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02/08/2010

Réaliste l’anarchisme ?

La valorisation des libertés individuelles ces dernières années a donné un nouveau souffle aux philosophies anarchiques. Le mouvement économique libertarien en est un exemple patent. Du côté politique c’est moins évidant, mais la droite prône de plus en plus l’amincissement de l’État et la primauté des liberté individuelles ce qui laisse croire que l’on pourrait se diriger quelque part par là.

De mon côté je croise régulièrement des penseurs anarchistes modernes. J’ai lu Noam Chomsky et Normand Baillargeon. Ils défendent tous les deux l’approche politique anarchique, pas nécessairement celle des jeunes punks avec la « A » tatoué dans le dos, mais un anarchisme éclairé, un anarchisme bâtis par une société connaissante et participante.

L’article sur wikipédia parle de société anarchique millénaire. Les Inuits en sont un exemple, les Pygmées également…

Bien que séduisante, cette idée de bâtir « une société sans domination, où les individus coopèrent librement dans une dynamique d'autogestion » ne tiens, à mon sens, pas la route.

Premièrement, les sociétés anarchiques qui ont fonctionnées par le passé étaient de très petites sociétés qui relèvent plus du clan, de la famille élargie, que d’une société moderne comptant plusieurs milliers d’individu.

Deuxièmement, et c’est là ou je ne diverge de M. Baillargeon dont j’apprécies par ailleurs grandement le travail d’éducation des masses et sa vision de cette éducation*, je ne crois pas que ça intéresse tout le monde de s’éduquer, de faire de la philosophie, de la politique. Je ne crois pas que tous les gens s’intéressent à ce type de connaissance. Je ne dis pas qu’ils en ont pas les capacités, tout le monde les a, je dis simplement qu’ils ne feront jamais l’effort parce que ça ne les intéresse pas. Les taux de participation aux élections le démontrent bien. Il y a une frange importante de la population (et je ne parle pas de ceux qui sont désabusé) qui n’est pas intéressé par la politique.

Alors comment croire qu’une société anarchique (sans pouvoir central et à la limite sans « pouvoir » tout court) puisse émerger quand on sait pertinemment que certaines personnes ne sont pas intéressées à s’occuper de la gestion de la vie en commun. Parce que c’est ce que l’anarchisme sous-entend. Il sous-entend que tous y participe! Ne voilà-t-il pas d’ailleurs une première contrainte au modèle?



Bref, l’anarchisme sans devenir une composante importante de la politique prends quand même plus de place ces jours-ci, mais il demeure, à mon sens et malgré les intentions tout à fait louables et utile de ses promoteurs, une organisation sociale irréalisable.

.jpm

*Je vous renvois au Petit cours d’autodéfense intellectuel et à son introduction pour plus de détail – et j’en profite pour vous recommande à nouveau sa lecture. Vous trouvez ici une critique du livre faite un libertarien, un anarchiste de droite qui en critique un de gauche, très intéressant pour bien saisir les différente approches politique proposer par les deux groupes.

11:24 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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