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10/06/2011

Être utile

Nous sommes dans un blitz d’entrevue ces jours-ci au bureau. Mais, contrairement à l’habitude, le gens que nous rencontrons ne sont pas des technologues avec quelques années d’expérience. Ce sont plutôt des gars qui ont un secondaire cinq ou quelques années au cégep, mais qui n’ont pas complété de diplôme et qui depuis un certain nombre d’années se promènent de boulot en boulot au gré du vent.

Ils ont travaillé chez Tim Horton, dans un entrepôt de fruits et légumes, comme commis dans des grandes surfaces, dans des garages. Ils ont planté des arbres dans la vallée de l’Okanagan, desservis des tables à Montréal, chargé du bois dans le Nord et fini par aboutir dans les hautes technologies à Québec grâce à un contact qui leur a fait miroité une bonne job dans de meilleurs conditions.

Comme nous formons nos gens et que nous engageons plus souvent qu’autrement des diplômés dont nous connaissons le parcours scolaire, nos entrevues servent plus à connaitre la personne, à voir si elle va cadrer avec l’équipe et si a envie de travailler avec nous. Les questions portes sur plusieurs aspects du travail en équipe, sur l’approche en R&D, sur les loisirs et il y a cette question que j’aime bien : Qu’est-ce qui te motive à venir travailler ?

À part la trop classique blague « le chèque de paye » que l’on ne nous fait heureusement pas trop souvent, les gens répondent généralement – comme vous le feriez probablement – que c’est l’intérêt d’apprendre, la joie du travail accomplie, le goût de se dépasser, d’apprendre, la vision des projets qui se concrétisent après de nombreux efforts, etc.

Avec les gars que l’on passe de ce temps-ci en entrevue, c’est très différent. La plupart sont incapable de répondre à cette question. Ils n’ont aucune idée de la raison pour laquelle ils se lèvent le matin, le chèque de paye est une raison réelle et profonde. Ils se sont déjà retrouvés sans le sous et ça parait. L’un d’eux m’a sortie que le fait d’être attendu quelque part par quelqu’un lui suffisait – il voulait simplement se sentir utile.

Je ne vous mentirai pas, ça m’a désarçonné. Ces gars-là ne sont pas du type que je côtoie habituellement, ils sont d’un autre monde d’une autre réalité. Cela dit, même si on sent bien qu’ils n’ont pas du tout le même rapport au travail que d’autres, cette volonté, ce besoin de se sentir utile n’est-il pas à la base de tout?

Chez les diplômés pour qui les changements d’emplois sont associés à la recherche de nouveaux défis, la question de l’utilité ne se pose pas, mais elle est là quand même, le besoin est là même si la question est régler. Pour ces gars qui vadrouillent dans la vie d’un petit boulot à un autre, la question n’est visiblement pas régler… Certains autres n’ont pas ce genre de doute, mais ils travailent parce qu’il le faut bien et se promènent de boulot en boulot sans but précis, sans motivation réelle, bref tout un autre monde.

.jpm

14:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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