Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/01/2012

Du déficit d’attention

J’ai vécu une expérience très intéressante durant les fêtes autour du déficit d’attention, une expérience qui m’a fait réaliser toute la profondeur du problème, sa complexité et une part du laisser-aller qui fait aussi souvent parti de l’équation.

Voici ce qui est arrivé : Au jour de l’An, ma belle-mère, qui a un très sérieux problème de déficit d’attention, décide de sortir le champagne. Elle pose la bouteille sur le comptoir, me demande de la déboucher et part chercher les verres. Elle revient deux minutes plus tard avec cinq coupes. Je lui fais alors remarquer qu’il en manque une. Nous sommes six adultes. Mon beau-père, ma belle-mère, moi et ma blonde ainsi que le frère de ma belle-mère et sa femme. Facile à compter… Sa réponse à ma remarque : « Je n’ai pas compté. »

Elle a fait quoi alors? Elle est partie chercher des coupes et en a pris une quantité au hasard? Je ne crois pas. En retournant à la maison ce soir-là, j’ai reparlé à ma blonde de l’événement, nous avons comparé nos lectures…

Pour moi, ma belle-mère était partie chercher six coupes, mais avait perdu le nombre en cours de route et était revenu sans même se rappeler qu’elle devait les compter, elle était déjà ailleurs. Pour ma blonde, sa mère était partie pour chercher six coupes, mais s’était laisser distraire par les diverses coupes disponible, celle de son mariage, les coupes à vin, les coupes à champagne, etc. et était revenu avec cinq coupes ayant complètement oublié que nous étions six.

Nous avons alors échangé sur le déficit d’attention. Cela nous arrive tous au travail, on se lève pour aller demander quelque chose à quelqu’un et une fois sur place on a oublié ce que l’on venait y faire. Dans les cas des gens qui ont un sérieux déficit, ça arrive plus souvent. Ils se laissent distraire plus facilement ou ils perdent plus facilement le fil de leur pensée.

Il m’est difficile de comprendre comment on peut autant manquer d’attention et comment il est possible de ne pas se reconcentrer. Ma belle-mère peut bien avoir oublié le nombre de convive, mais une fois les coupes dans les mains, une fois qu’on les saisies, il me semble que l’on revient facilement à notre objectif premier et que même si on a oublié le nombre de coupe, il est facile de les recompter. Reste que comme tout le monde, il m’arrive de perdre le fil et de revenir à mon bureau les mains vides. J’ajouterais que cela m’arrive généralement plus quand je suis stressé. Et, c’est logique, on a plus de choses en tête alors il est plus facile d’en laisser tomber une ou deux. Idem pour ma belle-mère, le temps des fêtes c’est stressant pour elle.

Ainsi, le déficit d’attention est multiforme et les causes des oublis sont multiples et pas toujours facile à identifier. Le stress semble également jouer un rôle important dans l’équation – ma belle-mère est d’ailleurs une personne très stressé, elle s’inquiète de tout. Cela dit, il me semble en comprenant tout ça et en ayant eu l’occasion d’observer le déficit d’attention en plein action qu’il est tout à fait possible pour les gens qui en sont atteint de le combattre en faisant des efforts qui ne m’apparaissent pas comme surhumain.

Développer sa capacité à se concentrer, ce n’est pas hors de porter, s’habituer à se revérifier ce n’est pas impossible, loin de là. Bien sûr, utiliser du Ritalin c’est plus facile et parfois j’imagine, nécessaire, mais faire dans certains cas faire des efforts serait certainement tout aussi bénéfique.

Bref, vivre avec un déficit d’attention, ce ne doit pas toujours être évidant, mais si on en identifie les causes et si on travaille à développer sa concentration, il doit être possible de la combattre, j’en suis convaincu.

.jpm

11:42 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.