurance emploi dure beaucoup moins longtemps de façon générale. Alors la prochaine fois que l’on vous cassera les pieds avec l’extraordinaire taux de chômage aux ÉU, rappelez-vous que la mesure dudit taux diffère beaucoup de la nôtre.

.jpm

14:26 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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