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18/10/2010

Liberté de conscience

Il y a quelques semaines, Richard Martineau a reçu à l’émission Les Franc Tireurs, l’avocat Julius Grey. L’échange entre les deux hommes, à voir bien sûr, a été vigoureux, mais très respectueux. M. Martineau cherchait à comprendre pourquoi M. Grey s’occupe de cause à la moralité douteuse. Pour ceux qui l’aurait oublié c’est lui qui avait défendu la famille Sikh contre l’État dans l’affaire du Kirpan – une cause que M. Grey avait gagné.

Au-delà de l’échange intéressant, ce qui m’a beaucoup plus c’est d’voir enfin une réelle explication de ce qu’est la liberté de conscience (tel qu’interprété par la loi) et pourquoi elle chapeaute en quelque sorte la liberté de religion.

Voici ce que j’ai retenu de l’explication : La liberté de conscience, c’est le droit de ne pas être contraint à faire quelque chose qui va à l’encontre de notre conscience. Pour prendre un exemple simple et bien connu, la liberté de conscience m’autorise à refuser une transfusion sanguine si ma conscience me dit que c’est mal d’accepter le sang d’un autre pour survivre.

La liberté de conscience, a aussi son côté « positif », elle permettrait en théorie à M. Grey de défendre Hitler contre la peine de mort puisque sa conscience lui dit que c’est mal de mettre à mort qui que ce soit.

J’étais content de cette explication et la trouvait tout à fait logique, même si malheureusement elle permet en théorie de sérieux dérapages religieux. Il faut tout de même dire que la liberté de conscience n’est pas au-dessus des autres lois, du moins en théorie… Il semble que ce soit aux tribunaux de trancher sur cette question. Le cas du kirpan (un couteau, une arme blanche) est patent.

Je dis j’étais, parce que je suis de moins en moins certain de l’être. Je ne sais pas trop comment encadrer tout cela, la législation officielle ce n’est vraiment pas mon truc, mais disons que le billet de M. Martineau de ce matin qui relate une histoire de religion :

« Une fois, un employé de nuit a allumé le four par lui-même. Il a fallu jeter tout le travail de la nuit, a dit le patron. Pour que le pain soit casher, il doit avoir été cuit par un juif… »


Et la compare à une histoire de racisme, tout en y faisant le rapprochement :

« Or, quelle est la différence entre jeter une fournée de pain aux poubelles parce que le four a été allumé par un non-juif, et les Rednecks du Mississippi qui vidaient complètement les piscines publiques dans les années 1960 parce qu’un sale Noir avait osé y tremper le pied? »


… Effectivement il n’y en a pas. À proprement parler, il s’agit là de deux cas de liberté de conscience. L’un étant bien sûr condamné vertement parce que c’est du racisme alors que l’autre, tout le monde s’en fout parce que ce n’est que du pain.

Ainsi, la liberté de conscience est un beau principe et il doit demeurer, mais il est clair qu’il ouvre la porte à de sérieux dérapages (surtout religieux) et qu’il doit absolument être balisé…

La balise principale pour ma part devrait être celle de la rationalité de la croyance.  Je vous entends déjà : Les croyances ne sont pas rationnelles! Correction, certaines croyances ne sont pas rationnelles. Si je crois, par exemple, que la discrimination basé sur la race n’a pas de sens, je peux très bien défendre cette position de façon tout à fait rationnelle. Idem pour l’égalité homme femme et la peine de mort. Le débat sur l’avortement se fait généralement de façon rationnel. On peut très bien être contre l’avortement en invoquant le droit à la vie du fœtus, aucun besoin d’invoquer la Bible là-dedans!

Mais quand il s’agit de la nécessité de se voiler le visage (juste pour la moitié féminine des croyants) ou de la nécessité de manger de la nourriture bénie, eh bien là, côté défense rationnelle ça se corse, c’est le moins que l’on puisse dire.

Tant que cette liberté de conscience irrationnelle ne brime les droit de personne d’autre, qu’elle N’est pas dangereuse pour autrui ou qu’elle ne va pas à l’encontre d’autres principes de vie en commun, il n’y a pas de problème, mais la ligne est difficile à tracé et notre attitude envers les gens qui ont la foi comme seul argument semble elle-même teinté d’irrationnel puisque que nous acceptons d’entendre ces argument irrationnel et que nous les trouvons recevables…

Ainsi, clairement, oui à la liberté de conscience, mais pas sans la raison pour l’aiguillé et l’encadrer.

.jpm

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