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03/09/2010

Le panoptique participatif

Hier j’ai reçu par internet un petit vidéo montrant quelqu’un en train de faire un acte répréhensible dont la description serait inutile. Ladite vidéo était accompagné d’un commentaire enjoignant les gens à identifier et à retrouver la personne prise en flagrant délit de mauvaise conduite.

Cette demande de vengeance populaire m’a fait penser à cette idée du « participatory panopticon » dont certains sites tel que WorldChanging annonce la venue.

Le panoptique participatif, décrit comme un avènement inévitable dans nos sociétés, est présenté comme la surveillance de son plein gré de tous par tous et ce grâce à toutes ces caméras et autres moyens technologiques d’enregistrer les agissements d’autrui. Beaucoup semble y voir de grands avantages. Savoir qu’à tous moments la société peut vous épier et vous coincer par la force du réseautage peut être un excellent élément dissuasif. C’est d’ailleurs le rôle de la police et des caméras déjà installé dans les lieux publics. Mais dans le panoptique tout le monde observe tout le monde – nous sommes la caméra et internet est le système de surveillance, de jugement et de condamnation…

D’un autre côté on peut aisément associer le panoptique à Big Brother, cette entité supposée bienveillante qui contrôle tout et qui peut très détruire quelqu’un par sa simple volonté. Si intéressante que soit l’idée, nous ne sommes jamais à l’abri d’une dérive schizophrénique  ou conspirationiste collective. Il n’est pas toujours évidant de connaître le contexte des actes de chacun et l’angle de vue d’une caméra ne sera toujours qu’un seul angle de vue.

Je n’ai pas pu la retrouvée, mais je me souviendrai toujours de cette vidéo où l’on voyait un policier blanc tirer sur un jeune noir après que ce dernier ai laissé tomber son arme. Tout le monde croyait avoir affaire à un crime odieux et raciste, mais une seconde caméra, donnant un autre angle montrait que le garçon avait un second fusil et que le policier derrière lui venait de voir le jeune homme l’attrapé pour faire feu.

Alors le panoptique (qui par ailleurs était à l’origine un modèle de prison) est-il un avènement pour le mieux ou une autre pente glissante sur laquelle la société s’engage lentement mais sûrement?

Comme dans toutes choses, il s’agit encore ici de ne pas tout prendre pour acquis et d’essayer de ne pas se laisser avoir par les conclusions des autres…

D’ailleurs, la petite vidéo que j’ai aperçu hier avait mystérieusement disparu ce matin quand j’ai tenté de la retrouver pour ce billet.

.jpm

11:25 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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