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09/10/2009

Difficiles débats

Séphane Baillargeon a signé un article fort intéressant samedi dernier dans Le Devoir. Bien que ce soit une photo de Michael Moore qui illustre l'article, ce n'est pas de lui dont il est question, ni même de son dernier film. M. Baillargeon est allé beaucoup plus loin se demandant en fait, si ces coups de gueules étaient devenu, aujourd'hui, la seule forme de critique sociale.

Voici quelques extraits et commentaires sur l'article.

«On voit très peu de critiques radicales de la société, et celles qu'on voit sont habituellement caricaturales, note Anne-Marie Gingras, professeure au département de science politique de l'Université Laval, spécialiste de la communication politique. On a surtout droit aux critiques en forme de coup de gueule, de coup de poing, celles de Léo-Paul Lauzon, de Michel Chartrand, de Pierre Farlardeau ou de Michael Moore. Leurs interventions étaient ou demeurent généralement faciles, prévisibles, simplifiées et humoristiques.»

Je ne crois pas que j'aurais mis le prof Lauzon dans ce bain là, mais sur la forme elle a raison. L'instantanéité des médias, le peu d'attention que nous sommes près à consacrer à un sujet, le format des nouvelles, notre société de spectacle, tout nous porte à ne donner de la place qu'au coups de gueules et plus ils sont forts, plus ils sont extrême plus on en parle. Alors on a droit à une bataille bien rangé où l'on se promène d'un extrême à l'autre à coups de canons alors que le débat devrait plutôt se situer au milieu, autour d'une table, tel un tire au poignet.

«Le discours reprend l'indignation que les gens ont contre les élites, poursuit-elle. Elle canalise les frustrations. C'est très bien, c'est rigolo et touchant, mais la critique profonde du système demeure relativement rare.»

Effectivement, tout ça est un bon exutoire, mais au bout du compte ça fini par nous empêcher d'être en mesure de comprendre et d'apprécier une critique plus profonde et plus subtile.

«Le capitalisme apparaît alors comme une fatalité puisqu'on ne peut penser le monde autrement, poursuit le professeur, qui vient de diriger le dernier numéro de la revue québécoise Argument sur ce thème. Je crois même que la crise actuelle demeure irréelle. Elle semble virtuelle, abstraite. [...] »

C'est vrai, le capitalisme et la démocratie ont fini par s'imposer comme étant les modèles de choix – et c'est une bonne chose. Mais comme il y a plusieurs modèles de démocratie, il y a plusieurs modèles de capitalisme et le débat pour qu'il soit intéressant et constructif ne doit pas se faire à coups de gueules d'une extrême à l'autre. Ni l'extrême droite, ni l'extrême gauche n'ont raison.

D'ailleurs tout le problème est là et c'est ce qui rend les discussions si difficiles, ce sont des problèmes complexes, bourrés de subtilités et donc qui nécessite non seulement que l'on s'assoit calmement pour en parler mais également que tous les intervenants partagent des données et un langage commun. Évidemment tout cela n'est pas simple, loin de là, mais de là à croire que seuls la caricature et les solutions à l'emporte-pièce peuvent être comprise il y a toute une marge...

.jpm

10:26 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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