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23/11/2010

Brillants, mais ignorants ?

Je l’ai encore entendu l’autre jour… C’était à une émission de radio, un reportage sur l’utilisation d’internet, des réseaux sociaux et sur la nouvelle génération de jeunes qui utilise ces outils.

Encore cette fois-ci (la dernière fois c’était Georges Leroux) le commentateur nous parle de ces jeunes qui s’éduquent sur internet : « Ils naviguent d’un site à l’autre trouvant de nouvelles informations intéressante, se laissant emporter par la tonne d’information et de source d’information qu’on y retrouve… »

Les jeunes d’aujourd’hui sont brillants, j’en conviens. Ils vivent dans un univers de plus en plus complexe et doivent maîtriser des concepts avancés de plus en plus jeune. Je conçois également sans peine que ces mêmes jeunes aient à bien maîtriser les « nouvelles technologies de l’information » afin de se débrouiller dans ce nouvel univers socio-informatique où tout est information et traitement de l’information.

Cependant je ne suis absolument pas d’accord avec ce concept d’apprentissage autonome sur internet. À chaque fois que cette façon d’apprendre ou de se renseigner est évoquée elle l’est toujours comme si elle était l’avenir de l’apprentissage, comme si le butinage d’information ça et là sur internet allait remplacer les vraies études.

Non seulement, ce butinage est par définition incomplet puisqu’il n’est pas structuré (mais il pourrait l’être), mais l’internet n’aura jamais la profondeur d’un bon bouquin sur le sujet. Je veux bien croire qu’il est possible de trouver bien des renseignements sur Descartes dans la toile, on y trouve son fameux je pense donc je suis en millions de copies, mais sans avoir lu Les Méditations Métaphysique on ne peut pas avoir une idée complète de sa pensée. L’internet n’a pas et n’aura jamais la profondeur d’un livre ou d’une œuvre.

D’ailleurs je ne comprends pas non plus pourquoi nous voudrions éviter à des jeunes si brillants l’occasion de lire de vrais livres, de travailler de vraies œuvres de penseurs marquants. Il m’apparait en effet contradictoire de soutenir d’un côté que les jeunes d’aujourd’hui sont brillants et de l’autre qu’il ne sera pas utile (ou nécessaire) pour eux de s’astreindre à une lecture des grands textes comme l’on fait avant eux des générations d’universitaires et de simple citoyens.



Peut-être suis-je déjà un vieux réactionnaire, mais quand je vois mon gars de 10 ans, brillants comme tous les autres, ouvrir les oreilles et écouter attentivement quand lui parle de grands auteurs et de grandes théories je me dis qu’il sera bien mieux servi en côtoyant le Platon de ma bibliothèque que celui de Wikipédia…

.jpm 

11:18 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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