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01/04/2009

Court-circuit dans le modèle classique

Un des problème à la base des problèmes économiques que nous connaissons aujourd'hui et, incidemment, la crisa actuelle est le fait que nous utilisions des modèles économique passé date.

Voici donc, une fois de plus, quelques données intéressante tirées de mon cours sur l'histoire de la pensée économique.

La théorie classique de l'échange entre nation explique qu'il est avantageux pour tous de se spécialisé – en fait c'est une simple prolongation de la théorie de la spécialisation mise de l'avant par Adam Smith. Dans le cadre d'échanges internationaux ça s'appelle un avantage comparatif.  L'idée c'est que chaque nation possède un talent naturel que ce soit des ressources en fer, des gens très inventifs ou de la main d'oeuvre a bas prix et qu'il est plus rentable de l'exploiter à fond et de faire des échanges avec les autres que de tout faire sois-même.

Le modèle classique utilise toujours deux pays et deux biens. La France et l'Angleterre, le vin et le tissu. L'un produit plus de vin qu'il n'en consomme, l'autre plus de tissu. Ils font un échange et tout le monde est gagnant. Les deux pays se sont spécialisés, ils sont devenu plus efficaces et ont pu ainsi produire à moindre coût. La somme de bien ainsi produit dépasse celle que pourrait produire chaque pays individuellement et donc tout le monde est plus riche.

Maintenant, si ce modèle est fondamentalement vrai, son application laisse, aujourd'hui, à désirer. En effet, pour deux pays voisin comme la France et l'Angleterre dans le contexte des échanges économiques qui avaient cours au 18e et 19e siècle l'échange basé sur l'avantages comparatif et le gain pour tous qui en découle étaient réels. Chacun faisait les choses de son côté, on faisait des échanges commerciaux et personne n'allaient trop jouer dans les plates-bandes de l'autre.

Aujourd'hui la donne a bien changé. Les avantages comparatif existent toujours, mais on court-circuite complètement le processus « naturel ». Ainsi, dans tout les pays où l'avantage est principalement de la main d'oeuvre à bas prix, les pays riches (dont l'avantage comparatif est d'avoir beaucoup de capital) investissent directement à l'étranger et donc récoltent la part du lion des profits faits dans ces pays. Bien sûr le pays pauvre s'enrichit un brin, mais on est bien loin de l'échange décrit plus haut.

Il en va de même pour les pays riches en matière première. Aujourd'hui l'occident et la Chine font d'énormes investissements en Afrique. On met des sommes faramineuses dans les mines, mais on investi en équipement, pas en formation. De toutes façon l'extraction de minerai est aujourd'hui totalement automatisé alors il n'y a que très peu de travail pour les africains. Les pays riches sortent les matières premières, les envoient dans d'autres pays se faire transformer (dans leur usines) avant de le faire revenir sous forme de pièce à assembler chez-eux (et même l'assemblage tend aujourd'hui à être délocalisé).

Ainsi aujourd'hui, l'échange n'a plus vraiment lieu même si le commerce mondial ne cesse de croître. Les pays riches, avec les investissements direct à l'étranger et les grandes multinationales tentaculaires court-circuite totalement le système d'échange classique... L'échange reste bénéfique pour tous, mais la distribution de ses bénéfices est beaucoup moins bien répartie.

.jpm

08:37 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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