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17/03/2011

L’art de punir

Hier, l’un de mes collègues nous a raconté une histoire plutôt cocasse à propos de son fils. Le p’tit gars est en deuxième année et il est identifié comme un cas problème depuis la maternelle. Je ne connais pas l’ampleur du problème ni le type de comportements qui lui ont value cette identification, mais sachez qu’il est connu de la direction, qu’il se fait sortir régulièrement de la classe depuis la maternelle et qu’il est suivi par la psychologue de l’école.

Depuis le début de sa deuxième année, son comportement s’est, selon mon impression un peu améliorer, mais quand il ne veut pas travailler ou qu’il fait des niaiseries, sa prof le punie en le sortant de la classe et, pour qu’il ne reste pas les bras croisé la direction de l’école a choisi de l’envoyer faire le ménage avec le concierge.

Ainsi lors d’une rencontre avec  la direction de l’école l’enfant qui assistait / participait à la discussion de son cas réunissant ses parents, le directeur, la professeure et la psychologue, s’exclama « Bah, moi ça ne me dérange pas d’être punis. De toutes façon moi ce que j’aime à l’école c’est l’éduc pis les maths, pis quand je me fais sortir d’un cours de français, je vais aider le concierge pis j’aime ça, c’est ça que je veux faire dans la vie, être concierge… »

Alors la conséquence qu’il a reçu* est en fait une récompense de son point de vu. Il n’aime pas le français alors il fait le con pendant le cours il se fait sortir et bingo se retrouve avec concierge à vadrouiller les corridors avec le plus grand plaisir. Donc cette façon de faire ne règle rien pour l’élève, elle ne fait que régler le problème du prof qui pendant son absence peut enfin donner son cours.

Évidemment, il n’y a pas de solution simple. Les autres élèves ont le droit d’avoir ce cours de français et la prof ne peut passer son temps à ne suivre et motiver qu’un seul élève. Ma solution? Retour des classes spéciales multi-nivaux avec un fort incitatif à ne pas y rester – genre pas de sorties et ou d’activités spéciales / récompenses ou autres pour les élèves qui ne sont là que parce qu’il refuse de coopérer…

Mais bien sûr ça n’arrivera jamais. On n’a pas suffisamment d’argent, il vaut mieux mettre plein d’accompagnateurs dans les classes (comme si s’était moins cher, y savent pas compter ces gens-là) et puis les parents ne seront pas d’accord, du moins certains parents pour qui leur petit trésor à le droit d’être « normal » même s’il dérange 20 autres élèves – on le sait le client est roi!

Mais un instant, ici, ce n’est pas le parent qui est client, ici, c’est l’élève. Mais il n’est pas en âge de décider alors on – la société – devra le faire pour lui. Sauf si ces parents s’en mêlent.

.jpm

*Quelle mauvaise façon de parler : Tu vas avoir une conséquence! Tous les profs font cette erreur. On n’a pas une conséquence, on subit une conséquence… Et après on s’étonne que nos jeunes parlent mal.

11:08 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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