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10/12/2010

Découverte importante : L’erreur et la vraie découverte

L’erreur

Un fidèle lecteur et bon ami m’a averti qu’une erreur importante s’était glissé dans mes calculs – merci Marc-André! L’erreur est la suivante.

Dans mon empressement à vérifier ma théorie du manque à gagner en PIB dû au bas prix de l’électricité au Québec j’ai calculé la hausse de 12 milliards de notre PIB sur le PIB du Québec et non sur celui du Canada. Ainsi la hausse de 12 milliards qui représente ici 4% ne représente que 0.78% du PIB du Canada portant notre contribution au PIB canadien à 20.11% toujours loin derrière le 23% que représente notre poids démographique.

La constatation

Ceci m’amène à faire deux constats. Le premier c’est que comme vous je me suis laissé abuser par une belle démonstration et un calcul simple mais erroné, il faut donc faire attention à tout, même à soi-même! Le second constat est encore plus lourd de conséquence pour le sujet qui nous occupe. S’il nous manque 4% du PIB canadien pour faire notre poids démographique, ce n’est pas 12 milliards mais bien d’approximativement 56 milliards (PIB du Canada x 23% - PIB du Québec).

Donc soit il y a un sérieux problème d’évaluation du PIB quelque part soit il y a un sérieux problème de création de richesse au Québec… Ne pouvant me résoudre à croire que nous produisions si peu, 56 milliards c’est une hausse de près de 20% de notre PIB, j’ai continué de réfléchir.

La vraie découverte

À ma première réflexion sur le sujet, je m’étais arrêté à Hydro-Québec et la SAAQ parce qu’ils représentaient pour moi des biens immatériels dont le coût variait beaucoup d’une province à l’autre et pour lesquels une hausse sans investissement spécifique était possible.

J’avais aussi mentionné la différence du coût de la vie entre l’Ontario et le Québec, prétextant que cela allait hausser le prix des assurances et donc hausser encore un peu le PIB, mais de façon marginale. Encore là j’ai fait une erreur importante.

Les biens matériels n’ont pas la même valeur d’une province à l’autre – c’est justement ce que reflète le coût de la vie. La location d’un 4½ coûte plus cher en Ontario qu’au Québec, cela fait plus de dépenses pour les locataires et plus de revenus pour les propriétaires. Le raisonnement est donc le même que pour l’électricité et il s’applique à toute la consommation y compris ce que l’on importe. Les bananes coûtent plus cher à Toronto qu’à Montréal même si Loblaws les payent le même prix que Métro ce qui vient inévitablement gonfler le calcul du PIB. Mais est-ce vrai pour toutes les composantes du PIB?

Voici l’équation du PIB : PIB = C + Inv + G + (ex - i)

« C » c’est la consommation. La différence du coût de la vie s’y applique clairement. « Inv » c’est l’investissement privé. La différence du coût de la vie s’y applique également puisque lorsque les biens coûtent moins cher l’investissement nécessaire est moindre. « G » c’est les dépenses gouvernementales en bien et en service. Encore là la différence de coût de la vie s’applique tout à fait. Reste « (ex - i) » qui représente les exportations moins les importations. Ici le coût de la vie ne s’applique pas puisque c’est le marché global qui dicte les prix d’échange.

La différence entre les importations et les exportations s’appelle la balance commerciale. Vous comprendrez que l’Alberta qui exporte en grande quantité quelque chose qui vaut très cher, le pétrole, se retrouve avec un PIB important et une productivité accrue. Au Québec où l’on exporte de l’aluminium, des moteur d’avion et de l’électricité et où l’on importe du pétrole la balance commerciale mine notre PIB puisque nos importations valent plus cher que nos exportations – et d’ailleurs nous exportons moins aujourd’hui parce que la hausse du prix du pétrole a tiré le dollar canadien à la hausse rendant nos produits moins compétitifs (J’y reviendrai).

Qu’en est-il alors de notre PIB ajusté au coût de la vie?

Le coût de la vie diffère entre le Québec et l’Ontario (avec qui on se compare généralement puisque nos économies se ressemblent) est d’environ 15% mais cette différence n’est applicable qu’à la partie du PIB qui n’inclut pas l’importation et l’exportation. Cette dernière partie représente 12 milliards pour 2009, mon année de référence.

Le calcul est donc le suivant PIB = (296.7 - 12) x 15% pour la majoration au coût de la vie. Le PIB du Québec ajusté au coût de la vie en Ontario est donc de 327.4 milliards de dollars soit quelques 30.7 milliards de plus, ce qui ramène notre poids PIB à 21.3%. On est déjà beaucoup plus proche. Et, si je prends le PIB du Québec sur le site de l’ISQ ça monte à 22.6%. D’ailleurs la différence de 15% du coût de la vie n’est pas évidente pour moi, je me fie à Claude Piché, mais je n’ai pas vu les chiffres et comme vous pouvez l’imaginer un changement de 1% fait au bout du compte une très grande différence.

Donc il y a une bonne part de notre « déficit relatif » en PIB qui est dû au coût de la vie qui est relativement bas au Québec. Mais il reste quand même une autre part importante, quelques 25 milliards… Il y a bien sûr un partie de cette différence qui est attribuable à la valeur de ce qui est importé et exporté au et du Québec, mais qu’à cela ne tienne, force est de constater que notre économie reste moins performante que l’économie ontarienne.

Nous choisissons collectivement de travailler moins que les ontariens. Nous prenons plus de vacances et travaillons moins d’heures par semaine c’est notre droit le plus stricte. Nous avons également choisis de nous donner plus de services et donc de payer plus d’impôts et de taxes c’est encore là une décision qui se défend, alors pour le reste si nous voulons être plus riches, il y a deux choix travailler plus ou travailler mieux – mais de grâce, cessons de regarder les tableaux de productivité basé sur le PIB, ils sont aussi faussés sinon plus que ceux du PIB!

.jpm

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