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25/11/2010

La chute du tigre celtique

Vous en avez probablement entendu parler, l’Irlande va mal, très mal même. Avec un déficit de fonctionnement de 32% de son PIB pour la seule année fiscale en cours (ce qui représente avec les chiffres de 2008 quelques 70 milliards de dollars) le pays est littéralement dans le trou. Le chômage atteint des sommets à 14% et plus de 34 000 personnes ont quittés le pays (qui en compte 4.5 millions) cette année.

Ces jours-ci le gouvernement a voté un plan d’austérité économique très dur. Mise à pied de 10% de la fonction publique (25 000 emplois), hausse de la TVA (l’équivalent des TPS et TVQ) à 22% cette année et à 23% l’an prochain, diminution du salaire minimum de 1 euro l’heure, hausse des impôts des particuliers (mais maintien du très bas taux pour les entreprises) et diminution de prestations d’assurance chômage d’autres parties du filet social.

Mais, vous le savez également, l’Irlande était jusqu’avant la crise de 2008 considérée comme un modèle de l’économie de marché, de la réussite des mesures de droite (le tout à l’entreprise). En raison de ses fort taux des croissances (moyenne de 6.8% par année avec des pointes à 10 et 11%) il avait même été surnommé le tigre celtique en référence aux économies asiatiques émergentes.

L’explication à la mode est-elle valide ou, y avait-il autre chose derrière ce succès? Comme vous j’avais aussi entendu dire que tout n’était pas aussi limpide que le bas taux d’imposition des entreprises et une campagne de charme intense pour attirer les grands joueurs de l’informatique et des technologie de l’information ne pouvait tout expliquer… J’ai fait ma petite enquête.

Premièrement, avant le virage économique de l’Irlande, le taux de chômage y avoisinait les 18% - on trouvait donc au pays quelques 400 000 travailleurs prêts à se mettre à l’ouvrage à n’importe quel prix, ah le cheap labour!

Deuxièmement, l’Union européenne a décidé, à l’époque, de donner un coup de main aux irlandais en leur versant des payements de transferts qui atteignait annuellement environs 7% du PNB - voyons de quel type d’aide il s’agit.

Le PIB a à peu près doublé entre 1993 et 2007… En 2007 il s’établissait à 223 milliards de dollars, ce qui le situe à approximativement 111 milliards. 7% de cette somme représente 7.8 milliards de dollars! Certains me diront que le Québec touche une péréquation de 8.5 milliards cette année. C’est vrai mais, en 2008 nous avons touché 8 milliards et notre PIB était de 302 milliards soit une aide de 2.6% (à 7% nous aurions touché 21 milliards de dollars). De plus il ne faut pas oublier que nous versons près de la moitié de nos impôts à Ottawa ce que l’Irlande ne fait pas avec l’Union Européenne!

Bref, le modèle Irlandais est bien beau sur papier, surtout quand on en oublie des pans entiers et comme on le constate aujourd’hui il s’effondre plus facilement. Alors oui, il faut stimuler l’économie, mais clairement pas au point de tout débalancé pour ne favoriser que l’entreprise privé parce que quand ça chauffe, non seulement il faut la sauvé (comme l’Irlande a dû le faire avec ses banques) mais ensuite elle refuse de vous aider.

.jpm

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