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07/10/2009

Les oublis de Claude Piché

Vous connaissez certainement Claude Piché, chroniqueur économique de La Presse. Toujours relativement à droite, il présente de brillants calculs pour nous prouver à quel point le Québec est pauvre et à quel point le reste du Canada s'en tire mieux. Bien sûr il n'a pas tord sur toute la ligne. Notre dette est effectivement plus grande en terme de pourcentage du PIB que celle des autres provinces. Notre poids économique au sein du Canada est effectivement en déclin, mais déjà sur ce point, s'il parel de diminution du poids démographique, au niveau économique il ne parle que de productivité alors qu'il faudrait aussi parler du déplacement des sièges sociaux vers Toronto. Certains souverainistes vous diraient aussi que depuis le référendum de 1995, le Canada ne se gène plus trop pour favoriser l'Ontario et le ROC de façon générale et ils n'auraient pas tord non-plus.

Dans son dernier texte, M. Piché, toujours très prompte à citer l'Institut Fraser – un autre organisme à saveur socio-économique très à droite dans ses réflexions – tente de nous montrer à quel point le Québec est surtaxé et surimposé. Ayant déjà pris des raccourcis dans un premier texte sur l'appauvrissement les lecteurs lui ont reproché d'oublier le niveau de taxation et d'imposition du Québec. Gageons qu'il y avait d'autres critiques, mais celles sur les impôt et les taxes lui permettant d'enfoncer encore plus loin le clou, M. Piché a donc saisi la balle au bond et entrepris de continuer son oeuvre.

Mais il y a quelque chose qui cloche. M. Piché a encore oublié d'inclure certains chiffres qui change radicalement le portrait. Dans sa comparaison avec les ontariens, il a oublier entre autres que nous avons la SAAQ et eux pas et donc qu'ils payent des sommes énormes pour ce type d'assurance, il a également oublié que les droit de scolarité sont plus élevé là-bas et il a oublier que, de façon générale le coût de la vie en Ontario est beaucoup plus haut qu'au Québec.

Ainsi, M. Piché termine son article en nous disant que pour un ménage qui gagne 30 000$ et 40 000$ par année, le ménage ontariens paiera 10 300$ d'impôts alors que le ménage québécois paiera 13 800$ d'impôts. Ce qu'il oublie de dire c'est que l'indice des prix à la consommation au Québec était en octobre 2007 de 95 et qu'à pareil date en Ontario il s'élevait à 107 soit 13% de plus.

Voyons ce que ça donne. L'impôt fédéral étant le même pour les deux ménages, avec 70 000$ au départ les deux se retrouvent à 59 500$. De cette somme on soustrait les impôts provinciaux. Au Québec : 59 500 – 13 800 = 45 700$. En Ontario : 59 500 – 10 300 = 49 200$. Conclusion de M. Piché les ontariens sont plus riches de 3 500$. Mais attendez, le coût de la vie est plus élevé de 13% en à Toronto qu'à Montréal (Stat-Can ne publie que pour les villes) donc les 45 700$ québécois permettent d'acheter 13% plus et équivalent donc à 51 600$ soit 2 400$ de plus que les ontariens! Ha oui, il reste les taxes que l'on paie, mais ce ne sera jamais plus que la TVQ de plus, soit 7.5% de 2 400$ ou 180$.

Évidemment, il y a peut-être d'autres subtilités, je ne suis pas à l'abri de ce que je reproche à M. Piché, mais je ne suis pas journaliste économique à La Presse depuis 20 ans non-plus! Et, disons que d'oublier le coût de la vie – si c'est un oublie, ce n'est vraiment pas fort. Honnêtement j'aimerais bien voir un réel comparatif entre le Québec les autres provinces qui inclurait tout, tout, tout, mais malheureusement ça ne semble pas être disponible. Il faut croire que tout ces gens qui font des calculs le font de façon intéressé et donc omettent volontairement certaines données.

.jpm

09:07 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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