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30/07/2010

Destruction créative

L’expression est de l’économiste classique Joseph Schumpeter et elle décrie en deux mots sa vision de l’économie, une économie où les entreprises naissent, innovent, grandissent, fleurissent et meurt pour être remplacée par d’autres entreprises plus innovantes quand elles ne réussissent pas à se renouveler.

Cet ordre des choses fait partie des grandes lois de l’économie pour à peu près tout le monde aujourd’hui.

La récente crise économique nous a cependant montré que l’ordre économique naturel n’est pas toujours respecté. En effet, les grands de l’auto ont été sauvés d’une faillite certaine par les gouvernements de part et d’autre de la rivière Détroit…

C’est de ce sauvetage et de la réaction face aux fermetures et aux mises à pied annoncés hier par GM et Ford dont il est question dans le très bon article du National Post à l’origine de ce billet.

Critique l’auteur souligne les grands efforts qui ont été fait pour sauver des emplois qui n’auraient peut-être pas du l’être – des emplois qui sont visiblement en train de disparaître de toutes façon. Et il va plus loin encore en parlant de la réaction des CAW (le syndicat canadien uni des travailleurs de l’automobile) – une réaction qui démontre bien la culture et l’idée de l’entreprise qui y règne. Pour le syndicat (et notez que le gouvernement comme les grandes entreprises ont toutes les chances d’embarquer dans le jeu) cette vielle usine, maintenant déserté, est tout indiqué pour le développement et la mise en place d’entreprises spécialisé en énergie solaire, un domaine qu’ils qualifie d’hautement subventionné.

Car voyez-vous pour ces gens des grands conglomérats et des grands syndicats, la grande entreprise ne peut vivre sans les généreuses subventions gouvernementales.

Sur ce point fort intéressant et à mon sens bien réel, l’auteur fait un petit détour par l’histoire et s’égare en soulignant que les fabricants de lampes à l’huile n’ont jamais été subventionnés quand l’ampoule électrique est apparue. S’il est vrai qu’ils n’ont pas goûté aux joies des transferts gouvernementaux, il n’est est faux d’affirmer (même de façon sous-entendu) que les deux situations sont comparables. Les travailleurs de l’époque pouvaient aisément se replacer dans une usine d’ampoule électrique ou autre, les emplois de l’époque étant largement moins spécialisé et autre grand avantage, tout était fait localement – car, il ne faut pas se leurrer, les emplois qui disparaissent à Windsor ces jours-ci seront remplacé par d’autre emplois, mais ils ne seront probablement pas à Windsor, ni même au Canada.

L’auteur souligne ensuite que les décisions prises pour sauver des emplois sont souvent plus politiques qu’autre chose. C’est en partie vrai. Même si les retombées d’une usine sont économiquement importante, il importe également aux gouvernements de ne pas abandonner de large pans de la population à leur sort et souvent il calcul qu’il vaut mieux sauver les emplois et réinvestir dans l’entreprise que de payer du chômage même si cela s’avère plus coûteux au départ.

Cela dit, comme le souligne également l’auteur et je suis tout à fait d’accord avec lui, l’argent réinvesti dans la sauvegarde serait bien mieux investi en formation des travailleurs. En d’autres mots, les fermetures d’usines ce n’est pas si grave si on est capable de re-former les travailleurs pour qu’ils puissent se réorienter.

J’irai même plus loin et affirmerai, comme je l’ai fait à plusieurs reprises, que le gouvernement pourrait être beaucoup plus efficient s’il mettait en place des systèmes de formation et de re-formation orientés selon des grandes lignes directrices (l’énergie solaire par exemple) et permettant de vider tranquillement un secteur industriel au profit d’un autre. Cela permettrait de faire des transitions en douceur et d’éviter de se retrouver avec des pans de l’économie qui s’effondre ou l’obligation de sauvegarder des entreprises dont l’avenir est loin d’être assuré.

.jpm

11:41 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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