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19/07/2011

Le libre marché, un cas d’espèce

Lundi dernier, le journal La Presse faisait sa une avec les profits mirobolants des compagnies privée de service de procréation assisté. Le titre est accrocheur : Traitement de fertilité, le privé fait des affaires d’or.

Le cas est fort intéressant puisqu’il s’agit d’entreprises privées qui se sont vu confier une exclusivité par le gouvernement – le type d’ingérence que la droite libertarienne décrit généralement en soulignant que ça fausse le marché et que le consommateur, le gouvernement dans ce cas-ci, se retrouve à payer plus cher que dans un marché libre. Voyons-y de plus près.

L’article commence par souligner que lesdites cliniques ont connues une hausse de bénéfice de 200% et que leurs marges de profits avoisinent les 70%. Nos amis libertariens vont bondir sur ces chiffres c’est certain et ce sans discernement. « Des marges des 70%, si on était en condition de libre marché ça n’arriverait pas! » Que les bénéfices soient à la hausse, pas de problème. C’est normal, il y a plus de clients, vue la « gratuité » et cela a fait bondir les ventes et donc les bénéfices.

Par contre les marges de profits laissent croire que la compétition n’est pas très forte. Encore ici la droite va crier au non-respect du libre marché, mais s’ils lisaient un peu plus loin, ils verraient que le chef de la direction d’Opmedic souligne que les profits étaient les mêmes avant que le gouvernement ne s’implique. Il va même plus loin en mentionnant que tous ces profits ne viennent pas uniquement des traitements de fertilité, que d’autres secteurs tel les tests, sont des « …activités qui dégagent des marges quasiment astronomiques, indécentes. »

Mais le problème de fond n’est pas là, Opmedic ment peut-être pour rendre ses profits plus acceptable, c’est que la droite pourrait dire et ce sera encore la faute du gouvernement.

Or pour que le libre marché fonctionne il faut qu’il y ait une bonne compétition. Ces profits astronomiques montrent qu’elle n’est pas au rendez-vous. Pourquoi? Parce que le gouvernement a faussé le marché dira la droite, mais c’est faux, une petite recherche sur internet permet de se rendre compte rapidement que les joueurs dans le milieu de la procréation ne sont pas nombreux et que les quatre entreprises sélectionné par le gouvernement sont les plus gros joueurs, ceux qui généralement dictent les prix. Et pourquoi n’y a-t-il que très peu de joueurs? Les gros profits ne devraient-ils pas attirer d’autres entreprises tel que le laisse entendre la théorie économique? Certes, mais il y a de sérieuses contraintes à lancer une clinique de ce type. À preuve, le médecin qui pratique au public recevra 350$ pour son intervention alors que celui travaillant au privé en recevra 4 600$ puisqu’il doit défrayer lui-même les coûts d’utilisation de l’équipement.

Ainsi même dans un libre marché, certain type d’entreprises peuvent faire des profits mirobolants et dans le cas qui nous occupe même si le gouvernement s’en mêle depuis près d’un an, le marché n’a pas été faussé et les importants profits réalisé par ces entreprises en sont pas dû à l’intervention du gouvernement. D’ailleurs, la présence de l’État va peut-être même contribuer à faire diminuer les profits puisqu’il compte bien réviser les ententes avec le privé sous peu et qu’il ne manquera pas de souligner que la « gratuité » a fait augmenter la demande et donc que des économie d’échelle doivent être applicable – et les patrons des cliniques en sont bien conscients.

.jpm

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