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10/02/2009

Du devoir de parler anglais au droit de parler français

Je suis allé au Carnaval de Québec cette fin de semaine. Évidemment il y avait des tonnes de touristes dont beaucoup d'anglophones – probablement des ontariens.

Je faisais la file pour le rafts des neige quand j'ai été témoins d'une scène fort intéressante...

Un gars, un anglophone, qui avait perdu son sac était remonté jusqu'en haut pour voir si on l'avait pas trouvé dans un des rafts. Je ne sais pas trop ce qu'il a demandé à la fille qui s'occupait d'asseoir les gens dans les rafts, mais celle-ci, alors qu'elle était en train de s'informer pour le fameux sac, s'est sentie obliger de lui répondre poliment « Yes i do speak english » d'un anglais parfait, mais sur un ton qui voulait plutôt dire « Oui je t'ai compris, oui, je parle anglais, mais là je suis en train de m'informer alors je le fais dans la langue de mon choix! ».

D'accord j'extrapole peut-être un peu, mais ça avait vraiment l'air de ça. Cette histoire m'en a d'ailleurs rappelé une autre.

J'ai une amie qui travaillait au grand bureau d'information touristique à côté des ponts à Québec qui a été un peu moins polie avec un anglophone, mais ô combien plus intelligente.

Un monsieur s'était présenté à son kiosque et lui avait demandé – comme beaucoup le font – si elle parlait anglais. Celle-ci lui ayant bien sûr répondu oui, le monsieur enchaîna avec une « Well, good for you » bien senti et celle-ci de lui répondre « No, sir, good for you! »

Absolument délectable. « Désolé mon cher monsieur, mais c'est moi qui parle deux langues et c'est vous qui êtes chanceux que je sois en mesure de vous comprendre! »

...

Vous savez, j'ai souvent eu cette impression que pour bien des anglophones c'était à nous à apprendre leur langue. Pour eux, nous sommes la minorité et s'est à nous de nous adapter à eux. Et d'une certaine façon, ils ont bien raison. L'anglais est parlé par 98% de la population nord-américaine (sans parler du reste du monde et du domaine des affaires internationales) et si nous voulons entrer en communication avec eux, si nous voulons faire des affaires avec eux, être à même de les comprendre, nous nous devons d'apprendre l'anglais.

D'un autre côté, nous avons tout à fait le droit de parler français – surtout chez nous! - alors je ne vois pas pourquoi on se priverait, je ne vois pas pourquoi on devrait toujours faire des courbettes pour les autres. Ce n'est pas parce que nous sommes en situation minoritaire que et que nous sommes entouré par une mer d'anglophone que l'anglais est nécessairement meilleur ou supérieur au français comme certains semblent le croire...

Alors oui, nous avons d'une certaine façon le devoir d'apprendre l'anglais, mais nous avons tout autant le droit de parler français et même le devoir de le faire rayonner et de faire savoir aux anglophones que le français n'est pas une langue de second rang, mais bien une langue de premier plan qu'il gagneraient à connaître.

.jpm

08:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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