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10/11/2010

Le système est à l’envers

Je me suis quelque peu emporté hier, mais j’ai continué ma réflexion et mes lectures. L’une d’entre elles m’a conduit à ce document du ministère sur l’éducation physique (.pdf) – un document qui a clairement confirmé ce que je pensais : Le système d’éducation est géré à l’envers.

Plutôt que de baliser les objectifs clairement, on dit aux profs comment enseigner, c’est l’essence même de la réforme pédagogique. Parler de cibles claires et évidentes comme savoir faire des additions en première année, des multiplications en deuxième et s’attaquer aux fractions en troisième, ça ne les intéressent pas.

Ce qu’ils veulent au ministère c’est imposer une façon d’enseigner : Il faut fonctionner par projets, bâtir sur les acquis de l’enfant… Ma mère faisait déjà ça il y a quarante ans! Et vous savez quoi, elle n’avait qu’un brevet B, pas quatre ans d’université en pédagogie et elle n’avait pas besoin du ministère pour lui dire de faire des projets pour que les élèves soient intéressés – pas plus que les profs n’en n’ont besoin aujourd’hui.

Mais il y a pire. Non seulement le ministère ne travaille pas à formuler des programmes d’apprentissage, mais en plus il ne s’avance même pas à décréter un nombre d’heure d’enseignement par semaine pour les matières – ce sont des suggestions, la décision finale relève du conseil d’établissement!

Je veux bien croire qu’il existe quelques spécificité locales qui nécessitent des ajustements (avec lesquelles les profs et la direction peut certainement composer), mais de là à ne pas vouloir s’avancer sur le nombre d’heure d’éducation physique que devrait recevoir un élève du primaire, il y a toute une marge! Si on a un système d’éducation national c’est pour que l’éducation soit uniforme – pour que tous les élèves jouissent d’une bonne éducation partout peu importe leur rang social – pas pour que le ministère suggère 60 minutes d’éducation physique par semaine plutôt que 120 et que le conseil d’établissement s’en serve pour couper les récréations!

C’est complètement à l’envers.

Le ministère de l’éducation devrait servir è définir les objectifs et les programmes. Il devrait être là pour dire qu’à la fin de la sixième année il faut savoir accorder les participes passé et que pour ce faire le professeur de sixième doit donner 10 heures de français par semaine et laisser les profs (qui ont fait quatre années d’études pour ça) s’organiser avec la façon dont il vont transmettre les connaissances. Là, le MELS pourrait faire des suggestions. « Nous vous proposons d’intégré l’accord des participes passé à un projet de géographie où les enfants doivent présenter un aspect de leur ville natale. »

Le conseil d’établissement n’a rien à voir là-dedans. 10 heures de français par semaine pour réussir à faire l’accord du participe passé avec les auxiliaires être et avoir. Ça c’est la directive. Si le conseil d’établissement juge que les enfants de leur école ont des problèmes plus aigües avec l’auxiliaire être, hé bien ils organisent des heures de rattrapage après l’école ou sur l’heure du dîner, mais il ne touche pas aux directives du ministère.

Honnêtement, je ne comprends pas, je ne vois pas quelle logique tordue a pu mener à une telle inversion des rôles. J’espère que ça va se replacer, mais je suis pessimiste. La réforme est là et le ministère semble contrôler la joute d’une main de maître. Les profs sont noyautés parce qu’ils ne peuvent réagir. Une grève serait impensable et critiquer le ministère ne sert visiblement à rien. Une porte de sortie : Sortir du moule syndical et constituer un ordre professionnel qui aurait ses assises au ministère et qui remettrait de l’ordre dans tout ça.

.jpm

p.s. Comme j’ai le souci de ne pas faire de désinformation, j’invite ceux qui connaissent mieux le système d’éducation que moi de bien vouloir me corriger si j’ai erré. Je ne suis pas convaincu que tous les temps de cours sont comme celui de l’éducation physique, une simple suggestion, mais reste que le fond de ma pensée est le même – on fonctionne à l’envers.

p.p.s Sur les problèmes que vivent les profs avec l’intégration à outrance je vous suggère cette excellente lettre publié dans Le Devoir d’aujourd’hui…

11:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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