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26/07/2011

Le modèle québécois

Je viens de terminer un cours sur l’économie du Québec… Ne portant finalement que peu sur l’économie au sens chiffré du Québec, le cours s’est beaucoup plus centré sur la situation économique du Québec et sur le fameux modèle québécois.

Comme tout le monde, j’aurais eu de la difficulté à expliquer ce qu’est vraiment le modèle québécois si on me l’avait demandé avant ce cours. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus clair et j’y vois mieux les avantages et les inconvénients.

Mais bon, c’est quoi le modèle québécois? Hé bien ce qu’on en retient en termes simples et clairement simplifiant c’est que c’est un modèle où l’interventionnisme gouvernemental est encouragé. Ses origines sont historiques et nous n’avons que peu fait pour rectifier le tir, puisque ce modèle nous sert bien et qu’il semble plaire à une majorité, même si la soupe commence à chauffer depuis quelques années.

Les avantages de ce modèle sont clairs et perceptibles. Collaboration étroite du gouvernement et des diverses instances de la société civile y compris les entreprises et tout ce qui les entoure. Grande redistribution des revenus. Niveau élevé de protectionnisme économique, visible par les divers sauvetage et programmes d’aide.

Si les avantages sont bien connus, les inconvénients le sont moins. Et, quand je parle d’inconvénients, je parle de réalités bien concrètes qu’il est tout à fait possible de surmonté sans mettre la hache dans un système qui compte son lot d’avantages.

Les deux principaux problèmes lié à notre système fortement interventionniste (et donc par définition de gauche, même si on prend de plus en plus de décisions basé sur une réflexion de droite) sont le poids des groupes de pression et, bien sûr, l’interventionnisme de l’État dans l’économie – ou du moins dans une part de celle-ci.

Commençons avec les groupes de pression. Il peut s’agir ici autant des producteurs de lait, des journalistes indépendants que du patronat ou des grands syndicats. Au Québec on pratique beaucoup l’écoute, on cherche le consensus et c’est très bien. Le problème c’est que plus souvent qu’autrement, ce sont de petits groupes bien organisé et avec des intérêts bien précis qui font de pression sur le gouvernement. Mis simplement, ces groupes militent pour avoir un avantage économique ou social qui leur permettra de faire grossir leur part du gâteau plutôt que de travailler à faire grossir le gâteau. Ceci mène bien sûr à des positions opposé et à des débats houleux desquels beaucoup ressortent frustré – tout comme le reste de la population qui, voyant l’avantage consenti, voudrait bien elle aussi avoir son petit avantage.

Évidemment on pourrait croire que tous les petits avantages s’équivalent, mais ce n’est pas le cas. Et puis la recherche constante d’une plus grosse part du gâteau, comme la vie politique conflictuelle ne rime pas nécessairement avec richesse collective.  Régler le problème n’est pas simple, mais plusieurs pays le font avec des systèmes d’interlocuteurs privilégiés ou de système d’avantage à échéance, pour éviter le problème des acquis.

Le second problème important est celui de l’intervention de L’État dans l’économie. On l’a vu la semaine dernière avec l’aide versé au chantier maritime Davie, chaque versement d’aide se fait au détriment d’un autre usine ou d’un autre secteur. Dans ce cas-ci c’est le chantier Verreault qui écope. Concurrence déloyale, perte éventuelle de contrat et perte de personnel. Les subventions faites au régions-ressources ont aussi ce genre d’effet. Quand on subventionne une entreprise en région son concurrent montréalais en souffre… Pareil pour le programme de technologie de l’information au centre-ville de Québec il y a quelques années.

Cela dit, il se peut dans certains cas que les bénéfices pour la société dans son ensemble soient plus grands que les pertes, mais ce n’est pas toujours le cas et lesdits cas sont complexes à évaluer. Idem pour les sauvetages d’entreprise.

Bien sûr, laisser tout ça à la main invisible du marché peut sembler hasardeux. Le regroupement des entreprises des technologies de l’information au centre-ville de Québec a créé une dynamique impossible à construire sans un brin de main visible. Cela dit, on ne peut pas toujours sauver les entreprises et faussé la concurrence. Reste que le marché est implacable et il jette les vieux employés comme de vieilles chaussettes alors l’État a le devoir d’intervenir. Mais il peut intervenir autrement, entre autres, par des programme de formation continu ce qui a été implanté dans plusieurs pays Scandinaves avec un grand succès.

Voilà le modèle québécois en quelques grandes lignes. Pour ceux que le livre d’où je tire cette science intéresse, il s’agit de L’Économie du Québec : Mythes et Réalité de Gérard Bouchard. Le livre se lit très bien, les exemples sont très clair, c’est simple et concis en plus d’être accessible à tous. Un avertissement cependant, le point de vue de l’auteur est surtout libertarien et très peu d’alternatives sont proposé – c’est un livre de constat qui se veut le plus objectif possible. Reste que pour les mordus c’est une bonne façon de parcourir l’argumentaire de base de la droite économique.

.jpm

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