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20/01/2010

Un vrai débat ?

Une vraie lettre cette fois ;-) envoyé à M. Doucet - chroniqueur qui s'occupe de la question économique au Journal de Montréal.

Bonjour M. Doucet,

Vous le savez autant que moi, nous avons collectivement beaucoup tapé sur la gauche depuis quelques années. Cela s’est fait par la condamnation de certaines de leurs idées farfelues, par la remise en question du modèle québécois et par l’association pur et simple de toute la gauche à une certaine gauche conservatrice et très syndicalisée communément appelé la gaugauche.

L’opération semble s’être bien déroulé puisque hormis quelques syndicalistes et Québec Solidaire personne à gauche – si l’on se fie aux articles et aux commentaires que vous avez publié, ne propose de solutions à la crise. Peut-être est-ce, répliqueront certains, que c’est parce que la gauche ne croit pas en la crise de la dette ou en celle de notre capacité de payer pour nos services… Mais ce n’est pas le cas de toute la gauche, je vous assure.

Si je trouve pour ma part que la crise de la dette est peut-être un brin exagéré (d’autant plus que sa récente enflure est dû aux dérapages du libre marché) je comprends très bien la situation démographique vers laquelle nous nous dirigeons et les problèmes financier qu’elle peut entraîner.

Ainsi, je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’il faille procéder au plus tôt à des réajustements. Et, si je suis d’accord avec certaines hausses de frais tel que des frais de scolarité indexé au coût de la vie ou l’ajout d’un troisième palier de frais pour les gros consommateurs chez Hydro-Québec (plutôt qu’une hausse mur à mur), je crois également qu’il est possible d’allez chercher des sous en redevances sur l’utilisation des ressources naturelles (lire les mines) ou avec l’ajout d’un palier d’imposition.

Le problème c’est que ces idées un peu plus à gauche ne se rendent pas sur la place publique. On dirait que pour tous les intervenants toutes les solutions passent par une hausse des tarifs, des taxes et des impôts pour les particuliers. Même les économistes semblent incapables de sortir de ces ornières tarifaires – quoi que ce ne soit pas très surprenant le bacc en économie est un véritable lavage de cerveau, je le sais j’y suis depuis un an.

Donc, à il bien y regarder, il semble qu’il y ait bien peu de chance pour qu’un vrai débat ait lieu. Il y a bien ce regroupement de 37 organismes constitué de groupes communautaires, syndicaux et étudiants qui réclame un débat. Mais entre vous et moi il y a bien peu de chance qu’on les écoute. Ce ne sont pas des experts en la matière et on les a tellement associé à la gaugauche conservatrice qui refuse tout changement qu’ils sont discrédité d’avance.

Dommage ce vrai débat aurait vraisemblablement pu déboucher sur une vrai collaboration et un consensus honnête et équilibré entre la gauche et la droite. J’imagine que pour certain, il s’agit en faite de remettre une balance qui penche déjà à gauche en équilibre alors que pour d’autre c’est l’inverse… Peut-être qu’il est là, le vrai débat.

Jean-Philippe Martin
Québec

P.S.

Je viens de terminer votre petit sondage, j’ai eu 90%, mais je me dois de vous souligner qu’il contient deux erreurs majeures, qui son à votre décharge malheureusement trop répandues.

Premièrement, s’il est vrai que 40% du budget va en santé on oublie généralement d’écrire au long le nom de ce poste de dépense qui est santé et services sociaux. Ce qui veut dire en court que les 40% dépensé ne vont pas seulement dans les hôpitaux, ils servent également, entre autres, à payer les gens qui bénéficient d’aide sociale. Donc oui il est élevé mais c’est mal informer le gens que de leur laisser entendre que tout cet argent sert uniquement au seul système de santé.

Deuxièmement, la question sur le pourcentage de gens qui ne payent pas d’impôt est tout aussi trompeuse. Certes la définition est juste « pourcentage de gens en haut de 15 ans ne payant pas d’impôts soit parce qu’ils sont trop pauvre, soit parce qu’ils ne travaillent pas ». Le problème c’est que ce pourcentage inclus les retraités qui sont de plus en plus nombreux (c’est l’essence de cette crise que l’on anticipe) ce n’est pas dit explicitement (donc tout le monde crois qu’il y a 37% de fainéants aux Québec) et que ce chiffre inclus également les gens qui travaillent à temps partiel faute de mieux… Encore ici les informations manquantes fausse le débat. C’est bien beau donner des chiffres mais encore faut-il savoir de quoi il s’agit.

Dernier point sur ce sondage : Vous affirmez dans votre article que même si à peine 12% des répondants ont obtenu la note de passage, « cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le portrait d’ensemble ». Et vous en rajoutez en soulignant que 54% pensent que les finances publique sont dans un État précaire et que 20% croient que nous courrons à la catastrophe!

Comment pouvez-vous supporter un thèse pareil, vous venez de prouver que les gens n’ont pas les chiffres qu’ils connaissent mal la situation financière du Québec, mais vous affirmer du même que parce qu’ils sont inquiet ils ont une vue d’ensemble! Les gens n’y voient pas claire mais comprennent la situation? Comment est-ce possible dites-le moi!

En fait, c’est bien simple, je connais la réponse tout autant que vous… Ce sont les média qui a force de crier au loup ont fait entrer cette « vue d’ensemble » dans la tête des gens. Qu’elle soit bonne ou non, ça n’a pas d’importance, mais vous ne pouvez pas affirmer que les gens ont une bonne vue d’ensemble quand ils ne connaissent pas les chiffres et comprennent à peine ce qui se passe – le consensus dont vous parlez, « 74% des québécois sont inquiets » est un consensus totalement construit par les médias.

Cela dit, vous faites un travail tout à fait nécessaire et louable malgré ses quelques ratées. J’espère seulement que les gens vont prendre le temps d’aller au-delà des grands titres et de tenter de comprendre ce qu’il y a derrière tous ces chiffres.

Salutations,

.jpm

P.P.S. : Pour ceux qui n'en peuvent plus de l'économie, sachez qu'il ne me reste plus qu'un texte soit celui sur les 10 solutions du JdeM que je me propose de faire demain. Ensuite, j'ai un peu de sociologie en stock et un truc sur les modifications physiques que subissent notre cerveau.

22:04 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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