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05/01/2012

Syndicats et écarts de richesse

Qui accuserait les syndicats de contribuer à l’accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres? À première vue personne, mais c’est pourtant ce qui est en train de se passer. Le conflit à l’Alcan en est un exemple, celui à la papetière White Birch en est un autre et la désormais célèbre culture de non-embauche dans le système de santé en est un autre.

En effet, dans tous ces cas, le coût d’embauche d’un travailleur syndiqué est si élevé que les employeurs et le gouvernement font tout pour les éviter. Dans le système de santé ça conduit à chaos d’horaire total et à des pertes d’efficacité énorme, mais je ne m’étendrai pas sur le sujet en santé puisque je le connais mal et que je n’ai pas les chiffres. Reste que le principe est là. Les syndicats en ont tellement demandé à chaque renouvellement de convention que l’embauche est devenue contre-indiqué.

Prenez le conflit à l’Alcan. Ce ne sont pas les salaires qui sont en cause disent les syndiqués. Faux. Le litige porte sur la sous-traitance qui elle sert à éviter le travail des syndiqués. Pourquoi? Vous avez vu leurs salaires? 34.36$ de l’heure en entrant pour les travailleurs d’usine, 35.24$/h pour les employés de bureau en supposant une semaine de 37.5h… Ça représente à 37.5h/semaine des salaires allant de 67 000$ à 68 770$ à l’entrée! Salaires auxquels on doit bien sûr ajouter les avantages sociaux et les charges fiscales déboursé par l’entreprise. Pas surprenant que les patrons cherchent à hausser la sous-traitance.

Qu’on se comprennent bien, je ne suis pas en train de dire qu’il faut éliminer les syndicats ou que les avancés des conditions de travail ne sont pas importantes, je dis simplement que certains syndicats ont exagérer, qu’ils ont demandé et demandé encore même lorsque leur conditions de travail dépassaient largement celle des autres travailleurs. Il n’y a pas un enseignant, pas un ingénieur, pas même syndiqué qui fait ce genre de salaire à l’embauche.

Il n’est pas normal, comme il nous est arrivé ici il y a quelques années, qu’un gars qui travail à temps plein depuis près d’un an, nous quitte pour une job sur appel à temps partiel à la White Birch parce que même à trois incertains jours par semaine c’était largement plus payant que chez-nous…

Bref en demandant trop, en exagérant leurs demandes les syndicats ont fermé la porte à une foule de jeunes travailleurs qui n’auront pas de poste parce que l’embauche à un poste coûte trop cher. J’ai un oncle, par exemple, qui vient enfin d’obtenir un poste à la ville de Sherbrooke après y avoir passé plus de vingt à contrat, il est au début de la cinquantaine!

Pire encore en surpayant ses employés, les entreprises ont moins d’argent pour investir dans de nouveau projets. (D’accord il y a tout un débat à faire de ce côté-là aussi, mais aujourd’hui on parle de syndicats.)

Un syndicat ayant réellement à cœur le bien de tous aurait pu, par exemple, négocié une entente où toute hausse de productivité rapportant des profits supplémentaires devait être réinvestie en transformation… Avec un modèle comme ça on aurait eu non-seulement l’Alcan mais aussi une foule d’entreprises de transformation de l’aluminium et plus de gens auraient eu des emplois payants plutôt qu’une poigné d’opérateurs très riches et une foule de sous-traitants tirant le diable par la queue.

La répartition de la richesse c’est bien sûr celle du 1% avec le reste, mais c’est aussi la distribution à l’intérieur du 99%.

.jpm

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