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12/05/2011

Culture de la subvention

Si hier je mentionnais que les subventions sont nécessaires au développement de l’industrie culturel, tout en soulignant que toutes les industries ont accès à des subventions – même les grandes pétrolières qui engrange des profits de plusieurs milliards de dollars par trimestre, je poursuis aujourd’hui en décriant la culture de la subvention.

Un exemple on ne peut plus concret m’a été donné hier soir. Ma blonde, qui était de retour d’un séminaire sur l’édition numérique à Montréal, me racontait justement comment les éditeurs de livres scolaires étaient totalement à la remorque - du moins ceux qui étaient là.

Le tableau blanc interactif (SmartBord, ActiveBord) qui est déjà dans une foule de classe au Québec et dont le gouvernement Charest a annoncé l’achat massif requiert du contenu pédagogique pour être utiliser à son maximum.

Ces maisons d’éditions ont donc eu largement le temps de voir venir la chose et de commencer à développer du nouveau matériel ou même à bêtement transférer leur matériel actuel. Le truc est tellement simple que mon gars de 10 ans pourrait aisément faire des présentations. Mais voilà aucun éditeur n’a fait quoi que ce soit. Ma blonde n’en revenait tout simplement pas. Plus la journée passait plus elle se rendait compte qu’aucun des éditeurs n’avait même pris la peine d’aller voir les tableaux et commencer à voir ce qu’ils pourraient offrir comme contenu!

Il n’y a pas à dire, ils ont le marché idéal. La clientèle est captive s’ils sortent quelque chose d’intéressant et que le ministère décide de l’utiliser ils vont en vendre des centaines de copies. Mais visiblement, ils n’y connaissent rien, ne s’y intéresse pas et attendent on ne sait quoi. Le sommet de la bêtise fut lorsqu’une des éditrices s’est levée pour s’exclamer que s’il n’avait pas de subventions rapidement pour commencer le travail ils allaient perdre le marché aux mains des grands éditeurs canadiens et américain. Ça fait dur.

Bref, ils attendent tous les subventions avant de bouger, contrairement à une entreprise normale qui aurait pris les devants en développant de nouveaux produits pour se maintenir en bonne position sur le marché.

À leur décharge je dois souligner que le monde de l’édition scolaire est un peu spécial et qu’ils se sont fait royalement fourrer par les commissions scolaires ces dernières années. Les éditeurs ici prennent tous les risques quand ils font un nouveau livre et le payement pour les ventes est souvent très, très long à venir. Cela dit, ils n’ont pas vu que ce grand désavantage disparaissait avec le numérique. Une présentation ça ne se distribue pas comme un livre, ils auraient pu en profiter, mais non, ils ont préféré attendre qu’on leur prennent la main et qu’on leur donne des subventions.

Cette culture de la subvention semble bien implanté un peu partout au Québec et Mme. Elgrably et ses comparses ont bien raison de la décrier, ce n’est pas comme ça que les entreprises du Québec vont devenir performantes et rayonné à l’extérieur du pays. Ça semble encore pire pour les entreprises liés à l’État ce qui leur fait souvent dire que l’État est trop gros, mais ce n’est pas l’État qui est trop gros, c’est la culture de la subvention qui l’entoure qui est le problème.

Est-ce que cette culture va disparaître avec ceux qui l’on vu naître? Difficile à dire, mais j’ose espérer qu’un discours mesuré et identifiant les causes et les effets réel de cette culture va finir par prendre le haut du pavé et peut-être enfin changer notre façon de faire des affaires.

.jpm

11:35 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

C'est bien dommage!
Surtout qu'en prenant du retard sur la création de ces outils pédagogiques, on prend aussi du retard sur l'utilisation de ces tableaux blancs...

Écrit par : tableau blanc | 17/05/2011

Les commentaires sont fermés.