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05/10/2012

Sommes-nous trop à gauche?

Vous entendez la plainte monter ces jours-ci. Les riches ne sont pas content, ils sont un petit 2% à gagner plus de 150 000$ par an, 92 000 personnes qui empochent à eux seuls 29 milliards de dollars annuellement, et ne parle pas de leur richesse accumulé. Reste qu’ils font beaucoup de bruit. Certains pensent même déménager leur entreprises et ou eux-mêmes sous de meilleurs cieux.

C’est vrai que l’on est très taxé au Québec, mais on a des programmes sociaux très généreux – dans lesquels, je me permets de le souligner, il faudrait faire du ménage.

Mais les riches n’en n’ont rien à faire de nos généreux programmes sociaux. Ils pourraient très bien vivre sans ceux-ci et, en fait, ils semblent croire qu’ils vivraient même mieux sans ces derniers puisqu’ils en financent une bonne partie.

Je suis bien conscient comme un peu tout le monde – enfin je l’espère – que tout ceci n’est qu’une question de perception puisqu’au bout du compte, que l’on soit ici, en Ontario ou aux États-Unis ça fini par nous coûter la même chose. Ce que l’on ne paye pas collectivement, on le paye individuellement. Soins de santé, service de garde, même la pauvreté relative des plus pauvres coûte aussi cher sinon plus à la classe plus aisée aux États-Unis.

Cela dit, c’est vrai qu’il y a quand même quelques petites différences. Pour les pauvres c’est pas mal plus difficile aux États-Unis. Pas d’assurance maladie, période de chômage très courte, salaire minimum quasi inexistant. Et ici, être riche, c’est plus chiant, il y a moins de façons de contourner ses obligations fiscales et, oui, les retenues globales sont plus élevées.

Mais sonnes-nous trop à gauche pour autant?

Du côté de la perception et d’une polarisation que l’on pourrait qualifier de simpliste de l’électorat il semble que oui. La montée de la droite semble le démontrer, tout comme cette levée de bouclier contre une taxation que l’on dit excessive des riches.

C’est vrai qu’ici on a de généreux programmes. C’est aussi vrai qu’ils nous coûtent cher, mais d’un autre côté, le principal portefeuille social, la santé ne nous coûte que 12.7% du PIB alors qu’il en coûte 18% aux États-Unis avec un système livré au privé. Voilà au moins un dossier où le publique coûte moins cher. Mais ce n’est peut-être pas le cas partout.

Il faut dire qu’il y a aussi les magouilles gouvernementales qui coûtent très cher. Un petit exemple bien simple. Il y au Québec un organisme à but non-lucratif qui gère le catalogue des livres disponible au Québec. Cela nous coûte pour l’ensemble des librairies et bibliothèque de la province un gros 290 000$ par an. C’est vrai, c’est encore trop cher, tout cela devrait être automatisé et coûter trois fois rien, mais sachez également que juste avant de déclencher les élections le parti Libéral à consentis à une entreprise privé un prêt de 3 millions de dollars, soit 10 fois ce que ça coûte présentement, pour développer une plateforme identique.

Voilà qui illustre bien les idéologies gauches droites. D’un côté on dit que 290 000$ par an c’est trop cher et donc que le public n’est pas efficace et de l’autre on a tellement confiance au privé que l’on finance les projets à des hauteurs totalement démesuré (ce qui permet en passant de faire des petits cadeaux aux amis du parti).

La gauche efficace, elle, aurait gardé l’organisme à but non lucratif et aurait débloquée un budget (250 000$ ce serait déjà beaucoup) pour qu’il puisse engager les experts d’une firme privée déjà existante pour améliorer le produit.

Bon, voilà, mais je ne réponds pas à la question. Sommes-nous trop à gauche?

À mon sens le système est bien comme il est, la couverture est bonne et suffisante, même si je changerais quelques trucs comme la formation continue pour les gens sans emploi. Cela dit, je crois qu’il y a une importante révision des programmes à faire. Il faut cesser de croire que tout cela est intouchable, prêter l’oreille aux perceptions, celle que les riches payent trop d’un côté certes et celle d’une grande partie de la population qui croit ne pas en avoir pour son argent, mais surtout, il faut ramener la cohérence dans l’appareil gouvernemental et orienter l’État dans une direction commune déterminer par quelques grands objectifs.

Malheureusement, bien que le PQ soit en train de faire une partie de la job de bras que les Libéraux n’ont pas voulu faire, je ne crois pas que ce soit le parti de « gauche efficace » dont nous aurions grandement besoin.

.jpm

p.s. Et puis une courte note gauche/droite sur la corruption : Plus le privé sera fort plus il y aura de la corruption (de l’influence dans ce cas-ci), plus gouvernement est présent par une législation touffue, plus il y aura de place pour la corruption. Ainsi comme pour le reste c’est une question d’équilibre et de perception…

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