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13/01/2011

Domination et utilité de la culture populaire – bis

Je vous laissais hier en liant les « nécessités » des populations afghanes et nord-américaines de se faire « éduquer » par les émissions de culture populaire.

Mon parallèle était gros, je le conçois. On est bien loin de devoir passer par Oprah Winfrey pour dire aux hommes qu’ils ne doivent pas battre leur femme. Cela dit, on a quand même diffusé au Québec des publicités sur la violence conjugale ces dernières années pour inciter les femmes à dénoncer ces violences et faire réaliser à certains hommes (une frange minuscule je l’espère) que la violence ne se résume pas à un coup de poing sur la gueule.

Cela dit, que ce soit ici ou en Afghanistan la réalité c’est que les émissions et les magazines où l’on nous abreuve de conseils pratiques et de principes de vie sont et ont toujours été populaire. Certains dirons (et ici je me recentre sur l’Occident, vous l’aurez compris) que ces magazines de culture populaire contenant de fortes doses de recommandations pour la vie de tous les jours sont plus présent que jamais et que cela est surtout dû à la relative disparition de l’Église dans nos vies.

Si je suis d’accord avec cette lecture, ce n’est qu’en partie puisque tout le domaine de la communication des grands médias a également explosé avec ce que l’on pourrait appeler la post-modernité et donc qu’il y a accroissement en nombre, mais pas nécessairement en pourcentage.

À ces lectures du retrait de l’Église et de l’accroissement de l’offre j’ajouterais l’accroissement de la complexité sociale et la multiplication subséquente de l’interprétation de celle-ci.

En gros, et ici c’est le sociologue en herbe qui parle, cette pléthore de conseils pratique et surtout d’avis en tous genre sur la bonne conduite à adopter nous est « nécessaire » non pas pour nous dire quoi faire et/ou comment le faire mais bien pour nous conforter dans nos façons de faire – bref, ce que nous cherchons dans ces magazines c’est surtout un écho à nos propres comportements. Un besoin de conciliation et de reconnaissance de nos agissements rendu nécessaire justement par ladite complexité de la société et l’apparente multiplicité des comportements possibles d’où leur grande prolifération.

À mon sens bien sûr, et même s’il demeure important de « s’informer » sur les pratiques courantes en gestion de crise familiale, il est tout aussi important de bien s’informer sur le monde (hors psycho-pop) qui nous entoure et donc je dénonce quand tout de même cette sur représentation de magazine populaire – ou , à tout le moins, souhaite y voir un peu plus de contenu.

Et les revus à potins dans tout ça? Du simple voyeurisme? Pas nécessairement. Il y en a une part c’est bien certain. Par contre, dans mon analyse toute personnelle de la chose, il y a aussi une part de vie par procuration. Je m’explique en deux mots. Le monde médiatique fait continuellement l’apologie de la vie de star et nous tous avons bien sûr envie de cette vie que l’on nous présente comme un party perpétuel, comme la liberté totale alors pour n’en vivre ne serais-ce qu’une partie, on suit la vie des stars afin de vivre cette vie à travers la leur – la vie de star par procuration donc.

Il n’y a rien de répréhensible en soi là-dedans, par contre on sait tous que ça rend certaines personnes bien malheureuses, mais au-delà de ce petit malheur il est tout de même dommage que l’on soit continuellement confronté avec l’idée que cette vie-là est bien meilleure que la nôtre et qu’elle est à la limite la seule qui vaille.

.jpm

11:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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