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16/12/2010

Le « libre » marché

J’en ai déjà parlé à maintes reprises, mais ce matin l’exemple est tellement beau et flagrant que je ne peux m’empêcher de revenir sur le sujet… Je sais, ce blog glisse de plus en plus du sociologique vers l’économique et le politique. Je vais essayer de balancer le tout, mais ces jours-ci la politique et l’économie nous donnent beaucoup de sujets alors autant les aborder. Demain je vous parle de cours de sexualité au secondaire c’est promis.

Vous avez vu la nouvelle? Electrolux déménage ses pénates, elle fait de la délocalisation .. vers les États-Unis!

En effet, la compagnie suédoise va quitter le Québec pour aller s’installer au Tennessee. Les chantres du libre marché vont avoir deux réactions. Un critiquer les salaires élevés des syndiqués travaillant à l’Assomption (19$/h vs. 13.50$/h à Memphis) et, deux, souligner à grand traits le fait que les subventions offerte par l’État le compté et la ville (132 millions de $), sont des interventions gouvernementales qui sont loin de s’inscrire dans la logique du libre marché.

Ils ont raison sur la forme et c’est pour cela qu’Electrolux ne va rester aux États-Unis tant que les 132 millions de dollars vont compenser pour les salaires de 13.50$/h. Ensuite, ils délocaliseront à nouveau vers le Mexique où une petite ville côtière les aura attirés avec un congé de taxe, une subvention de 35 millions et des salaires à 6.75$/h.

La lecture que font ces économistes en herbe est bonne. Les dépenses des américains sont justifiés – elles seront retable un temps du moins. Le problème ce n’est pas la mécanique du marché ou le raisonnement des administrations publiques, le problème c’est de croire que le marché est libre alors qu’il ne l’est pas et d’oublier que dans notre beau système capitaliste met de plus en plus les États en concurrence les uns avec les autres les inscrivant ainsi dans une logique de concurrence dont ils ne peuvent s’extraire.

Mme. Elgrably écrivait encore il y a quelques semaines que  la récente déroute Irlandaise n’était pas due au libre marché ou aux conditions d’encouragement de celui-ci, mais bien à des politiques monétaires de la banque centrale européenne… Évidemment, elle évite de regarder plus lion ou de se poser une question de base : Que serait-il arrivé si toute l’Europe avait en même temps que l’Irlande adopté les mêmes mesures que celle-ci ?

Si l’Irlande a connu du succès c’est grâce à son avantage comparatif sur le reste de l’Europe soit des taux d’imposition des entreprises et des particuliers relativement bas. Il en va de même avec le cas d’Electrolux. Memphis gagne la mise par son avantage comparatif. Mais tout le problème est là… Les États entre en compétition dépenses de sommes faramineuses pour attirer ou garder des entreprises, le tout en s’endettant ou en coupant dans le filet social. C’est une spirale qui va nous attirer inévitablement vers une détérioration de nos conditions de vie…

À droite ils vont dire qu’en fait ça va rehausser celle des chinois. C’est vrai, mais pas tant que ça. Gageons sur un équilibre éventuel qui se situera entre l’Asie et l’Occident. Ils sont plus de 2.5 milliards nous sommes encore loin du milliard, je vous laisse faire vos prédictions sur le niveau de vie moyen.

.jpm

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