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22/02/2012

Le conformisme est-il une pathologie ?

Préambule : Aujourd’hui je fais un peu de récupération et vous propose un petit texte soumis au blogue de mon cours de Politique. Ce texte-ci tourne autour de la pensée politique de Tocqueville et de J.S. Mill, deux penseurs du 19e siècle encore très à la mode dans les cercles de droite libertarienne.

 

Le conformisme démocratique ne date pas d’hier. Déjà décrié par Tocqueville et Mill au milieu du 19ième siècle, il continue aujourd’hui à remplir la « pensée » politique de bien des gens.

 

Or bien je comprenne les propos de Tocqueville avec son « …empire moral de la majorité… »1 et que je sois tout à fait à même d’apprécier toute la problématique associé à l’adoption, par une frange importante de la population, de diverses positions politiques sans trop de réflexion personnelle, il m’est avis que d’associer ce conformisme à une pathologie est un peu fort.

 

Le conformisme lorsque pratiqué à l’excès et sans aucune réflexion quelle qu’elle soit est clairement problématique pour la bonne conduite de la démocratie. Cela dit, ce qui peut avoir toutes les apparences du conformisme n’est bien souvent qui simple calcul stratégique. Les citoyens ayant généralement comme réflexe de balancer leurs efforts vis-à-vis des résultats obtenu. Ainsi, dans bien des cas, il vaut mieux pour eux se rallier à un groupe, voire une majorité, pour faire avancer une cause qui globalement les satisfait quitte à apporter quelques nuances un peu plus tard. D’ailleurs défendre ou revendiquer une foule de positions relativement proches est probablement contre-productif dans le cadre d’un débat de société.

 

Et puis, convenons qu’il n’y a pas un nombre infini de position possible sur l’avortement ou la peine de mort. Même pour des questions plus complexe, les positions possibles sont loin d’être si nombreuse, il y aura par conséquent toujours une certaine quantité apparente de conformisme « nécessaire ».

 

Alors oui, il y a un certain conformisme parmi les citoyens dans un régime démocratique, mais loin d’être pathologique, je dirais qu’il relève de la nécessité de la cohésion et de la bonne conduite du débat publique.

 

.jpm

 

1. Alexis de TOCQUEVILLE, La démocratie en Amérique I, deuxième partie (1835), Classiques de l’UQAC, p.77

 

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