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18/02/2011

La création d’emploi

J’ai entendu récemment un débat sur la façon de créer de l’emploi*. Les deux points de vue mis de l’avant étaient ceux de l’approche dite brésilienne qui a consisté ces dernières années à mettre de l’argent dans les poches des plus pauvres – et qui a connu d’excellent résultats – et l’approche classique de la « création d’emploi » directe.

Le débateur qui prônait la création directe n’a malheureusement pas expliqué comment il entendait créer de l’emploi. L’approche classique consiste généralement à créer de bonnes conditions pour les entrepreneurs et elle a fait ses preuves. Les pays ayant les meilleures conditions de création d’entreprise** sont ceux qui ont les meilleurs taux de création d’emploi.

Tout cela est bien vrai, mais est-ce que ça s’applique à toutes les situations et est-ce que c’est toujours valide en cette ère de mondialisation?

À mon sens, la méthode classique de création d’emploi est toujours valide, mais la mondialisation est venue diminuer grandement son efficacité. D’amblé, les bonnes conditions pour la création d’entreprise ne suffisent plus à elles seules, du moins pour l’Occident puisque beaucoup de pays sont capable d’avoir des conditions semblables et en plus des salaires sensiblement plus bas. Et, pas besoin d’aller en Chine, un détour par l’Irlande des deux dernières décennies ou encore par le Mexique suffit. Ensuite, il faut bien voir que les pays sont tous en compétition dans cette logique et que la délocalisation existe aussi pour la création d’emploi. Les États-Unis ont sans contredit créé de l’emploi en Chine ces dernières années! Et puis, les entreprises créé dans le contexte classique en Occident se doivent d’être des entreprises à grande valeur ajouté ce qui génère généralement pas d’emploi pour les plus pauvres.

D’un autre côté, mettre de l’argent dans la poche des plus pauvres c’est globalement s’assurer que tout cet argent sera dépensé chez-nous et principalement dans des entreprises offrant des bien et des services de première nécessité.

Ces entreprises sont généralement des entreprises locales exploitant des ressources locales et offrant du travail à des gens dont le niveau d’éducation est moins élevé que les entreprises générant de la haute valeur ajoutée. Vous pensez à Wal Mart, c’est vrai il y a Wal Mart ici et ailleurs. Mais les Métro, Phamiliprix, Rona et autres Patate du Coin sont généralement des entreprises locales, détenues par des entrepreneurs locaux… Et je ne parle pas de la multitude de garage, dépanneurs et des entrepreneurs en construction, un domaine qui représente généralement une grande part de l’économie d’un pays.

Bref, le débat faisait rage, mais à mon sens, les deux sont nécessaires et souhaitable. Bien sûr la question de la proportion de l’effort dans chaque champ se pose ensuite, mais disons qu’il ne faut pas en laisser tomber un complètement en supposant que seule l’économie locale va créer de la richesse ou que seule le développement d’entreprises d’envergure internationales va permettre de donner de l’emploi à tous.

.jpm

* Le débat avait lieu à l’émission Real Time avec Bill Maher que vous pouvez écouter en podcast sur Google Reader – les débats sont généralement très animés et valent la peine d’être entendu.

** Ce qui inclut généralement, de bas taux d’imposition, une fiscalité simple, de bons services, des crédits de R&D et peu de bureaucratie lié à la création d’une nouvelle entreprise.

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