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29/10/2009

Rattrapage !?

Crise ou déficit, rien n'arrêtera le front commun des syndicats de la fonction publique dans leurs demandes de rattrapage salarial, c'est du moins ce que titrait Le Devoir dans un article sur le sujet publier ce mercredi.

Voulez-vous bien me dire, (inséré ici le sacre bien senti de votre choix) sur quelle planète ils vivent les syndiqués de la fonction publique !?

Premièrement je ne vois pas de quel rattrapage il est question. Si je me fie aux données de l'Institut de la Statistique du Québec (ISQ), je découvre qu'au public les deux quintiles du bas de l'échelle salariale (c'est à dire ceux qui gagnent entre 9 et 15.61$ de l'heure) représente 13,4% des effectifs alors qu'au privé on c'est 48,5% des travailleurs qui se retrouvent dans deux quintiles. Si on regarde à l'autre bout de l'échelle (ceux qui gagnent plus de 20$ de l'heure) c'est 66,8% des travailleurs de la sphère public qui s'y retrouve alors qu'au privé ce n'est que 33,2% des travailleurs qui se retrouvent dans ces tranches*.

Donc, simplement côté salaire brut, la fonction publique gagne sur toute la ligne et on a pas encore parlé des avantages sociaux et on sait très bien qu'ils sont généralement bien supérieur au public.

D'ailleurs dans ce très intéressant tableau on retrouve également des statistiques sur les syndiqués et les non-syndiqués, sur les niveaux d'études ou encore sur le status de l'emploi. Bien sûr la fonction publique est fortement syndiqué alors que le privé l'est peu et comme on s'en doute les données vont dans le même sens que pour le couple privé / public.

On pourrait alléguer que c'est au privé à se syndiquer d'avantage, mais dans ce cas là pourquoi les grandes centrales syndicales du public parlent-elles de rattrapage !?

Tiens, par exemple, j'ai un collègue au bureau, un ingénieur qui vient d'obtenir sa maîtrise. Il travail avec moi au privé en haute technologie, un domaine réputé pour être payant. Sa blonde à lui est au public, une technicienne de laboratoire dans un cégep et bien elle gagne un tout petit 2$ de moins de l'heure que lui !

Autre exemple, ma soeur. Elle vient de commencer à enseigner au secondaire, elle n'a pas de poste permanent et gagne à peu près 40 000$ par an et elle trouve qu'elle est mal payé. Elle enseigne quelque 40 semaines par année à disons 40 heures semaine... Ça fait quand même 25$ de l'heure, elle se retrouve déjà dans le 4ième quintile – au moins 67% des gens travaillant au privé gagnent moins qu'elle!

Mais le pire dans tout ça, c'est que les syndiqués de la fonction publique ne semblent comprendre que s'ils ne font pas les frais de la crise économique, c'est nous du privé qui allons payer en double. Une fois pour nous car du côté du privé les hausses ne seront pas au rendez-vous c'est certain et une seconde fois pour eux car c'est nous qui allons devoir, au bout du compte, payer les hausses de salaire de la fonction publique.

...

Bien sûr je ne nie pas que certains fonctionnaires peuvent être mal payé par rapport à certains travailleurs du milieux privé ou par rapport à d'autres fonctionnaires. Le problème, à mon sens, en est principalement un de répartition tant au privé qu'au public. Reste que réclamer une hausse globale de 11% pour la fonction public, prétextant un rattrapage sur le privé est totalement frauduleux et d'ailleurs, ils le savent, le porte parole de SISP l'a dit : «On a une bataille de l'opinion publique à mener et on va la mener» ... ne nous laissons pas berner!

* Prenez le temps d'aller voir et comprendre ce tableau de l'ISQ, ça vaut vraiment la peine.

.jpm

09:02 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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