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17/05/2011

Le problème du principal agent

Je suis allé souper chez Ashton vendredi soir avec mon fils – début d’une fin de semaine de gars… Au comptoir où s’entassait d’un côté les clients et de l’autre les serveuses j’ai remarqué l’une d’entre elles après qu’elle eut été particulièrement courtoise avec moi. Elle ne portait pas la même chemise jaune moutarde de Dijon que les autres. Son « name tag » aussi était différent, il y était inscrit gérante adjointe.

La jeune dame était plus polie avec tous les clients, elle aidait toutes les autres serveuses en plus de son boulot et s’assurait que tous les clients étaient satisfaits avant de quitter le comptoir de commande. C’est souvent comme ça avec les gérants chez Ashton. Quand ils sont là, on les remarque, ils se donnent à fond. C’est normal, me suis-je dit, ils doivent avoir un bonus lié à la bonne performance de leur restaurant. Ça m’a rappelé un des problèmes classiques de l’économie, celui du principal agent.

Le problème du principal agent est lié au fait qu’il est impossible pour un patron de s’assurer que ses employés travaillent toujours dans les intérêts de l’entreprise ou pour les actionnaires que les patrons travaillent dans leur intérêt. Et, au-delà du problème, il y a l’étude des solutions. L’une d’entre elles consiste à faire participer les employés aux profits de l’entreprise de façon à ce qu’il y ait un lien direct entre leur performance et leur rémunération, mais sans rendre le salaire trop volatile non-plus.

Je crois que la mesure est intéressante et qu’elle gagnerait à être plus largement implanté et pas nécessairement en avantages salariaux seulement. La mesure motive généralement les gens et augmente le sentiment d’appartenance à l’entreprise. En tous cas ça a l’air de bien fonctionner chez Ashton.

Cela dit, si le problème du principal agent est largement étudié en économie son contraire l’est beaucoup moins, il n’a d’ailleurs, à ma connaissance, aucun nom. En effet, qu’en est-il de ces actionnaires qui ne pensent qu’à leur portefeuille et pas au bien-être à court et long terme de l’entreprise, qu’en est-il des patrons qui prennent des décisions qui servent leurs intérêts personnels avant tout (i.e. bien paraître en tant que patron avant tout)?

Hé bien, il semble que ces problèmes ne soit pas suffisamment pressant pour que les économistes d’y intéressent… Ou est-ce plutôt que la vision des économistes est, comme beaucoup le laissent entendre, centré sur la performance économique aveugle et la croissance à tout prix? L’absence de nom pour ce problème parle de lui-même il me semble.

.jpm

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