Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/05/2008

Lettre à Mme. Elgrably

Punir la réussite

Madame Elgrably, pour une femme qui dénonce les absurdités dites par le candidat Obama, vous faites preuve de bien peu de retenue dans vos propres déclarations. Affirmer que tous les partisans de la gauche ont une conception du monde qui relève d’une jalousie viscérale de la réussite est une énormité sans nom sur laquelle vous devriez vous rétracter au plus tôt.

Cela dit, si votre vision très à droite de l’économie est défendable, celle de la gauche l’est tout autant. Les partisans d’une approche plus sociale de la vie économique ne prônent pas nécessairement la taxation des gains. Ce qu’ils prôneraient – si cela était possible – c’est la distribution de ces gains de façon plus équitable avant qu’ils n’atteignent les poches des investisseurs.

C’est que voyez-vous Mme. Elgrably, eux considère que les gens qui ont travaillés à bâtir une entreprise à développer ses produits, à les dessiner, les assembler, les mètrent en marcher, les vendre, les expédier méritent une part des profits qui ne soit pas démesurément plus petite que celle des actionnaires et autres investisseurs. C’est que voyez-vous, la gauche croit que la valeur du travail des hommes et des femmes est plus élevé que celle de la spéculation ou de la seule capacité d’investir.

Tout le monde comprend que les investisseurs prennent des risques, mais de là à empocher toutes les dividendes généré par la croissance des entreprises, il y a une limite.

Effectivement, ces gestionnaires on payé plus de 5 milliards en impôts et c’est probablement tout à fait suffisent… Cela dit ça ne change rien à ce que j’ai expliqué plus haut, d’autant plus que ces gestionnaires font souvent usage de paradis fiscaux afin de payer moins d’impôts. Or les calculs d’imposition faites par les divers gouvernements sont fait en supposant que tous payent dûment leurs impôts – ce qui est juste pour tous, jusqu’à ce qu’une part des payeurs d’impôts détourne des fonds et c’est rarement les petits travailleurs…

Et d’ailleurs tant qu’à y être, la gauche revendique également un peu d’humanité de la part des spéculateurs – chose que vous semblez ne pas comprendre. Vous semblez avoir, Mme. Elgrably, une confiance absolu dans le marché, mais vous oubliez que le « marché » est constitué d’Hommes qui prennent des décisions. Jusqu’où doit-on allez Mme. Elgrably dans ce laisser-aller du marché doit-on permettre la spéculation sur tout, même les produits nécessaires à la survie de l’humanité ?

Le fort vent de spéculation sur les céréales est-il morale ? L’économie à vous entendre n’a aucune raison d’avoir une morale, c’est la loi naturelle. Hé bien sachez, Mme Elgrably, que les gens de gauche sont surtout des gens qui croient le contraire, des gens qui croient que le marché n’est pas plus naturel que le papier et qu’il doit être régulé pour éviter les dérapages.

Salutations,

Jean-Philippe Martin

08:19 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.