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23/12/2010

Modèle économique et urbanité

Voilà un sujet large et profond sur lequel on pourrait s’étendre longuement. Peut-être est-ce là le début d’une série? Une bonne partie des propositions d’organisation sociale utopique repose sur un modèle urbain spécifique à commencer par le fameux Utopia de Thomas More…

Mais voilà, je ne vais pas aller trop loin aujourd’hui, je vais juste effleurer le sujet avec Toronto et la Chine, ce sera déjà bien suffisant.

Dans son article A Tale of Two Torontos*, Margaret Wente explique comment Toronto a évolué dans les dernières années, passant d’une ville où il faisait bon vivre pour la classe moyenne à une cite moderne ou les désœuvrés s’entassent à l’ombre des très riches qui peuple maintenant le centre-ville.

Pour la plupart des observateurs ce phénomène est tout à fait normal dans les grandes villes du monde capitaliste. Le coût de la vie dans ces villes devient tellement élevé qu’il n’y a que les très riches qui peuvent y habiter dans des maisons et des condos de luxe et les pauvres qui n’ont pas le choix d’y habiter parce qu’ils ne peuvent se payer une maison de banlieue, parce qu’ils ont besoins de services qu’ils ne peuvent obtenir qu’en ville… Pire la ville garde les pauvres au bas de l’échelle parce que le logement est tellement cher qu’ils y consacrent une large part de leur revenu les coupant ainsi de toute capacité à économiser.

Voilà pourquoi les grandes villes ont aujourd’hui l’air de courtepointes bigarrées, composées de quartiers très pauvres qui s’étendent à l’ombre des quartiers très riches et dont la jonction entre les deux est souvent très mince.

De l’autre côté du spectre économique, on retrouve en Chine des villes banlieues entières qui ont été construite pour accueillir une classe moyenne montante qui ne vient pas – ou du moins pas aussi vite que prévu.

En effet, la croissance de la richesse en Chine aura permis à une foule d’investisseur immobilier de bâtir une quantité effarante de logements (64 millions selon Finance Asia) qui restent vide faute de locataires. Il y aurait de quoi loger quelque 200 millions de personnes! Mais les chinois n’y emménagent pas parce qu’ils considèrent que le logement que l’on habite doit être à nous et donc rejettent la location. Entre temps, les investisseurs chinois sont en train de créer la plus grosse bulle immobilière de tous les temps. Passez voir ces photos satellites de quartiers complètement vides.

Les liens entre le modèle économique, la culture locale et la construction des villes sont multiple et comme je le mentionnais au début, c’est un sujet très large sur lequel je reviendrai éventuellement.

.jpm

p.s. À venir, un long billet sur les idées de la gauche efficace.

*Il y a une version française traduite par Google ici.

11:44 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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