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11/05/2011

Les libertariens et la droite : une première différenciation

J’ai déjà parlé des libertariens par le passé soulignant entre autres qu’on allait en entendre parler de plus en plus, mais la distinction entre la pensée de la droite fiscale et celle des libertariens n’avait pas encore été faite dans les grands médias. Le terme lui-même, « libertarien » n’avait pas ou très peu été utilisé.

Cet état de fait vient de changer. En effet, la libertarienne la plus en vue du Québec, Nathalie Elgrably, vient de recevoir une réponse officielle à l’une de ses missives par un économiste de droite, lui aussi bien en vue, qui a tenu à se distancier de la pensée libertarienne. Voici un court extrait du texte de Pierre Duhamel :

« Comme vous,  je n’aime pas les déficits et les dettes de l’État. Comme vous, je trouve que les gouvernements ont souvent la tentation de se substituer au marché et de trop intervenir dans la vie économique. Pourtant, chaque jeudi en vous lisant dans le Journal de Montréal, vous me faites réaliser que je ne suis pas libertarien. Contrairement à vous, je ne suis pas contre toutes les politiques sociales, je ne m’oppose pas à toutes les subventions aux entreprises et j’estime que l’État a un rôle à jouer dans le soutien à la culture. »

Cette première différenciation se fait autour des subventions accordées aux artistes. Des subventions décriées par Mme. Elgrably de façon plutôt méprisante. Cela dit, à sa décharge, elle est contre toute forme de subvention, voyez ce texte de l’IEDM où elle remet en question les subventions, congé de taxes et d’impôts aux entreprises, mais bon vous l’aurez compris il est beaucoup plus facile et à la mode de taper sur les subventions faites aux artistes et à la culture – comme le souligne à bon droit M. Duhamel, il est moins bien venu de taper sur la main qui nous nourrit.

Le plus pernicieux dans toute cette histoire c’est que les subventions faites aux grands éditeurs que sont TVA publication, groupe Archambault et autres Sogides (distributeur) sont comptabilisé dans les subventions tant décrié à la culture et qu’elles en représentent un part importante et aisément vérifiable puisque publié par les gouvernements  alors que les subventions et autres cadeaux fait aux entreprises sont « implicite et les données précises quant à leur importance sont souvent indisponible » - dixit Nathalie Elgrably.

Je vous en ai tout de même trouvé un petit exemple (sic) celui d’Alcan. L’entente signée avec l’entreprise en 2007 qui incluait un tarif préférentiel, des rabais d’impôts et autres nous coûte actuellement tout près de 250 millions de dollars par année. À la fin de l’exercice cette entente nous aura coûté plus de 3 milliards de dollars – et ça, ce n’est qu’une seule entente avec une seule entreprise alors de grâce, arrêtons de taper sur les artistes.

Je vous encourage à aller lire le texte de M. Duhamel et également la lettre (commentaire no.49) de Jean-Philippe Joubert qui va dans le même sens que M. Duhamel, mais qui y développe un argumentaire sur les subventions à l’expression littéraire et artistique dans la société qui vaut vraiment le détour. Je vous laisse sur son excellente conclusion.

« Vos idées ne sont pas les miennes. Mais ces idées peuvent exister, mon gouvernement s’en assure grâce aux subventions qui vous ont été versées indirectement. Des idées qui intéressent un faible pourcentage de la population. Tout comme mes spectacles, à vous lire. Mais voilà ces idées peuvent co-exister. Ça aussi, c’est la démocratie. »

.jpm

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