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06/01/2012

Démystification de quelques mythes économiques

Voici quatre citations tirées du plus récent brûlot d’Éric Duhaime démagogue en chef de la droite libertarienne.

« La gauche a tendance à croire que la richesse est limité et qu’il faut la partager. »
« La gauche croit que l’argent n’est pas créer qu’elle n’est que volé aux plus pauvres par les plus riches. »

« La droite dit que les riches créent de la richesse à partir de rien. »
« La droite croit que les riches ne gardent qu’une fraction de la richesse qu’ils produisent. »

Évidemment pour Duhaime tout est pure vérité alors que pour la gauche, du moins celle décrite par les droitistes qui occupent l’espace publique, c’est l’inverse qui est vrai. Bien sûr la réalité est plus nuancée, mais il est facile de s’y perdre. Alors voici quelques explications qui devraient démystifier tout ça.

À tout moment donné, la somme totale de l’argent disponible est finie. L’échange, le commerce est donc un jeu à somme nul et la gauche a raison de dire que la richesse doit être partagée. Dans ce jeu à somme nul, pour accumuler de l’argent il faut en soustraire à quelqu’un quelque part. Dans notre économie moderne ce prélèvement vient soit des salaires et des payements faits pour les matières premières, soit du prix exigé pour le produit. Dans un cas on ne rémunère pas suffisamment les producteurs puisque le produit vaut plus cher. Dans l’autre on surcharge pour un produit qui a visiblement coûté moins à faire. Évidemment le profit dont il est question ici a une fonction dans l’économie, mais à la base il faut soustraire à quelqu’un l’argent que l’on accumule.

D’un autre côté on peut également dire qu’à tout moment donné la somme totale de l’argent disponible s’accroit. Dans les fait, contrairement à ce beaucoup de gens croient, ce n’est pas l’État qui crée le plus d’argent, ce sont les banques qui par leur prêts créent de l’argent neuf. En effet, les banques du monde entier peuvent prêter plusieurs dizaines de fois ce qu’elles ont dans leur coffres. Le ratio dépôt sur prêt, régis par les gouvernements, oscillent quelque part autour de 5%, mais dans certains pays comme aux États-Unis, il n’y a même pas de ratio minimum, les banques peuvent donc prêter tant qu’elles le veulent. La droite a donc raison de dire que l’argent générer dans une transaction n’a pas été prise à personne.

La réalité se trouve bien sûr quelque part entre les deux et, bien malin qui saura dire exactement où elle se situe.

Maintenant, est-ce que les riches créent de la richesse à partir de rien et en gardent-ils qu’une petite fraction?

D’entrée de jeu dire que les riches créer de la richesse à partir de rien est largement exagérer. L’entrepreuneurship c’est une chose. C’est important et il faut le reconnaitre, mais démarrer une entreprise avec cinq dollars en poche c’est devenu très difficile voire impossible. Il faut des investisseurs et très peu d’entreprises fonctionnent sans aucun intrant. L’entrepreneur ne crée donc pas de la richesse à partir de rien. Il a besoin de capital, de matière première et de main d’œuvre et la création de la richesse qui peut s’en suivre sera tributaire de la participation de tous les composants. Reste que l’entrepreneur est le chef d’orchestre dans tout ça et qu’en ce sens c’est bien lui qui coordonne le tout pour créer de la richesse.

Cette création de richesse doit être récompensé et les grands patrons le font souvent grassement, c’est du moins ce que dénonce la gauche. Gérer une grande entreprise (qu’on l’ait mis sur pied soi-même ou pas) est très prenant, difficile et risqué. Il est donc tout à fait normal que PKP gagne plus que la réceptionniste à l’entrée de siège social de Vidéotron. Cela dit, est-ce que le traitement de ces grands patrons équivaut à la richesse généré? Est-ce que l’on peut sérieusement dire que le patron de Métro génère toute la richesse créée par l’entreprise? Certainement pas. Les grands patrons contribuent peut-être plus que certain à générer cette richesse mais certainement pas à la hauteur des salaires qui leurs sont versés depuis un certain nombre d’année. Il y a une chaine de production derrière ces gens et chaque maillon de la chaine est important.

Encore une fois, il est difficile de cerner exactement la part qui revient à un individu dans la création de richesse, mais à mon sens, il est exagérer de dire que les patrons ne retirent qu’une petite fraction de ce qu’ils créent comme richesse. Disons qu’au mieux ils ont leur juste part et qu’au pire ils en retirent une part disproportionné.

Au bout du compte je continuerai de dire que la gauche comme la droite peuvent facilement faire dans la démagogie et omettre volontairement de nuancer leur propos. Ceci est fort malheureux parce qu’au bout du compte ça discrédite tout le monde et ça alimente le cynisme.

.jpm

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