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06/05/2011

Complexité et désinformation

Je patauge ces jours-ci sur le site de Statistique Canada à la recherche de données me permettant de voir si les baisses d’impôts aux entreprises consenties depuis l’an 2000 par le gouvernement fédéral ont effectivement été compensées par la croissance engendré par celles-ci. Pas simple. Cela dit, en cliquant à gauche et à droite, je suis tombé sur le tableau des « Recettes et dépenses consolidées des administrations publiques provinciales et territoriales, par province et territoire ».

Mon passage sur cette page, m’a ramené à cette réflexion sur la complexité de réelle des données disponibles, la simplification de celles-ci lorsque résumé par de simples étiquettes chiffrées et le haut niveau de désinformation que certains génère à partir de ces derniers.

Je vous donne à titre d’exemple les taux de dépense en santé et services sociaux des diverses provinces. Comme vous le savez on martèle au Québec depuis déjà plusieurs années que notre niveau de dépense en santé (on oublie souvent de mentionner que le chiffre inclus également les services sociaux – première source de désinformation) est intenable, qu’il est le pire au monde et que nous allons frapper un mur. S’il est clair qu’il y a un problème au niveau du financement de la santé, il est loin d’être unique au Québec.

La part du budget consacré à la santé et aux services sociaux au Québec est de 53.9%. Je sais, généralement on parle de 43 à 46%, je ne sais pas comment ils font le calcul sur cette page de Statistique Canada. Reste que l’Ontario n’est pas bien loin avec 53.2%. Même la très riche Alberta consacre 43.3% de ses dépenses à la santé et aux services sociaux.

Maintenant, pour vous prouver que tout dépend de ce que l’on fait entrer dans le calcul, je vous donne les pourcentages pour les seules dépenses en santé (sans les services sociaux) : Québec 27%, Ontario 37.7% et Alberta 30.8%!

Est-ce à dire que l’on peut couper allègrement dans les services sociaux pour redresser la situation au Québec? Pas évident, tout dépend de ce qui est comptabilisé dans les soins de santé dans ce tableau ou si en fait, le calcul est le même pour chaque province.

Allons faire un tour du côté de l’administration publique. Toujours selon le tableau mentionné ci-dessus, les dépenses à ce chapitre au Québec représente 2.1% des dépenses alors qu’en Ontario c’est 1.5%, une différence de 600 millions de dollars! Tout ça pour administrer 27 milliards de moins, ça n’a pas de sens. Alors, on regarde un peu plus loin et on voit en bas du tableau : « Transferts à des fins générales aux autres composantes de l'administration publique ». Je fais la somme, Québec dépense alors 3.2% en administration publique et l’Ontario passe à 3.1%. Et la riche Alberta qui gère si bien ses dépenses est à 3.6%...

Ainsi donc il faut faire très attention aux chiffres qui nous sont présentés. Malheureusement les divers chroniqueurs et faiseurs d’opinions (dont l’Institut Économique de Montréal fait partie malgré son nom qui respire la neutralité) ne mettent que très rarement des notes de bas de page dans leurs textes.

Oh, et en passant, la championne de l’économie au Canada, ce n’est pas l’Alberta malgré tout son pétrole, c’est la Saskatchewan qui a obtenu un surplus de 21,6% dans son budget de 2009!

.jpm

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