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18/11/2010

Charest, Courchesne et une entente historique

Je n’ai pas signé la pétition demandant la démission de M. Charest. Je n’ai pas voté pour lui aux dernières élections et je ne suis pas content de sa gestion des événements. Cela dit, je crois que demander sa démission est un peu fort. Je crois que nous comprenons très mal ce qu’est être un premier ministre comme nous comprenons très mal ce qu’est être un parent tant que l’on ne l’a pas été.

Reste que M. Charest a commis de sérieuses erreurs (qu’il n’est pas trop tard pour rattraper). Face à la demande de commission d’enquête sur la construction, M. Charest aurait dû être plus communicatif et expliquer pourquoi une commission d’enquête était prématurée ou inutile. À mon sens elle ne serait ni l’une ni l’autre, mais elle serait extrêmement difficile à mettre en place et à conduire. Pensez-y, le monde de la construction c’est très, très vaste. On ne peut pas accuser tout le monde en bloc, entendre des milliers de témoins, monter des dossiers épais comme ça, ça prendrait des années – d’autant plus qu’une commission d’enquête n’a pas le pouvoir de condamner qui que ce soit.

Est-ce que la solution de M. Charest est meilleure? Peut-être. Est-elle la meilleure? Probablement pas. Comment doit-on procéder pour régler le problème? Je ne sais pas, il faut trouver un angle d’attaque et utiliser tous les outils disponibles y incluant une commission d’enquête publique avec un mandat clair mais suffisamment restreint pour qu’il donne des résultats. Mais cela ne change rien au fait que M. Charest n’a pas fait son boulot de communicateur.

Celle qui a fait un bon boulot par contre c’est la Michelle Courchesne (M. Charest a fait un bon coup en lui demandant d’aller négocier avec les infirmières plutôt que de fier à M. Bolduc).

Mme. Courchesne, s’est présentée à la table des négociations avec les infirmières en disant vouloir négocier un accord et contrairement à M. Charest elle a expliqué les raisons de ces refus et les raisons qui la poussait à orienter les négociations dans telle ou telle direction.

De leur côté les infirmières par le billet de leur centrale, la FIQ, ont trouvé une oreille attentive et ont pu faire de vraies demandes. Elles ne voulaient pas d’augmentations salariales, ce qu’elles voulaient c’est une réorganisation de leur travail. Elles voulaient que les temporaires aient un horaire relativement fixe et connu d’avance et elles voulaient que les 15 000 infirmières qui pourront prendre leur retraite dans les années qui viennent puisse avoir accès à un aménagement de leur horaire – elles voulaient pouvoir avoir un horaire réduit à 4 jours semaine. (Écouter la très intéressante entrevue que Régine Laurent a accordée à Michel Désautels.)

Ce n’est pas demander la lune, loin de là! Et chose intéressante, l’accession du gouvernement à ces demandes devrait à terme réduire le temps supplémentaire et l’utilisation des agences d’infirmières qui coûte très cher à l’État.

Ceci prouve deux choses. Premièrement, qu’en mettant cartes sur table et en agissant avec transparence, il devient possible de trouver de meilleures solutions. Des solutions qui sont gagnantes pour tous. Deuxièmement, ça prouve que les syndicats sont capables quand on travaille avec eux de proposer des changements structurels qui comportent des gains pour leur membres et des gains pour l’employeur – et dans ce cas-ci des gains pout L’État.

Cette entente est donc, pour ma part, historique parce qu’elle prouve que la réorganisation du travail peut réduire les coûts et que cette réorganisation peut être proposé par les grande centrale syndicales que l’on associe peut-être trop souvent à l’inertie et à une constante hausse de coûts.

.jpm

p.s. Si jamais M. Charest démissionne, mettons Mme. Courchesne à sa place!

11:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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