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05/01/2011

Le 3 janvier à 14h30

Au mois de juin prochain, il y a de fortes chances pour que vous entendiez parler de la journée d’affranchissement d’impôt des québécois. C’est, selon le calcul de l’Institut Fraser, la journée à partir de laquelle les québécois cessent de travailler pour payer leurs impôts et commencent à travailler pour eux.

Le tapage médiatique et la formulation de « l’événement » sert évidement les visées de droite de l’Institut. De janvier à juin, nous ne travaillons pas plus pour le gouvernement que le reste de l’année. En fait nous travaillons pour nous à l’année longue, nous travaillons pour nous offrir des écoles, des hôpitaux, des services d’enlèvement des ordures et d’entretien des parcs, des assurances invalidité en cas d’accident de la route et aussi pour payer notre maison, nos vacances, notre deuxième voiture et les camps de hockey du petit dernier.

L’Institut prend également le soin de positionner le Québec parmi les autres provinces soulignant au passage que nous sommes dans le peloton de queue, mais ils omettent toujours de souligner qu’avec cette position vient un cortège de service que les autres canadiens ne se payent pas.

Cela dit, l’événement que l’Institut Fraser ne rappellera pas en juin et qu’évidemment il ne souligne pas cette semaine c’est celui ou les 100 chefs de direction les mieux payé au Canada ont déjà amassé le revenu annuel de la moyenne canadienne soit tout près de 43 000 dollars. Les 100 patrons les mieux payés ont atteint ce revenu vers 14h30 le 3 janvier après seulement quelques heures au bureau.

En effet, lesdits patrons gagnent en moyenne 6.6 millions de dollars annuellement, un revenu cent cinquante-cinq fois plus élevé que le revenu moyen. À titre comparatif, leur revenu moyen était cent quatre fois plus élevé au tournant du siècle et quelques quatre-vingt fois supérieur à la fin des années 1980.

Si je considère que les patrons méritent plus que les simples employés de par leurs responsabilités, leurs tâches et un emploi du temps généralement très chargé qui déborde allègrement le 40 heures semaine, s’infiltrant les soirs et les fins de semaine, je ne crois pas que cette valeur ajouté vaille un million de dollars ou plus. La sacro-sainte loi du marché est complètement absente ici puisqu’il existe sans l’ombre d’un doute des gens compétents qui accepteraient de faire le même travail pour moins de 6.6 millions de dollars par an.

Notez par ailleurs que ces « salaires » qui n’en sont pas passé les premières centaines de milliers de dollars sont généralement consentis en options d’achat sur de action de l’entreprise. Des options qui premièrement peuvent être exercé par lesdits patrons quand bon leur semble et qui deuxièmement ne sont imposé qu’à 50% - i.e. seul 50% du total des gains est imposable! Vous avez bien lu, alors que 100% de votre revenu est imposable, les gains sur capital ne sont imposable qu’à 50% donc les grands patrons qui ont fait 6 millions de dollars cette année ne sont imposé que sur 3 millions, le reste n’est pas imposable!

Cette règle servait, à la base à compenser le risque que prenaient les investisseurs, mais elle est absurde puisque l’on peut maintenant déduire les pertes des dernières années sur les gains de la dernière année et elle est encore plus absurde pour les patrons puisqu’ils n’ont pris aucun risque – ces actions leur sont données!

Enfin bref, quand au mois de juin on vous dira que vous commencez à travailler pour vous, de grâce souvenez-vous de ce petit billet sur les grands patrons qui a 17h00 le 3 janvier avait déjà dépassé votre revenu annuel et aux millions de dollars sur lesquels ils ne payent aucun impôt.

.jpm

16:26 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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