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13/04/2008

42% des québécois ne paient aucun impôt!

« C’est scandaleux! » Non, aucunement. Il y a effectivement 42% de québécois qui ne paient pas d’impôts et c’est très exactement le moyenne canadienne. En effet, si 42% des québécois ne paient pas d’impôt, on comte également 40% dans les maritimes, 42% en Ontario et 43% dans les provinces de l’Ouest.

« Mais alors il y a 42% de gens qui ne contribuent pas au trésor public! » Faux, ces gens paient des taxes et des frais comme tous les autres québécois et contribuent ainsi au trésor public à hauteur de 3 milliards par an.

« Mais quand même, 42% ça en fait du monde sur le BS! » Encore faux. Lorsque les économistes nous disent que 42% des gens ne paient pas d’impôts, ils parlent de toute la population active (15an+) et donc des gens sur le BS oui, mais aussi des étudiants, des chômeurs, des gens en institutions (hôpitaux et prisons) et aussi de tous les retraités! Il faut savoir ce qui se cacher derrières ces chiffres surtout lorsqu’ils sont utilisés pour nous faire avaler la pilule de la privatisation et de la hausse des tarifs comme cela ne manquera pas d’arriver dans les jours à venir.

« Pas étonnant que tant de gens soient opposé aux baisses d’impôts. » Effectivement, avec un premier quintile (20%) des salariés qui gagne au plus 17971$ par année et un second qui en fait au plus 28171$, ce n’est guerre surprenant.



Les plus surpris par cet état des choses ne sont généralement pas les membres de la classe moyenne ou encore ceux du premier quintile qui ne paient pratiquement pas d’impôts, non les plus étonné et souvent les plus choquer ce sont les gens riches, ceux qui font parti du dixième décile ceux qui, comme le souligne Jean-François Lisée dans son texte Éloge de l’impôt.

En effet, monsieur Lisée nous fait remarquer que les gens très riches, ceux qui empochent un salaire de 250 000$ par an, sont atterré par ce constat mais ne se rendent généralement pas compte que leur seul compte de dépense pour repas « d’affaire » totalise bien souvent plus de 20 000$ par an soit un gain non imposé « gracieuseté » de l’employeur et par déduction fiscale interposée de l’État – nous tous donc – qui est plus élevé que le salaire brut des gens du premier quintile et à peine plus bas que le salaire net médian des québécois.

Ces gens très riches à qui on ne peut plus faire avaler de hausses d’impôt, convaincu qu’ils sont d’en payé leur juste par sont dans un autre monde. Il est absolument impossible pour eux de comprendre ce qu’est la vie à 50 000$ par an et encore moins à 20 000$.

Tiens, ça me fait penser à ce mot de Gilbert Rozon, rapporter par le journal les Affaires en 3ième de couverture : « Personne ne devrait rester dans un emploi qui l’emmerde. » Mais bon, que voulez-vous M. Rozon on a pas tous les moyens de changer de job.



On va beaucoup parler de tarification et de fiscalité dans les prochaines semaines, de qui devrait payer quoi et à quelle hauteur de ce qui est publique et de ce qui est privé… Nous devrions avoir un sérieux débat sur cette question puisque tous sentent la pression sur les services publique au même titre que tous on l’impression d’être surtaxé, mais les dés sont pipés et ce débat n’aura probablement pas lieu.

Les gouvernements minoritaires, dont j’ai fait l’apologie, ont ce désavantage d’être moins brave lorsqu’il s’agit de mettre sur la table des questions aussi épineuse. Et, d’ailleurs pourquoi croyez-vous que M. Charest et sont équipe ont mandaté deux des signataires du Manifeste pour un Québec lucide pour produire cette étude? C’est la direction qu’ils veulent prendre.

De toutes façons, il est impensable d’augmenter les impôts – d’autant plus qu’on avait promis de les réduire – tout comme il est impensable d’augmenté de façon substantielle les tarifs, la récente augmentation de frais de scolarité nous l’a bien démontré…

Et puis, le débat est relativement bouché avec cette disparité salariale qui fait que les riches ne comprennent pas les pauvres et vice versa. Il y a bien Lisée qui proposait d’ajouter ces dîners payés aux revenus des très riches, mais ça ne passe pas non plus. Pas plus d’ailleurs que la demande de Lauzon sur l’imposition de la totalité des gains en capitaux qui ne sont imposable qu’à 50%!



À mon sens il n’y a que quelques solutions applicables :

Faire respecter les taux et tarifs en vigueur – ce qui le fisc fait de mieux en mieux comme le rapportait Le Soleil du 11 avril (2,1 milliards cette année dont 77% provenant des entreprises).

Installer une culture de la redistribution (pas facile) qui « pousserait » les patrons à voter des hausses ou des bonus (c’est moins engageant) à leur employés plutôt que d’empocher des millions années après années comme ça plus de gens payeraient de l’impôt. Prenons un petit exemple fictif. Une entreprise de 10 employés, 10% d’augmentation, tout le monde fait 10 000 par année sauf le patron qui fait 100 000. 10% de 10 000 c’est 1 000 donc tous font 11 000$/an, et le patron passe à 110 000 soit pratiquement le salaire d’un employer! Il pourrait en redistribuer la moitié, ce serait probablement plus équitable vu que le prix du lait augmente également pour tous, et alors les employés auraient vu leurs salaires augmenter de 1 500$ soit 15% et le patron de 5000$ soit 5% ce qui représente tout de même une augmentation en dollars 3,33 fois plus importante que celle de ses employés!

Il faut éviter les conneries et récupérer l’eau qui fuit dans nos aqueducs avant de dépenser des millions en compteur…

Et surtout, faire comprendre aux uns et aux autres que tous les services profitent à tout le monde même ceux que l’on utilise pas directement comme le transport en commun qui diminue la pollution et la congestion automobile.

.jpm

Suggestion de lecture : Les exemptés du fisc de Pierre Fortin et Éloge de l’impôt de Jean-François Lisée. Référence : ISQ.

11:08 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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