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02/12/2011

L’art de faire mentir les chiffres

C’est avec une régularité déconcertante que l’on nous sert cette interminable rengaine sur ces pauvres fonctionnaires qui gagnent moins qu’au privé. Encore hier, Le Devoir titrait (enfin, sous-titrait, pour être précis) : « Les salaires du secteur public sont inférieurs de 11,3 % à ceux des autres salariés, selon l'Institut de la statistique du Québec ».

Or grâce aux hyperliens des articles disponibles en ligne il nous est maintenant possible de vérifier les sources, des sources qui en l’occurrence nous viennent de l’Institut de la Statistique du Québec, de son communiqué officiel… Et, vous allez le voir, les sources donne un tout autre message que celui contenu dans le sous-titre du Devoir.

En effet en parcourant le texte de l’ISQ on se rend compte que ce n’est pas les salaires du secteur public dans son ensemble qui sont plus bas que le privé, mais les salaires des employés de l’administration québécoise. Mieux, si on poursuit la lecture on découvre que si l’on tient compte des avantages sociaux (quelle idée de fou de les exclure de la comparaison au départ) le corps administratif québécois n’est qu’à 6,1% des autres salariés québécois.

Mais le pire c’est qu’en fait les autres salariés québécois inclus le reste de la fonction public et que quand on compare le salaire de l’administration québécoise au privé on « note toutefois la parité » dit laconiquement le rapport!

On est donc finalement à l’opposé de ce que laisse entendre l’article du Devoir puisque la parité est atteinte en incluant les « autres salariés de l’État » c’est donc que le privé gagne moins que l’administration publique québécoise!

On le confirme ici : « Les débours de l’administration québécoise pour les avantages sociaux sont inférieurs à ceux des employeurs des autres salariés québécois (23,4 % du salaire contre 26,0 %); ils sont toutefois équivalents à ceux du secteur privé (23,0 %). Quant aux débours relatifs à l’ensemble des avantages sociaux et des heures chômées payées dans l’administration québécoise (40,2 % du salaire), ils sont similaires à ceux observés chez les autres salariés québécois (40,3 %) mais plus élevés que dans le secteur privé (35,8 %). »

Alors voilà, c’est écrit noir sur blanc, la fonction publique dans son ensemble gagne plus que le privé de près de 5% et tout ça en travaillant moins d’heure! Alors lâchez-nous les avec vos salaires plus bas! Et ne venez pas inclure ici les médecins et les grands patrons, ce ne sont, dans un cas comme dans l'autre pas des salariés.

.jpm

Commentaires

Il y a encore plus étonnant.

Dans mes archives il y a des reportages disant que les travailleurs, fonctionnaires et dépendants de l'état, accaparent 34 milliards en salaires, du budget du gouvernement du Québec. Cela, pour 475,000 dépendants.

Cela donne une moyenne de 71,579 $ le dépendant du public. Comparé au revenu personnel moyen de quelque 34,000 $ publié par cette même ISQ.

Comment l'ISQ et les médias peuvent-ils perpétuer cette fraude ? En prétendant que le dépendant du public s'appauvrit.

Quand dans les faits, au départ, le public empoche plus du double en salaire, de la moyenne du privé.

CH

Écrit par : Christian | 28/12/2011

J'imagine que dans les "dépendants" on inclus les médecins, avocat et autres bien rémunérés du gouvernement, qui hausse fortement la moyenne...

Cela dit, on oublie également toujours les conditions de travail, non-monnayable du type possibilité de prendre 4 semaines de vacance d'affilé, l'accès à une année sabbatique, l'accès prioritaire au garderie en milieu de travail (à 7$), le poids électoral, etc. etc.

Écrit par : .jpm | 29/12/2011

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