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01/07/2010

Aux fondements de la réforme

J’ai critiqué la réforme à plusieurs reprises sur ce blog. À chaque fois c’était de façon impulsive et sur un sujet particulier comme les cours d’Histoire en gruyère que nous propose désormais le ministère de l’éducation. Cette fois-ci, je ne prétends pas nécessairement faire un essai sur le sujet, mais je vais m’attaquer de façon plus précise à la base de cette réforme.

Parenthèse : Si je vous parles aujourd’hui de la réforme c’est que j’ai écouté en boucle ces derniers jours une des critiques de Georges Leroux à l’émission Vous êtes ici qui porte sur la réforme, une critique dont je vous recommande fortement l’écoute puisque de un elle est à la base de mon texte et que de deux elle va à l’encontre de ma propre lecture de cette réforme.



Il y a deux principes de base à cette réforme de l’éducation. Le premier c’est cette volonté de laisser l’enfant libre de « construire » son cheminement éducatif, le second c’est l’idée qu’il faut bâtir sur les acquis personnel de l’enfant.

Georges Leroux nous dit que selon lui près de 60% des élèves ne sont pas à l’aise avec le système classique et rigide où il faut apprendre par cœur des pans de l’Histoire, connaître la grammaire sur le bout de ses doigts et apprendre les mathématiques sans vraiment savoir à quoi ça va nous servir. Si on se fie aux taux de décrochage le pourcentage d’élèves « incapable » de fonctionner dans le système classique tourne plus autour du 15%. Mais bon, une bonne part des élèves peuvent être mal alaise avec le système mais quand même s’y être adapté.

La où je décroche complètement, c’est lorsque M. Leroux suppose que des élèves qui ont de la difficulté à se plier à la discipline de classe rigide que suppose l’approche classique qui nécessite une écoute soutenue de matières enseignées de façon magistrales soit par contre capable de maintenir la discipline nécessaire à l’exploration des diverses matières académiques à travers un ou des projets personnels – une discipline qui à mon sens est beaucoup plus difficile.

Par ailleurs, même avec des projets super intéressant, peu d’élèves par classe, des profs hors pairs à la fois mentor, érudits et motivants, je vois encore bien mal comment chaque projet individuel pourrait amener chaque élève à apprendre précisément ce qu’il y a au programme au primaire. Non mais, le primaire c’est principalement fait pour apprendre à lire, à écrire et à compter. Ça va prendre des prof totalement géniaux pour être capable de passer l’apprentissage des fractions – pas simplement comme principe mais comme matière acquise, ce qui veut dire que l’élève est capable de les reconnaître et de les utiliser couramment – à travers un projet vidéoclip!

Mon garçon vient de terminer sa quatrième année et il commence à peine à me poser des questions qui me permettent de lui donner des explications sur des principes de base qu’il saura comprendre. C’est déjà fantastique vous me direz! Certainement, mais ces questions ne l’intéresse pour l’instant que pendant cinq minute et encore, c’est souvent en voiture qu’il me les pose quand il n’a rien d’autre à faire.

Tiens, l’autre jour il voulait savoir à quelle vitesse en km/h courrait les hommes les plus rapide au monde. Il a une bonne mémoire et il est bon en math, alors je lui ai demandé s’il se souvenait du record au 100m de Usain Bolt… Il se souvenait que c’était 9 secondes et quelques. Pour faire 100m lui ais-je dit. Puis il a essayé de compté ça dans sa tête. Pas facile. Mais quand nous sommes revenu à la maison je lui ai proposer de le faire sur papier alors qu’il tournait en rond autour de la table en attendant le souper… Hé bien ça ne lui disait plus rien.

Ce qui m’amène au deuxième principe de la réforme : bâtir sur les acquis. Mon gars est très certainement capable de faire ce problème simple. Il a les acquis nécessaires. Mais contrairement à ce que le programme laisse entendre (à moins que ce soit moi qui fasse le dur d’oreille) les enfants de cette âge ne peuvent bâtir sur leur acquis à moins qu’on leur tienne la main.

« Bon, alors 9.58s pour 100m. Il y a combien de mètres dans 1km? … Il y a combien de secondes dans une heure? » Et ainsi de suite. Ils ont les capacités, ils ont les compétences, mais il faut placer les pièces du puzzle pour eux dans bien des cas. Et c’est exactement ce que font les profs à tous les jours dans les classes! Oui, il y a certainement le moyen de le faire avec la réforme, mais bâtir sur les acquis individuels de chacun… Hum, ça ne prend plus que des profs, ça prend des surhumains!

Mais les enfants d’aujourd’hui ont une nouvelle approche du monde une nouvelle façon de le voir, une nouvelle façon d’interagir avec et il faut s’y adapté nous dit plus loin Georges Leroux.

En effet, ils ont une nouvelle vision du monde, une vision tout aussi nouvelle que j’avais à l’époque ou que mon père avait à la sienne. Et puis quoi comme pour chaque génération les jeunes surf sur la culture populaire utilise les nouveaux outils qui leur sont disponible. Mais ce nouveaux média, tant lors de l’avènement de la télévision qu’aujourd’hui avec internet, ne peuvent remplacer le savoir réel, la réflexion.

Bien entendu, avec les hyperliens il est possible d’accédé à des contenus cent fois plus vaste qu’avec les fiches des bibliothèques de mon école secondaire, mais tant pour ces fiches que pour internet, il ne s’agit que de résumé, que de surface. Il n’y a pas de profondeur sur internet. Il n’y a pas de connaissance réelle ou d’acquis profond quand on ne fait que survoler un concept ou une méthode sans l’appliquer ou la pratiquer sur un long lapse de temps.

Évidemment, il n’est point besoin de lire Palton de fond en comble pour comprendre son importance et ses idées, mais le résumé qu’offre Wikipédia est loin d’être l’équivalent d’un cours de philosophie de 45 heures. Et il en va de même pour les deux équation à deux inconnus. Vous ne souvenez peut-être plus exactement comment les résoudre, mais en cherchant un peu ça vous reviendrai et ceci n’est vrai que si vous avez compris le principe et que vous en avez fait plusieurs séries en secondaire 4, puis en secondaire 5 et possiblement au cégep.



Le débat est évidemment loin d’être fini. J’y reviendrai probablement car je compte bien réécouter cette critique de George Leroux encore quelques fois. Mais comme il le souligne très bien au début du segment, la réforme telle qu’elle a été pensé nécessitait un changement radical dans les classes – beaucoup moins d’élèves, beaucoup plus de moyen (la classe comme un laboratoire, les profs accompagnateurs), des changements qui n’ont pas été apporter et donc une réforme qui n’a que les programme et pas les moyens. D’où le foutoir que l’on connaît.

Bref, la réforme c’est une belle idée (dont je suis loin d’être convaincu du bien fait même théorique), une idée qu’on aurait gagné à diluer et à adapter à la réalité des classes et de nos moyens. Une idée qui aurait clairement pu rejoindre ce que j’ai vécu au cégep : Une semaine de cours étendue avec le mercredi après-midi de libre pour monter un projet, encadré, sur un sujet, encore là encadré, de mon choix. Et même là on parle d’un investissement majeur – un investissement en temps prof et en équipement qui ne serait probablement lui non-plus jamais venu.

.jpm

11:12 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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