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11/04/2011

Autour de la hausse de frais de scolarité

On parle beaucoup de la hausse de frais de scolarité ces jours-ci et on en parlera encore beaucoup. Bien évidemment les étudiants ne sont pas content et bien des gens sont contre par principe, mais dans mon cas je dois avouer que le pragmatisme l’emporte sur les principes. Moi aussi j’aimerais bien que l’éducation soit totalement gratuite, mais comme je l’ai déjà souligné, je n’ai pas tous les chiffres du gouvernement devant moi et je ne sais pas où il serait possible de couper les quelques 622 millions de dollars présentement payé par les quelques 287 000 étudiants universitaires du Québec.

Mais regardons les choses objectivement. Le 622 millions de dollars payé par les étudiants représente 12,7% du coût total de l’éducation supérieur. La balance, soit à peu près 4 milliards 278 millions de dollars est payé le reste des citoyens qu’ils aient fréquentés l’université ou pas.

Et puis bon, le fond du problème ce n’est vraiment qui paye, le problème c’est cette alternance de gel et de dégel avec lequel les politiciens semblent s’amuser. En 1968 année où l’on a gelé les frais de scolarité pour la première fois, les fais s’élevaient à 567$ par année. Or depuis 1968 le coût de la vie a été multiplié par 6.2! Si on multiplie 567$ par 6.2 on obtient 3 515$... Le coût d’une année de scolarité universitaire est aujourd’hui de 2 168$ soit un rabais par rapport au coût de 1968 de 38%! Les frais de scolarité n’ont donc pas augmenté ils ont diminué pendant toutes ces années malgré les quelques épisodes de rattrapage. Pire, avant la récente hausse débutée en 2007 les frais de scolarité étaient à 1 668$ alors qu’ils auraient dû, pour rester constant, être multiplié par 5.93 et donc s’élever à 3 362$ - les étudiants québécois payaient donc leurs études 50% moins cher en 2007 qu’en 1968!

La solution est pourtant simple, il faut fixer un taux de participation des étudiants au payement de leur scolarité et ensuite indexer les frais en fonction de la hausse du coût de la vie.

Bien sûr certains m’objecteront que le coût des études change avec le temps. Aujourd’hui par exemple il est nécessaire d’avoir un ordinateur pour faire des études universitaires alors que ce n’était pas le cas en 1968. C’est vrai, mais quand on y regarde de plus près on se rend vite compte que l’époque où cela a pu représenter un coût important est depuis longtemps révolue.

En 1994 quand ma blonde a fait son bacc en administration elle devait avoir un ordi. Elle a donc allongé son prêt pour s’acheter un Mac, un LCIII, 33Mhz avec coprocesseur mathématique par la modique somme de 3 800$ sans modem – une somme qui équivaut aujourd’hui à 5 165$ soit tout près de 10 fois ce qu’il en coûte aujourd’hui pour avoir un ordinateur portable digne de ce nom et non pas une machine à écran cathodique qui pèse une tonne!

Bref, je suis tout à fait d’accord avec une hausse de frais de scolarité conséquente avec ce qu’il s’est fait historiquement. Mais je suis également conscient que les études supérieures ne sont, de par leur frais, pas accessible à tous et pour un gars de gauche c’est embêtant… On parle beaucoup d’égalité intergénérationnelle, hé bien c’en est une autre forme.

Et puis, enfin, si les étudiants sont foncièrement contre la hausse et pour l’accès universel et gratuit pour tous, qu’ils cessent de manifester, qu’ils aillent à Québec chercher la version détaillé du budget et qu’ils soumettent d’autres solutions de financement.

.jpm

11:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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