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22/03/2011

Républicain à l’os

À L.A. notre kiosque donnait sur un seul autre kiosque. Mon voisin, un homme dans la soixantaine avec qui j’ai échangé quelques mots en matinée lors de la dernière s’est avéré être un Républicain convaincu. J’ai donc profité de l’occasion pour tâter le pouls de la droite américaine…

À ma grande surprise (quoi que je sois bien au courant de la forte polarisation politique des américains) le gars était un Républicain convaincu à l’image de ceux que l’on nous décrit lorsque l’on parle des « extrémistes » du Tea Party même s’il ne s’est en aucun cas réclamé de ce mouvement.

Pour lui, Obama est le pire président que les États-Unis ont connu. Il est malhonnête, il n’est pas chrétien et il est en train d’amener les États-Unis vers le socialisme. J’ai relevé cette affirmation pour en savoir un peu plus. Le gars a commencé par me dire qu’il savait de quoi il parlait quand de socialisme puisque sa femme était Russe, puis il a enchaîné en disant que quand le gouvernement se mêlait de la vie des gens qu’il les obligeait à payer pour quelque chose qu’ils ne veulent pas (faisant référence à ce que tous les Républicains appelent l’Obamacare) le gouvernement était inévitablement engager dans la voie du socialisme.

Je ne l’ai pas repris sur la définition même du socialisme (il semble que ce soit très flou tant pour les Américain que pour les Québécois), mais je lui ai répondu en lui demandant s’il concevait que le gouvernement puisse quand même règlementer certaines pratiques et obliger les gens à certains comportements sans que cela soit du socialisme. Après un bref instant de confusion, il est revenu à la charge en éludant ma question et en ramenant le débat sur les intentions du président – malveillantes selon lui – lorsqu’il passe telle ou telle législation.

Il en a ensuite profité pour me parler de Sarkosy qu’il aimait bien et qui lui venait de mettre se culotte face à la Libye. Sa politique était pro-américaine, tout comme celle de quelques autres chefs d’États qu’il disait bien aimé – j’ai vite compris que pour lui, tout tournait autour des États-Unis. En fait il n’aime pas Obama parce que Obama n’a pas cette rhétorique du peuple élu que Bush a pu avoir. Car, pour bien des Américain, les États-Unis ont joué un rôle important dans le développement du monde et de l’humanité (ce qui est tout à fait vrai) et par conséquent ils sont une sorte de peuple élu pour faire avancer le monde – c’est avoir une vision de l’humanité à très courte vue et croire qu’ils ont tout inventé…

Au travers de tout cela, il m’a bien sûr abreuvé fait anecdotiques expliquant selon lui la supériorité du système américain. Il avait entendu parler d’un gars qui a dû traverser aux États-Unis pour avoir une résonnance magnétique parce qu’il ne pouvait en avoir au Canada avant six semaines (un Albertain, il n’y pas qu’au Québec que l’on a des délais à l’hôpital) et un autre qui s’était fait emprisonné parce qu’il avait dit je ne sais quoi – et donc par conséquent s’est bien mieux aux USA!



Bref, une discussion à sens plutôt unique où j’ai pu constater la non profondeur des positions d’un Républicain convaincu qui prie à tous les soirs pour que Obama ne soit pas réélu en 2012. Une discussion qui m’a permis de voir la profonde division du peuple américain et de constater à quel point le débat politique est partout pareil, on démonise l’autre camp, on leur prête de mauvaises intentions et on est incapable d’avoir une lecture objective de la situation.

J’exagère? Vous avez raison, j’en suis la preuve vivante et vous en êtes aussi, mais il semble mon voisin de kiosque reflète également une bonne part de la population et c’est à nous de tenté de diminuer leur polarisation excessive.

.jpm

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