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31/05/2011

Le système de santé au Québec

J’ai souvent parlé du système de santé au Québec. J’ai souvent dit qu’une des façons d’améliorer sensiblement le système était d’en inverser le financement. Ce n’est pas mon idée, je l’ai piqué à Joseph Facal, qui l’a probablement piqué à quelqu’un d’autre. Mais cette idée m’a séduite. En effet, pourquoi envoyer de l’argent aux hôpitaux avant même de savoir ce dont elles vont avoir de besoin alors que l’on pourrait les financer à l’acte et ainsi obliger les hôpitaux à optimiser leurs pratiques afin de pouvoir traiter plus de patient et obtenir plus de fonds.

Mais voilà, sans être le système américain totalement privatisé c’en est suffisamment proche pour que l’inversion du financement en hérite des travers, c’est-à-dire l’envoie de patients faire des tests supplémentaires, mais inutile dans le seul objectif de faire entrer plus d’argent dans l’établissement. C’est d’ailleurs là, la raison principale pour laquelle le Vermont est en train de mettre en place un système de santé très près de celui du Québec. Les assurances et la médecine privée coûtent actuellement très cher aux américains à cause, entre autres, de ces réclamations injustifiés.

Alors que faire? Y a-t-il une façon autre de financer les établissements de santé?

Hé bien si les deux modes de financement que l’on connait semblent tous deux avoir leurs inconvénients il faut noter que notre système coûte moins cher que le système américain et qu’il couvre tout le monde même s’il est un peu moins efficace – et je pèse mes mots quoi que les québécois en pense notre système n’est pas largement moins efficace que celui de nos voisins du sud.

Cela dit, il y a toujours la possibilité qui fait du chemin au Québec de faire entrer le privé dans le système. Voici deux façons de le faire, l’une par le bas, l’autre par le haut. L’une viens de Singapour, l’autre d’un collègue et ami (merci Yann) qui pour moi est totalement nouvelle.

À Singapour, les gens se doivent d’avoir une assurance privé qui couvre les besoins usuels, les petits bobos, les foulures, les cassures, bref tout ce qui est relativement courant et peu couteux à traiter. Cette assurance est souvent partagé entre le citoyen et l’employeur, un peu comme nos assurances au travail (version pas de lunettes, pas de dents). Ensuite pour ce qui est grave, maladies dégénératives, opération à cœur ouvert, etc., c’est l’État qui prend la relève. Dans un cas comme dans l’autre, c’est l’État qui contrôle les coûts et c’est le privé qui dispense les soins.

Les dépenses en santé ne représente que 3% du PIB à Singapour ce qui est exceptionnellement bas, la plupart des pays occidentaux se situant plus autour de 10% - sauf pour les États-Unis qui ont la chance d’avoir le système de santé le plus couteux au monde y consacrant 14% de leur PIB annuellement.

L’autre approche, appelons-là l’approche Vasseur, consiste à fournir l’ensemble des soins à travers un mixe public/privé où les soins de base, qu’ils soient mineurs ou majeurs, sont défrayés et contrôlé par l’État et où un bouquet d’attentions particulières, chambres plus spacieuses, repas gastronomique, plus grande présence médicale, etc., sont offert par le privé, moyennant rétribution bien sûr, payable sur place ou en assurance, dans les étages supérieurs, payé également par le privé de l’hôpital.

Ce système serait simple à mettre en place et on peut imaginer une foule de partenariat permettant des soins à valeur ajouté pour ceux qui en veulent plus et qui ont les moyens de payé.

Est-ce que l’un et l’autre de ces systèmes désengorgerait les urgences? Probablement pas, mais par contre les deux apporteraient de l’argent frais au système et redistribueraient les tâches ce qui pourrait à terme permettre des ajustements bénéfique pour l’ensemble du système.

Cela dit, pour régler l’engorgement, l’approche irakienne est fort intéressante. Le système de tri et de filtration local assure que personne ne se rend à l’hôpital pour rien. Je ne suis pas un expert dans les lois de la santé au Québec, mais je crois que ce genre d’agence pourrait même être mis sur pied par le privé, une espèce de service payant (50 cents par appel) où l’on vous dirige vers l’urgence la moins engorgé, la clinique ou le CLSC le plus approprié.

Quant à toutes ces plaintes concernant le milieu hospitalier… Je dois dire que j’ai eu l’occasion de parler avec des infirmières, comme avec des enseignantes d’ailleurs, et un grande part du problème ne sembla pas venir de la tâche elle-même ou des « clients » mais bien plus de la mauvaise administration et des gestionnaires qui font leur boulot tout croche. Alors s’il y a quelque chose à ajuster dans les services publics c’est probablement la gestion de ceux-ci.

.jpm

Ajout : Je viens encore de voir cette même connerie... Au Québec on attend 12h en moyenne à l'urgence! C'est un raccourcit syntaxique des journalistes repris à qui mieux mieux par ceux qui aime dénigrer le Québec. Personne n'attend 12h dans les urgences du Québec avant d'être vu. Les chiffres qui circulent représente la moyenne de temps entre l'entrée et la sortie de l'urgence - traitement compris! Donc oui on passe 12h à l'urgence, mais pas qu'à attendre, les soins, examens supplémentaires et temps de stabilisation sont également inclus. Non, le système n'est pas parfait - ce n'est pas ce que je dis - mais de grâce il faut cesser de se donner collectivement l'impression que la situation est pire que ce qu'elle est.

11:09 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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