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11/01/2013

Paradoxes amérindiens

Vous suivez probablement le dossier des revendications de nos autochtones de plus ou moins près comme la plupart des québécois…

Si vous avez l’impression de ne pas trop savoir ce qu’ils revendiquent exactement, ne vous en inquiété pas trop, ils ont bien de la difficulté à le savoir eux-mêmes et les médias qui carburent au sensationnalisme n’aide rien.

Le problème est bien sûr très large, historique, social, culturel – il y a trois solitudes en effet au Canada.

On les « park » dans des réserves comme disent les uns. Plus ou moins, ils ont le droit d’habiter où ils le veulent, personne ne les oblige à vivre dans les réserves, mais ils y ont des avantages et y sont souvent nés alors ils y restent, mais voudraient mieux.

Plus paradoxale encore ils veulent profiter des avancés de la civilisation, maison, ski-doo, mais ne veulent pas y participer. Ils voudraient vivre dans des réserves où la bouffe ne coûte pas trop cher où se loger est simple et où ils ont tous les services nécessaires, mais en même temps être capable de passer la porte et de retrouver les grands espaces qu’ils chérissent.

Mais leur plus grand problème n’est pas là. Le plus grand problème est celui du déchirement interne de la communauté entre les traditionnaliste et le modernes le tout dans un structure de bande où le chef n’est pas toujours le chef…

Le village Huron à Québec est un excellent exemple d’une belle intégration. À ma connaissance ce n’est pas une réserve, mais il y a clairement un regroupement là. On y a même bâti un hôtel et un musée faisant de l’endroit une destination touristique où les Huron-Wendat peuvent vivre selon leur coutume et en tirer un certain revenu.

Bien sûr tout n’est pas parfait. Les enfants ont l’occasion de fréquenter les cégeps de Québec, mais le bois pour la chasse est un peu plus loin. Comme tous les autres amateurs de chasse au Québec ils doivent prendre des vacances et aller au Nord pour chasser. Plusieurs Hurons ont investi, dans la ville. On y retrouve entre autres, un magasin de raquette, de fabricants de chaussons et un restaurant amérindien très réputé, mais ces initiatives ne sont souvent le fait que d’une poigné de modernistes et les débat avec les traditionalistes qui ne tiennent pas à mettre leur culture en vitrine sont légion.

Bref, la question est loin d’être simple tant à l’interne qu’à l’externe, mais comme dans bien d’autre cas de détresse si la personne ou le groupe veut s’en sortir il doit y mettre du sien. Espérons simplement que le mouvement « Idle no more » saura insuffler la dynamique nécessaire à une certaine introspection de la part de la communauté et au final une volonté de prendre une direction commune.

Ensuite, ce sera à nous d’écouter et de les accompagner dans leur choix.



D’ailleurs tout ça n’est pas étranger à la situation québécoise (ou même mondiale). La crise est peut-être moins frappante, mais on va devoir tôt ou tard faire une certaine introspection collective et décider de la direction à prendre. Malheureusement j’ai bien l’impression que l’on va se faire rattraper par les événements (quels qu’ils soient) bien avant d’avoir fait nos devoirs.

.jpm

11:36 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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