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02/05/2008

Hausse du pouvoir d’achat : 53$… sur 25ans!

Petit retour sur cet article que je publiais le 21 avril dernier sur le pouvoir d’achat des générations qui ont suivi les baby-boomers avec la sortie aujourd’hui de l’analyse officielle de Statistique Canada sur le sujet.

Premier constat, le plus frappant : hausse réelle du pouvoir d’achat de canadiens depuis 1980 cinquante trois beaux dollars – soit à peu près deux dollars par année depuis 25 ans. Cela dit, il y a pire…

Si on s’attarde au salaire réel des travailleurs québécois, la classe moyenne en gros, le salaire moyen annuel est passé de 39 938$ en 1980 à 37 772$ en 2005 soit une baisse de 2 166$ en dollars constants. Mais les moyennes ne révèlent pas tout, évidemment…

En effet si la moyenne est de 53$ le quintile supérieure des revenus d’emplois (les 20% les plus riches) ont vu leurs gains croître de 16,4% depuis 1980 alors que les travailleurs du quintile inférieur (les 20% les plus pauvres) ont vu leurs gains diminuer de 20% sur la même période! Ainsi, même si le Canada est un des pays de tradition anglo-saxonne parmi les plus redistributif, entre autre à cause de son système d’impôts, il n’en demeure pas moins que l’écart entre les riches et les pauvres a cru considérablement.



Bémols. Si j’ai appris une chose au cours de la dernière session c’est tous ces indices que l’on nous sert qu’il soit de l’Institut Fraser ou de Statistique Canada sont bâti sur une multitude de prémisses que tout un chacun peu critiquer. Évidemment cela ne veut pas dire que Statistique Canada se trompe continuellement ou que tout ce qu’ils disent est faux. Les tests comme les analyses sont raffinées année après année et ils font tout en leur pouvoir pour être le plus précis possible. Et, d’ailleurs même si l’augmentation du pouvoir d’achat n’est pas d’exactement 53$, Stat Can, ne se trompe pas de trois ordres de grandeur. Ainsi, si la hausse n’est pas de 53$ elle est peut-être de 530$ mais certainement pas de 5 300$.

Bémols donc. Deux choses. Comme je l’expliquais dans mon texte sur l’achat des premières maisons (voir le lien plus haut), ces hausses de pouvoir sont calculées à partir de l’IPC (Indice des Prix à la Consommation) et cet indice est constitué d’un panier de 35 000 biens et services que l’on répertorie dans 6000 points de vente. Qu’y a-t-il exactement dans ce panier? Est-il vraiment représentatif des achats fait par tous les canadiens? Pas évident. Les habitants de Vancouver ne s’habillent certainement pas comme ceux de Québec et le litre de lait n’a certainement pas la même valeur en Ontario qu’au Nunavut…

Second bémol, la variation de la qualité – et ici qualité signifie pas le passage d’une télévision bas de gamme à une télévision haut de gamme mais bien un changement de technologie ou une substitution d’un produit par un autre. Ainsi il n’est simple d’évaluer la valeur relative d’une télévision des années 1980 avec une des années 2000. La question est simple, est-ce que le même 500$ peut acheter la même télé en 1980 et en 2000, mais la réponse n’est pas évidente.

Idem pour les maisons de M. Belzile et de sa fille. Est-ce qu’un bungalow tout brique de 1976 payé 33 000$ vaut la même chose ou est équivalent à une petite maison des années 2000?

Tiens, d’ailleurs, l’étude sur le logement de Stat Can devrait sortir la semaine prochaine. À suivre…

.jpm

À lire sur le sujet un excellent article de Guillaume B. Côté dans Le Devoir.

17:31 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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