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02/11/2010

Liberté de choisir

Dimanche à tout le monde en parle, Mme. Marcotte et M. Duhaime ont à mon sens bien performé. Ils ne sont pas tombés dans le piège des extrêmes. Tout en restant fidèles à leurs positions de droite fiscale, ils ont su recentrer leur discours. Était-ce seulement pour bien passer à Radio-Canada? Je le croirais. Pour avoir vu M. Duhaime deux jours auparavant sur une autre chaine toujours aussi à droite et hargneux, je conclu qu’il a fait un gros effort pour bien paraitre et oui, ça donne une chance au message.

Cela dit, derrière ce message simple et plein de sens en surface il reste la dure réalité de la pratique.

Lorsque Guy A. Lepage leur a demandé de quelle liberté nous étions privés au Québec, Mme. Marcotte a répondu de la liberté de choisir, de choisir nos garderies, nos écoles.

De quel choix est-il question ici? De choisir entre la garderie publique, la garderie privée, la maison, la grand-mère? Présentement le système « fonctionne », mais tous les enfants ne sont pas « couverts » et c’est probablement pour ça que ça tiens… Imaginez si tous les gardiens d’enfants étaient subventionnés à la même hauteur!

Le RLQ est contre les mesures mur à mur, mais ne pas avoir de système national et remettre l’argent à tout le monde reviendrait au même c’est un système mur à mur sans système.

Là où il semble y avoir du progrès, c’est quand on parle d’éviter le mur à mur pour remettre de l’argent à ceux qui en ont vraiment besoin, c’est-à-dire cesser de subventionner les riches. Oui oui, vous avez bien lu. Mme. Marcotte et le RLQ veulent faire payer les riches exactement comme la gauche!

Où est la subtilité? La gauche voudra généralement faire payer les riches en entretenant un système mur à mur auquel tout le monde aura accès alors que la droite modérée (ou la gauche lucide) voudra faire payer les riches en développant un système où ils devront payé plus cher pour le même service que ce soit à travers un retour d’impôt moindre ou une gradation dans les frais de garde.

La difficulté de ce système à plusieurs paliers est justement la détermination de ces paliers. Il faut alors déterminer qui est pauvre et qui ne l’est pas et mettre en place un système de remboursement pour les plus pauvres ou de gradation. Mais la gradation n’est pas simple à gérer. Vous vous voyez devoir prouver à la gardienne de votre enfant que vous être suffisamment pauvre pour avoir droit au tarif à cinq dollars? D’un autre côté le système de crédit d’impôt est plus simple, mais il a l’énorme inconvénient de nécessité un « endettement » des pauvres durant toute l’année avant qu’ils puissent récupérer leur dû. Voilà pourquoi les impôts progressifs sont généralement utilisés.

Le problème c’est que cette approche envoie selon la droite articulée (lire formé en économie) un mauvais message aux utilisateurs. Connaître le coût réel de ce que l’on reçoit comme service a un très gros avantage qui est d’être en mesure d’en connaitre la valeur. Il y a donc un équilibre à trouver entre l’impôt progressif et la tarification progressive.

Mais évidemment tout ça nécessite des structures et des fonctionnaires pour faire la gestion de tout cela. Appliquer la tarification et faire les révisions de dossier qui s’impose. Ainsi quand la droite veut à la fois remplacer les programmes mur à mur par des programmes mieux adapté, et réduire la taille de l’État elle tient deux discours contradictoires.

C’est pourquoi, à mon sens comme à celui de bien des québécois qui vont s’identifier tantôt à la droite, tantôt à la gauche, il ne faut pas moins d’État, mais bien un État plus performant.



Qu’est-ce que tout cela veut dire pour la liberté de choisir? Hé bien, si la liberté de choisir c’est du chacun pour soi comme le discours de droite le laisse parfois entendre, ça ne peut pas fonctionner – on vit en société. Si c’est une plus grande flexibilité dans les programmes dans le but clair et définit de donner une chance aux plus pauvre, ça me va…

Mais encore là, la droite tient parfois un double discours, s’il faut « quand même » s’occuper des pauvres disent les gens du RLQ, il faut également les responsabiliser et là le terrain devient glissant puisque responsabiliser rime habituellement avec responsabilité de la situation. Le pauvre est pauvre non pas parce qu’il a subit une série d’épreuve qui l’y on mené, mais bien parce qu’il a fait de mauvais choix et donc puisque c’est de sa faute, c’est à lui à s’en sortir.

Je crois que le RLQ est un peu plus brillant que ça et qu’ils n’ont pas cette vision de la droite un peu trop appuyé de certains autres. Reste qu’entre un pauvre situationnel et un pauvre « volontaire » la différence n’est pas toujours évidente et simple à faire et encore là ça va prendre un bataillon de fonctionnaire pour administrer la chose.

Bref, la voie du centre et de l’équilibre est très certainement la plus intéressante. Elle recoupe la droite modérée et la gauche lucide et suppose un État fort et efficace. C’est à cela qu’il faut travailler.

.jpm

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