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14/09/2010

Réseau Liberté Québec

Bon, voilà, j’ai fait le tour de l’information disponible sur le RLQ. Je voulais me faire une idée du groupe et de leurs idées.

Leur site ne dit pas grand-chose pour l’instant. C’est normal diront-ils, ce n’est pas un parti politique, il n’ont pas de programme sinon celui, idéologique, d’un amincissement de l’État, d’une primauté de la liberté individuelle et du libre marché.

J’ai donc lu les quelques articles qui leur ont été consacrés et écouter Mme. Marcotte à Christiane Charrette. Il en est ressorti quelques trucs, un début de réponse quant à leur orientation réelle.

D’entrée de jeu Mme. Marcotte, comme tous les fondateurs j’imagine, spécifie qu’ils sont de la droite fiscale et non pas morale (ce qui semble cependant contredit par leur site web où ils affirment vouloir remettre en question le multiculturalisme trop naïf du Québec et défendre une affirmation vigoureuse de l’identité québécoise – une pente très glissante si vous voulez mon avis, mais je ne m’étendrai  pas sur le sujet). Notez qu’ils ont également invité un conférencier climato-sceptique à leur rassemblement du 23 octobre.

Mais revenons au cœur du projet, même si eux semblent s’en écarter, la droite fiscale.

Pour Mme. Marcotte, le RLQ est plus à droite que M. Harper puisque pour eux le gouvernement n’aurait jamais dû débloquer des fonds pour aider les entreprises lors de la crise économique de 2008. Disons simplement qu’ils ont la naïveté de ceux qui ne sont pas au pouvoir. On ne peut pas laisser des pans complets de l’économie d’un pays s’effondrer comme ça, surtout quand tous les autres joueurs investissent à coup de milliards dans leur économie. Ce serait possible s’il y avait d’excellents programmes de formation et de réinsertion pour les travailleurs, mais ça c’est complètement à gauche…

Autre point fort du programme : Amincissement de l’État et libre choix. C’est bien connu la droite même modéré en a contre les programmes mur à mur et l’Étatisation de ceux-ci. Un des exemples préférés de Mme. Marcotte, c’est le système de garderies à 7$. Selon Mme. Marcotte les garderies à 7$ au privé coûtent 37$ par jour à l’État alors que celles du publique, les CPE, en coûtent 45$. Je ne sais pas ou elle a pris ses chiffres (elle n’a pas cru bon de citer ses sources), mais si cela est vrai tout le monde y compris la gauche va réclamer plus de garderies privée.

Évidemment il y a aussi la capacité de choisir. Choisir de faire garder son enfant chez la voisine, chez la grand-mère ou encore de le garder soi-même et recevoir du même coup la même rétribution verser par l’État pour les enfants en CPE. Faudrait voir les chiffres, mais ce projet n’est à mon sens pas plus viable que celui d’un enfant, une place mis de l’avant par le PQ. On a tout simplement pas les moyens – étrange tout de même pour un groupe de droite.

Bien sûr le cas des garderies revient souvent parce que c’est un cas politiquement simple. Amincir l’État, ce n’est pas si simple que ça. Prenez le cas du viaduc de la Concorde qui s’est effondré il y a quelques années. C’est le privé qui a fait la job croche qui a causé l’effondrement, mais c’est le responsable de chantier qui ultimement est le gouvernement qui n’a pas surveillé suffisamment son chantier. Confiez la job au privé et on se retrouve en plein conflit d’intérêt… Et puis, après l’effondrement, il a fallut faire le tour de toutes les structures du Québec, croyez-vous vraiment que ça nous aurait coûté moins cher avec le privé? J’en doute.

Oui, il y a d’autres alternatives aux programmes mur à mur. Oui, il est possible d’amincir l’État, de le rendre moins coûteux et plus performant, mais le privé mur à mur n’est pas plus une solution non plus.

Parlant du privé, le dernier grand axe de la droite qui est défendu par le RLQ c’est la place consentie au libre marché. Pour eux, il faut que le marché soit plus libre et selon la droite, c’est le gouvernement qui limite le libre marché. Je ne vois pas les choses de cet œil.

Pour moi et pour une partie de la gauche (et je ne parle pas ici de la gogauche conservatrice que sont les grandes centrales syndicales assises sur leurs acquis) le marché est principalement réduit par la grande entreprise. Ah, bien sûr vous pouvez ouvrir un dépanneur ou bon vous semble, mais ne tentez pas de me faire croire que le marché de l’aluminium est un libre marché, ne me faite pas croire que le marché de la téléphonie cellulaire est concurrentiel au pays…

C’est un long débat, mais en court, j’ai l’impression que les gouvernements servent bien plus à garantir une certaine liberté de marché qu’à en entraver le développement. C’est certain que si on porte toute notre attention sur les CPE et le système scolaire publique on a l’impression que le gouvernement contrôle tout. Peut-être que les écoles coûtent cher, mais il semble que la construction des routes aussi et ça, ça relève du privé.

Tiens, une dernière. Mme. Marcotte a affirmé en entrevue qu’il était possible d’être à la fois à droite et pour l’intégration des coûts environnementaux. C’est possible en effet, mais il faut pour ce faire un gouvernement fort qui met en place des incitatifs qui obligeront les entreprises à intégrer ces coûts parce qu’elles ne le feront certainement pas d’elles mêmes… Je vois mal un État minimaliste et faible réussir à imposer de telles mesures parce que ben oui, c’est plate, mais ça prends des gens pour définir des normes, faire des études d’impacte et vérifier que le travail est bien fait.



Je conclurai rapidement en soulignant qu’il est tout de même intéressant de voir ce groupe surgir et qu’il sera intéressant de voir ce qu’il en sortira. J’affirme du même souffle que c’est bon pour la démocratie et la circulation des idées et que ce serait encore mieux s’il y avait un groupe de gauche pour répondre.

.jpm

11:49 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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