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31/10/2011

Indignation : Les causes

J’ai beaucoup lu sur le mouvement des indignés depuis la mi-octobre. Internet, journaux divers, dernier numéro du magazine L’Actualité, j’ai pris tout ce que je pouvais. Bien des textes commentent sans rien dire, beaucoup décrivent sans entrer dans le vif du sujet et une foule d’autre font de brefs survols mentionnant justement la difficulté de cerner  le mouvement…

Le message n’est pas clair, les revendications sont absentes, drôle de manifestation dites-vous. En effet, les causes sont floues – tous ne connaissent pas le système économique à fond, mais les effets sont clairs. Le chômage, l’effritement du pouvoir d’achat, les super-riches qui gèrent le monde, ça c’est facile à voir. Pourquoi n’y a-t-il pas de revendications? Même chose que pour les causes, ce n’est pas évidant. Une meilleure redistribution de la richesse, excellent, mais comment? Et d’ailleurs n’est-ce pas une bonne chose qu’il n’y ait pas de revendication, il me semble que ça laisse de la place à nos élites politique pour se creuser la tête un peu plutôt que « d’accéder » à des revendications trop simple par le billet de promesses creuses…

Mais revenons aux causes. De toutes mes recherches, les deux trucs les plus intéressants que j’ai vus sont une entrevue de Pierre-Yves McSween (Économiste aux HEC) donné à Gérald Fillion, et une discussion à l’émission Bazzo.tv entre Éric Pineault (Sociologue à UQAM) et Jacques Nantel  (Économiste aux HEC).

Dans la courte, mais très intéressante, entrevue de M. McSween j’ai tout particulièrement aimé l’analogie qu’il a utilisé pour expliquer l’économie extractive (celle des intermédiaires) dans laquelle nous vivons. Il part du classique de l’économie – deux économies qui produisent des biens et qui les échanges, le système d’avantage comparatif à la base de toute notre pensée économique passez lire wiki pour plus de détails… Donc il part du système deux iles, deux produits et y ajoute un pont permettant l’échange et mentionne que ce pont c’est notre système financier et que c’est celui qui gère le pont qui, au bout du compte, dicte les termes de l’échange et donc l’économie. Très éclairant.

Dans le segment sur la classe moyenne de Bazzo.tv, les échanges entre le sociologue et l’économiste sont fort intéressant. Tout y passe de la classe moyenne à la lutte des classes, en passant par le système financier. C’est très touffu et heureusement c’est sur le net alors on peut le réécouter autant que l’on veut.

Le point de départ, fort intéressant de M. Pineault, c’est que la classe moyenne n’est pas apparue toute seule, c’est une création de nos gouvernements et que sa forme est en train de changer. Quelques chiffres de M. Nantel  viennent appuyer ses dires : Au Québec (un des endroits au monde où la redistribution est encore relativement bonne) la classe moyenne qui représente 43% des ménages obtient 37% des revenus, paye 25% des impôts et possède moins de 40% des actifs alors que le « upper class », les 4% les plus riches, obtiennent 50% des revenus, payent 70% des impôts et possèdent 67% des actifs…

Alors, nous avons une partie de la cause, la financiarisation des échanges et du système économique et ses effets un effritement de la classe moyenne. Au rayon des causes, M. Nantel en a ajouter un peu plus. Normalement dans un système économique équilibré, les ménages engagent 50% des dépenses, les entreprises 25% et les gouvernements 25% or aujourd’hui aux États-Unis, c’est 80% des dépenses qui sont engagés par les ménages et au Québec, tout comme au canada c’est à peu près 70%. Ah, mais les entreprises investissent encore .. dans des produits financiers. Plus rentables et plus sûr, ils ont séduit tout le monde, même la classe moyenne est coupable, on veut des bons fonds de pension. On les veut sûrs et payants alors on laisse tomber l’usine du coin et on investit dans les banques et on spécule sur le pétrole.

Où est la solution? Les gens d’Occupy Wall Street le disent de par leur mouvement, il faut « définanciarisé » le système…

.jpm

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