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14/11/2012

Les deux spirales économiques

Des dizaines de milliers de manifestant vont envahir les rues des grandes capitales européennes aujourd’hui pour protester contre les mesures d’austérités mises en place par les divers gouvernements.

Ils ont raison de protester. Les mesures d’austérités réclamées par les grandes agences de crédit et le FMI (qui ne sait d’ailleurs plus sur quel pied danser) sont en train de plombé l’économie des pays qui ont dû les appliquer.

Le problème est patent. C’est la spirale du ralentissement, de la récession avec au bout une éventuelle dépression. L’économie va mal, les revenus ne suffisent plus à l’État, sa dette croit trop vite et donc sa note de crédit s’abaisse. Sa dette lui coute alors plus cher et les revenus ne sont toujours pas au rendez-vous alors on coupe dans les dépenses. Les coupes sont drastique parce qu’on attend toujours trop, alors l’économie ralentie encore plus, les emplois fondent, el chômage croit, ce qui coûtent encore plus cher à l’État qui voit ses déficits croitre encore  plus vite et la nécessité de nouvelles mesures d’austérités est encore plus forte et le pays s’enfonce de plus en plus dans la crise.

L’autre spirale est tout aussi problématique. C’est celle de l’approche keynésienne. Pour éviter la récession on injecte de l’argent dans le système gonflant ainsi la dette, par contre l’économie prend du mieux, mais il faut maintenir le rythme alors on met des incitatifs en place pour attirer des entreprises. L’économie tourne, mais on ne rembourse pas la dette au mieux on évite les déficits et comme ça va bien tout le monde réclame des baisses d’impôts et des bonifications de programme, on étire un peu plus l’élastique. Puis vient un coup dur. Et là on recommence on injecte jusqu’à ce ne soit plus tenable et que la seconde spirale soit à nos portes.

Si la récession de 2008 a fortement contribué à la situation actuelle, il n’y pas que cela. L’intégration des marchés y est aussi pour beaucoup tout comme les agences de notations, le FMI et une foule d’autres instances plus ou moins liées au système financier. Mais au-delà de tous ces suspects, il ne faut oublier de pointer du doigt les précédentes crises économiques de 1980, 1982, 1992 et de 2001 et surtout le type de libéralisme économique qui occupe les esprits depuis la crise du pétrole de 1973.

En effet, cette idée de conduire l’économie mondiale par l’offre qui a précarisé les emplois et bien des domaines économique et cette volonté de croissance à tout prix, aura certainement contribué à mettre en place ce monde économiquement intenable dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Il faut par conséquent trouver un moyen de sortir de ces spirales sans nécessairement mettre en pièce tout le système. Le retour, par exemple à une économie de la demande et l’instauration d’une réserve bancaire beaucoup plus importante que les 0.5%* actuels seraient déjà un important pas dans la bonne direction – restera à voir comment on peut faire fondre des dettes qui n’ont jusqu’à un certaine point aucune raison d’être**.

.jpm


*C’est un approximatif, je n’ai pas la vraie valeur en tête, mais si elle a déjà été à 5%, elle est aujourd’hui certainement plus basse. Que représente cette valeur? C’est l’argent que les banques doivent avoir en réserve pour adosser leurs prêts donc pour pouvoir prêter 1 million, elles doivent avoir environ 5000 dollars dans leurs poches!

**Les dettes sont importantes sinon il serait possible d’emprunter sans compter ce qui résulterait en une spirale inflationniste absolument intenable. Par contre, au cours des dernières décennies, les taux d’emprunt des pays ont connu des variations qui sont à mon sens injustifiable, faisant gonfler leur dette de façon démesuré.

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