Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/04/2013

Cahuzac et Martin

L’affaire Cahuzac a fait grand bruit en France et c’est normal, un ministre du budget qui cache des millions dans un paradis fiscal pour les soustraire au gouvernement qu’il représente a de quoi choquer!

Ce n’est pas la première histoire de ce genre et avec la fuite sans précédent de documents bancaires advenu récemment, ce n’est certes pas la dernière. Sur ce dernier point, vous pouvez voir le court mais fort intéressant reportage de l’équipe d’Enquête sur le site de Radio-Canada.

Certain seront tenté par le cynisme, d’autre par le défaitisme soulignant que rien n’a changé à ce chapitre malgré l’importante crise des finances publique qui sévit depuis 2008. À ceux-là je rappellerai que de 1993 à 2002 le ministre des finances du Canada, Paul Martin, celui-là même qui comme Cahuzac nous demandait de payer nos impôts était « propriétaire » d’une flotte de bateau, la Canadian Steamship Lines qui valait à la fin de son mandat plus de 600 millions de dollars, mais que cette dernière n’a jamais été enregistré au Canada et qu’elle mouillait plutôt quelque part dans les Caraïbes…

À l’époque je ne crois avoir été le seul à être mal à l’aise avec cet état de fait, mais il est clair que le malaise n’était pas assez largement partagé pour que cela ait eu un quelconque effet sur la fonction de M. Martin. La seul concession de ce côté de M. Martin fut le « transfert » de la compagnie entre les mains de ses trois fils avant de se présenter comme premier ministre – une transaction que plusieurs qualifièrent d’ailleurs de passe-passe administrative puisque Paul Martin gardait dans les fait le contrôle sur l’entreprise.

Bref, l’affaire Cahuzac fait beaucoup de bruit, c’est bien et il était temps!

.jpm

07/03/2013

La Chine se transforme

Poursuivant sa propre révolution capitaliste, la Chine continue de transformer à vitesse grand V. Je vous propose aujourd'hui deux reportage de la CBC présentés à l'émission 60 Minutes.

Le premier porte sur la bulle immobilière qui se gonfle en Chine depuis nombre d'années. J'y ai, entre autres, compris pourquoi on élevait ces grandes villes capable d'habiter des dizaines de milliers d'habitants, mais qui reste vide - ces appartements sont les 3 et 4 ième appartement des chinois riches qui y voit là une des seules façon d'investir leur argent.

On y apprend également à quel point cette bulle est sur le bord de l'éclatement et comment cet éclatement risque de changer encore plus avant la Chine, certains parle même d'un printemps chinois...

Dans le second on rencontre Zhang Xin, une milliardaire chinoise de l'immobilier qui a ni plus ni moins construit le nouveau centre de Beijing. Parti de rien, comme il n'est plus possible de le faire ici, elle a bâtis un empire immobilier avec son mari et voit pour sa part dans l'éventuel éclatement de cette bulle immobilière une possible ouverture vers la démocratie, rien de moins.

Bref la Chine n'a pas fini de changer... Bonne écoute!

.jpm

04/03/2013

Un petit hôtel

J’écoute Downton Abbey depuis le premier épisode. Ce n’est pas une série super excitante, mais elle est très bien faite. Elle a un excellent contenu historique, les intrigues son bien ficelé et surtout elle a un contenu sociologique fort intéressant. Bref c’est une bonne série et ça nous change des Walking Dead, Prison Break et autres CSI.

Lors du dernier épisode j’ai eu une seconde confirmation de cette facilité malheureusement disparue qu’il existait à l’époque d’être entrepreneur.

Je vous parlais récemment de cette annonce de Molson où l’on voyait le jeune John bâtir de ses propres mains sa première brasserie avec presque rien. Je continuais en soulignant que la financiarisation et la spécialisation de l’économie avait rendu la chose excessivement difficile voire impossible aujourd’hui.

Downton Abbey se déroule à la même époque, soit au début du XXième siècle et dans le dernier épisode de la première saison on y voit un valet de chambre et une femme de chambre faire des plans pour leur avenir commun. Celui-ci, ayant hérité de la moitié de la maison de sa mère propose à la femme de chambre de qui il est amoureux de prendre l’argent et d’acheter un petit hôtel qu’ils pourraient exploiter eux-mêmes et y élever une famille…

Vous-vous imaginez ça aujourd’hui? La mère d’un gars qui n’a pas de métier, l’équivalent d’un commis chez Wal-Mart, qui on ne sait trop comment aurait une maison dont la moitié de la valeur serait suffisante pour acheter un hôtel si petit soit-il? Impossible.

Pour acheter un petit hôtel aujourd’hui, il faut non seulement des connections, mais également des garanties (vous avez déjà travaillé dans le domaine demande le prêteur à la banque?) et une bonne mise de fond que vous aurez ramassé je ne sais comment…

Bref on fait bien du bruit autour du fait qu’il manque d’entrepreneurs, mais d’un autre côté se partir en affaire n’a jamais été aussi difficile, complexe et incertain.

Bien hâte de voir la seconde saison et ce petit hôtel…

.jpm

12/02/2013

Les corporations et le libre marché

Il y a quelques temps déjà j’avais découvert que l’université Yale donnait des cours en ligne. Ayant fait le tour, je m’étais promis de suivre le cours Capitalism : Succes, Crisis and Reform. Ça a pris un certain temps, mais j’ai fini par commencer à écouter le cours.

Un cours universitaire est un cours universitaire me direz-vous. Oui, mais vous le savez bien l’approche change avec les départements, le cours change avec le prof et oui, aux États-Unis, ils ont une approche un peu différente et donc d’amblé, c’est fort intéressant de voir ce qui se fait ailleurs.

Mais au-delà de tout cela, le cours que j’ai écouté hier intitulé Cutting the Fingers of Smith’s Invisible Hand m’a permis de constater que malgré tout ce que j’avais pu lire et entendre sur l’économie, certains aspects de base n’avait toujours pas croisé mon esprit – en voici une fort intéressante.

Douglas Rae, le prof du cours, souligne dans ce troisième cours que les grandes corporations, surtout, mais aussi les petites entreprises, ont une approche depuis l’apparition des écoles d’affaires (les business school) qui va totalement à l’opposé du libre marché idéal et donc de la supposé main invisible.

En fait les gens d’affaires ne se lancent pas en affaire s’ils sont dans un marché parfait puisque dans ce type de marché, la concurrence est très présente, les acheteurs ont une foule de choix et l’information sur les divers produits est parfaitement connue de tous et donc, les marges de profits sont minimales.

C’est un certain M. Porter qui a mis sur papier l’approche permettant de déterminer si un marché est intéressant à pénétrer. Cinq grands axes permettent de prendre une décision éclairée. Le pouvoir des acheteurs et de fournisseurs, les produits de substitution, la facilité d’entrée pour d’autres compétiteurs et la concurrence interne du secteur d’activité. Si l’un de ces axes est trop fort on n’entre pas. Si l’on n’a pas un avantage certain et important sur un de ces axes on n’entre pas.

Ainsi donc, les grandes corporations tout comme les petits entrepreneurs n’entreront pas dans un marché s’ils sentent qu’il est déjà que le marché est occupé par un joueur majeur qui détient un avantage important… Bref, non seulement le marché libre à la Smith n’existe nulle part, mais en plus personne n’est intéressé à le créer.

.jpm

p.s. Voici un exemple parlant de ce que j’avance ci-dessus: L’épicerie. Vous pensez que vous avez du choix à l’épicerie et que Tide, Downy ou Gain encourage trois compagnies différentes? Hé bien détrompez-vous et passez voir ce graphique fort explicite. L’ensemble des produits d’épicerie est contrôlé par une dizaine de géants du milieu et le même là il y a très peu de chevauchement entre les produits de ces dix grands…

01/02/2013

Réformer le capitalisme ?

C’est Marie-France Bazzo qui a posé la question la semaine dernière alors que le sommet de Davos battait son plein. Un sommet où l’on entend d’ailleurs de plus en plus de voix s’élever pour réclamer des changements au modèle d’affaire qui prime de par le monde. En effet, nombre de grands décideurs et de grands penseurs de l’économie mondiale y compris le FMI et la Banque Mondiale, commence à se rendre compte que l’on ne peut plus continuer ainsi.

Est-ce possible de réformer le capitalisme? Sans aucun doute, comme certains intervenants l’on bien souligner dans cette excellente discussion (que je vous encourage fortement à écouter), le capitalisme a déjà bien changé depuis son apparition.

Un des changements majeur est celui de notre capacité à créer de la richesse et notre grande dépendance au système de crédit.

J’ai toujours bien aimé cette annonce de Molson où l’on voit John Molson lui-même démarrer son entreprise, acheter un petit terrain, bâtir lui-même sa brasserie et se lancer en production – une chose qui est aujourd’hui totalement impossible…

La discussion se termine sur une note plutôt pessimiste de Ianik Marcil, qui continu l’échange par lui-même dans un bon texte sur Voir, à savoir que le système va péter.

Bien sûr un effondrement complet est toujours possible. Nous en avons eu un avant-goût en 2008, les choses peuvent s’effondrer rapidement et les contres-coups sont globaux. Cela dit, la beauté du capitalisme est son adaptabilité. Peut-être sommes-nous passé tout droit, notre dépendance au crédit mondial et aux marchés extérieurs nous condamne d’avance, mais d’un autre côté il est possible d’y apporter des changements mineurs qui pourraient nous permettre d’éviter l’effondrement total.

Évidement nous n’en sommes plus à de petits changement si on veut tout régler, mais comme toujours et pour tout, il vaut probablement mieux apporter une série de changement après l’autre plutôt que de tenté de tout changer en même temps. Comme on dit, la perfection et l’ennemi du mieux…

Quoi qu’il en soit des changements sont nécessaires. Le ministre Duchesne et d’autres semblaient croire que cela passait par un renforcement de l’État. Je le crois aussi, mais il faut bien voir qu’un État plus fort n’est pas nécessairement un État plus gros. Cela dit, il faut également qu’une série d’accords mondiaux voient le jour afin que les efforts locaux ne soient pas rendu caducs par un système international qui permet de déjouer les décisions locales.

Bref, beaucoup de pain sur la planche et peu de temps pour commencer à mettre de nouvelles fondations en place.

.jpm

14/01/2013

Débat autour du chômage saisonnier

En ce petit lundi, je vous laisse lire l'intéressant débat entre Alain Dubuc et Ianik Marcil sur la "réforme" de l'assurance chômage mise en place par le gouvernement Harper. C'est, pour ma part, un bon exemple des positions de gauche et de droite face au travail saisonnier et bien sûr des fondements de cette position.

Prenez également le temps de lire l'ajout de Marcil et les divers commentaires qui suivent les deux articles. Ils sont assez représentatif également et plusieurs apportent des remarques intéressantes.

Bonne lecture !

.jpm

13/12/2012

Le libre marché

C’est en répondant à une plainte d’un client la semaine dernière que j’ai réalisé à quel point le libre marché fonctionnait bien dans le monde des PME et de produits de petite consommation alors qu’il est totalement factice, voire inexistant, dans le monde des grandes entreprises de consommation de produits coûteux.

C’est bien simple, dans notre cas, si un client se plaint on se plie en quatre pour trouver une solution, une réponse. On remplace le produit ou mieux encore on reproduit le problème rencontré en laboratoire pour être en mesure d’aider notre client  à le régler et à utiliser nos produits plutôt que ceux de la concurrence. Ça nous coûte très cher, mais ces pratiques nous gardent éveillé, elle nous permettre de bien comprendre les besoins de nos clients et à améliorer nos produit et notre service.

Du côté de la petite consommation, grille-pains, pelles et chemises, les Wal Mart de ce monde se fendent en quatre pour nous vendre le meilleur compromis prix/qualité et les fabricants derrière doivent travailler d’arrache-pied pour nous offrir des produits intéressants et tentants afin que nous dépensions nos fonds discrétionnaires chez eux. C’est encore plus difficile pour les entreprises qui vendent des services…

Bien sûr, je ne dis pas que le modèle d’affaire de Wal Mart est parfait, ni celui du garage du coin, mais au moins on s’approche quelque peu du modèle de marché idéalisé que les grands défenseurs dudit modèle nous parlent toujours.

Du côté des grandes entreprises vendant des produits coûteux, c’est une autre histoire. Vous avez déjà été vous plaindre de la qualité de votre voiture chez le concessionnaire? Vous avez déjà été vous plaindre de la durée de vie de votre iMac? Trois ans et il meurt, la carte mère est fini… Les vendeurs s’en tapent, ils en sortent des millions par année, vous êtes tombé sur un citron, ça arrive, mais tant que ça ne dépasse pas 10% des ventes l’entreprise ne fera rien, pire encore, ça va prendre un recours collectif pour la faire bouger.

Plus le truc coûte cher, plus l’entreprise est grosse, plus les problèmes du consommateur son minimisé et marginalisé. Ils en vendent des millions par année et leur réputation n’est plus à faire, de toute façon, tous les joueurs de l’industrie joue exactement la même partie…

Il est où à ce moment-là le libre marché? Vous pouvez choisir entre une méga-entreprise ou une autre, mais au bout du compte, Mazda, Hyundai ou Ford, c’est du pareil au même, ils sont bien content de vous voir quand c’est pour vous faire dépenser de milliers de dollars, mais quand un problème survient, ce n’est pas garanti, c’est une statistique et puis vous pouvez bien aller voir chez le voisin ça ne m’affectera en rien – le char vous l’avez déjà acheté, il est trop tard.

Bref, le marché n’est pas aussi libre qu’on veut bien nous le faire croire et malheureusement ces qui travaillent dure sont les plus petits, ceux pour qui perdre un client fait vraiment mal, les autres, les grandes multinationales qui fond des voitures pourries ou des rasoirs qui s’émoussent après deux rasages et qui contrôle l’ensemble du marché n’en n’ont rien à foutre du client individuel, c’est un grain de sable sur la plage et rien ne peut l’amener à faire grincer l’engrenage.

.jpm

14/11/2012

Les deux spirales économiques

Des dizaines de milliers de manifestant vont envahir les rues des grandes capitales européennes aujourd’hui pour protester contre les mesures d’austérités mises en place par les divers gouvernements.

Ils ont raison de protester. Les mesures d’austérités réclamées par les grandes agences de crédit et le FMI (qui ne sait d’ailleurs plus sur quel pied danser) sont en train de plombé l’économie des pays qui ont dû les appliquer.

Le problème est patent. C’est la spirale du ralentissement, de la récession avec au bout une éventuelle dépression. L’économie va mal, les revenus ne suffisent plus à l’État, sa dette croit trop vite et donc sa note de crédit s’abaisse. Sa dette lui coute alors plus cher et les revenus ne sont toujours pas au rendez-vous alors on coupe dans les dépenses. Les coupes sont drastique parce qu’on attend toujours trop, alors l’économie ralentie encore plus, les emplois fondent, el chômage croit, ce qui coûtent encore plus cher à l’État qui voit ses déficits croitre encore  plus vite et la nécessité de nouvelles mesures d’austérités est encore plus forte et le pays s’enfonce de plus en plus dans la crise.

L’autre spirale est tout aussi problématique. C’est celle de l’approche keynésienne. Pour éviter la récession on injecte de l’argent dans le système gonflant ainsi la dette, par contre l’économie prend du mieux, mais il faut maintenir le rythme alors on met des incitatifs en place pour attirer des entreprises. L’économie tourne, mais on ne rembourse pas la dette au mieux on évite les déficits et comme ça va bien tout le monde réclame des baisses d’impôts et des bonifications de programme, on étire un peu plus l’élastique. Puis vient un coup dur. Et là on recommence on injecte jusqu’à ce ne soit plus tenable et que la seconde spirale soit à nos portes.

Si la récession de 2008 a fortement contribué à la situation actuelle, il n’y pas que cela. L’intégration des marchés y est aussi pour beaucoup tout comme les agences de notations, le FMI et une foule d’autres instances plus ou moins liées au système financier. Mais au-delà de tous ces suspects, il ne faut oublier de pointer du doigt les précédentes crises économiques de 1980, 1982, 1992 et de 2001 et surtout le type de libéralisme économique qui occupe les esprits depuis la crise du pétrole de 1973.

En effet, cette idée de conduire l’économie mondiale par l’offre qui a précarisé les emplois et bien des domaines économique et cette volonté de croissance à tout prix, aura certainement contribué à mettre en place ce monde économiquement intenable dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Il faut par conséquent trouver un moyen de sortir de ces spirales sans nécessairement mettre en pièce tout le système. Le retour, par exemple à une économie de la demande et l’instauration d’une réserve bancaire beaucoup plus importante que les 0.5%* actuels seraient déjà un important pas dans la bonne direction – restera à voir comment on peut faire fondre des dettes qui n’ont jusqu’à un certaine point aucune raison d’être**.

.jpm


*C’est un approximatif, je n’ai pas la vraie valeur en tête, mais si elle a déjà été à 5%, elle est aujourd’hui certainement plus basse. Que représente cette valeur? C’est l’argent que les banques doivent avoir en réserve pour adosser leurs prêts donc pour pouvoir prêter 1 million, elles doivent avoir environ 5000 dollars dans leurs poches!

**Les dettes sont importantes sinon il serait possible d’emprunter sans compter ce qui résulterait en une spirale inflationniste absolument intenable. Par contre, au cours des dernières décennies, les taux d’emprunt des pays ont connu des variations qui sont à mon sens injustifiable, faisant gonfler leur dette de façon démesuré.

10/10/2012

Le poids des chinois

La semaine dernière c’était la fête nationale en Chine. Tout le monde à trois jours de congé et beaucoup de chinois prennent en fait la semaine entière de congé, c’est une des deux « golden week » chinoises – la seconde ayant lieu au printemps.

Ayant une bonne part de notre clientèle en Chine, les « golden week » sont plutôt tranquilles chez-nous. En fait, ils sont très tranquilles. Les courriels tombent pratiquement à zéro et nous avons même droit à quelques journées sans commandes aucune.

Cela serait compréhensible si quatre-vingt pour cent de nos ventes étaient faite en Chine, mais elle ne compte que pour environs un tiers.

Voilà qui exprime bien tous le poids de la Chine dans notre économie. Car si les affaires tournent tant au ralentis quand ils sont en congé c’est que non seulement nos ventes directes sont affectées, mais qu’une large part de nos ventes sont liées de près ou de loin au « marché » chinois. Les produits finaux ne sont certainement pas tous utilisés là-bas, mais il est clair qu’une partie importante d’entre eux transite là-bas.

On le sait déjà la Chine est le plus grand producteur de jouets, de photocopieurs et de composant électroniques au monde et il semble bien que peu importe le domaine, surtout en haute technologie, il y a une masse énorme de produits qui passent par-là que ce soit en parti ou en totalité.

Bref, on connait tous le poids théorique de la Chine, hé bien sachez que certains connaissent également le poids bien réelle de celle-ci.

.jpm

p.s. Cela dit, ça m’a permis de faire un peu de ménage et d’avancer plusieurs dossiers qui avaient pris du retard. J’ai déjà hâte au prochain « golden week »…

05/10/2012

Sommes-nous trop à gauche?

Vous entendez la plainte monter ces jours-ci. Les riches ne sont pas content, ils sont un petit 2% à gagner plus de 150 000$ par an, 92 000 personnes qui empochent à eux seuls 29 milliards de dollars annuellement, et ne parle pas de leur richesse accumulé. Reste qu’ils font beaucoup de bruit. Certains pensent même déménager leur entreprises et ou eux-mêmes sous de meilleurs cieux.

C’est vrai que l’on est très taxé au Québec, mais on a des programmes sociaux très généreux – dans lesquels, je me permets de le souligner, il faudrait faire du ménage.

Mais les riches n’en n’ont rien à faire de nos généreux programmes sociaux. Ils pourraient très bien vivre sans ceux-ci et, en fait, ils semblent croire qu’ils vivraient même mieux sans ces derniers puisqu’ils en financent une bonne partie.

Je suis bien conscient comme un peu tout le monde – enfin je l’espère – que tout ceci n’est qu’une question de perception puisqu’au bout du compte, que l’on soit ici, en Ontario ou aux États-Unis ça fini par nous coûter la même chose. Ce que l’on ne paye pas collectivement, on le paye individuellement. Soins de santé, service de garde, même la pauvreté relative des plus pauvres coûte aussi cher sinon plus à la classe plus aisée aux États-Unis.

Cela dit, c’est vrai qu’il y a quand même quelques petites différences. Pour les pauvres c’est pas mal plus difficile aux États-Unis. Pas d’assurance maladie, période de chômage très courte, salaire minimum quasi inexistant. Et ici, être riche, c’est plus chiant, il y a moins de façons de contourner ses obligations fiscales et, oui, les retenues globales sont plus élevées.

Mais sonnes-nous trop à gauche pour autant?

Du côté de la perception et d’une polarisation que l’on pourrait qualifier de simpliste de l’électorat il semble que oui. La montée de la droite semble le démontrer, tout comme cette levée de bouclier contre une taxation que l’on dit excessive des riches.

C’est vrai qu’ici on a de généreux programmes. C’est aussi vrai qu’ils nous coûtent cher, mais d’un autre côté, le principal portefeuille social, la santé ne nous coûte que 12.7% du PIB alors qu’il en coûte 18% aux États-Unis avec un système livré au privé. Voilà au moins un dossier où le publique coûte moins cher. Mais ce n’est peut-être pas le cas partout.

Il faut dire qu’il y a aussi les magouilles gouvernementales qui coûtent très cher. Un petit exemple bien simple. Il y au Québec un organisme à but non-lucratif qui gère le catalogue des livres disponible au Québec. Cela nous coûte pour l’ensemble des librairies et bibliothèque de la province un gros 290 000$ par an. C’est vrai, c’est encore trop cher, tout cela devrait être automatisé et coûter trois fois rien, mais sachez également que juste avant de déclencher les élections le parti Libéral à consentis à une entreprise privé un prêt de 3 millions de dollars, soit 10 fois ce que ça coûte présentement, pour développer une plateforme identique.

Voilà qui illustre bien les idéologies gauches droites. D’un côté on dit que 290 000$ par an c’est trop cher et donc que le public n’est pas efficace et de l’autre on a tellement confiance au privé que l’on finance les projets à des hauteurs totalement démesuré (ce qui permet en passant de faire des petits cadeaux aux amis du parti).

La gauche efficace, elle, aurait gardé l’organisme à but non lucratif et aurait débloquée un budget (250 000$ ce serait déjà beaucoup) pour qu’il puisse engager les experts d’une firme privée déjà existante pour améliorer le produit.

Bon, voilà, mais je ne réponds pas à la question. Sommes-nous trop à gauche?

À mon sens le système est bien comme il est, la couverture est bonne et suffisante, même si je changerais quelques trucs comme la formation continue pour les gens sans emploi. Cela dit, je crois qu’il y a une importante révision des programmes à faire. Il faut cesser de croire que tout cela est intouchable, prêter l’oreille aux perceptions, celle que les riches payent trop d’un côté certes et celle d’une grande partie de la population qui croit ne pas en avoir pour son argent, mais surtout, il faut ramener la cohérence dans l’appareil gouvernemental et orienter l’État dans une direction commune déterminer par quelques grands objectifs.

Malheureusement, bien que le PQ soit en train de faire une partie de la job de bras que les Libéraux n’ont pas voulu faire, je ne crois pas que ce soit le parti de « gauche efficace » dont nous aurions grandement besoin.

.jpm

p.s. Et puis une courte note gauche/droite sur la corruption : Plus le privé sera fort plus il y aura de la corruption (de l’influence dans ce cas-ci), plus gouvernement est présent par une législation touffue, plus il y aura de place pour la corruption. Ainsi comme pour le reste c’est une question d’équilibre et de perception…

03/10/2012

L’impôt du PQ

Depuis quelques jours j’essaie de me faire un avis sur les fameuses hausses d’impôts et de taxation sur le gain en capital que propose le PQ.

Honnêtement, ce n’est vraiment pas évident. D’une part parce que l’on est très serré et que l’on doit revenir un jour à l’équilibre et d’autre part parce que l’on est déjà très taxé. Mais, avant toutes choses, il me semble qu’il faut souligner que pour atteindre l’équilibre il y a deux voies. Celle de la taxation et celle de la diminution des dépenses et, à ce chapitre, une bonne, une vraie révision de programmes et des façons de faire serait plus que bienvenue. Je ne suis pas certain qu’il y ait tant de gras que ça, mais il y a certainement une multitude de pratiques qui ne sont pas rentables et de gens à qui on demande de mettre de l’énergie sur des projets inutiles.

Mais revenons à la taxation. D’un côté il y a les particuliers à qui on demande de faire un effort supplémentaire sur lequel il court toutes sortes de faussetés. La première étant bien sur le taux d’imposition. L’IRIS a pondu un excellent texte sur le sujet, mais en gros il faut savoir que personne au Québec n’a un taux effectif d’imposition de plus de 17.5%. D’ailleurs le taux d’imposition effectif est passé pour la tranche de gens gagnant 100 000$ de 16.9% en 2000 à 14.7% en 2009. D’un autre côté parler du taux marginal d’imposition ce n’est que la moitié de l’histoire, il faut aussi parler du fédéral et des retenues d’assurance-emplois, de RRQ et de régime d’assurance parental. Sans parler des taxes à la consommation.

Cela dit, mis à part l’impôt, toutes les autres retenues ne sont pas progressives et laisse pas mal plus d’argent à la fin du mois aux riches qu’aux pauvres. D’autant plus que pour ces dernier l’impôt marginal a cru entre 2000 et 2009 de près de 1%, on est loin de la baisse de 2.2% obtenus par les plus riches.

D’un autre côté nous avons la taxe sur le capital qui risque de faire mal aux petits commerçants. Michel Girard du journal La Presse a fait l’exercice avec un fiscaliste, le résultat est fort intéressant, mais à mon sens il est en marge du réel dans bien des cas. Sommer, comme il le fait, l’impôt total de chaque palier avant de conclure qu’il reste peu dans les mains de l’entrepreneur revient à calculer le profit de chaque étape de production pour un bien et considérer que le prix de celui-ci est largement trop élevé.

Reste qu’il y a un ménage à faire du côté du capital. Il n’est pas normal qu’une multitude de compagnie paye leurs dirigeants en actions et que ceux-ci ne soient ensuite imposés que sur 50% de leurs gains. Et ce n’est là qu’un petit échantillon des problèmes liés à ce concept de gain sur capital…

Mais voilà, au bout du compte, c’est une question d’équilibre et si une part des mesures peut contribuer positivement à celle-ci je ne suis pas convaincu que l’ensemble le fera. Comme ailleurs, un grand ménage devrait être entrepris.

Dernier point. L’équilibre dans la distribution de la richesse est très important et elle doit être bien faite car si ce sont principalement les riches qui investissent, ce sont les moins nantis additionné à la classe moyenne qui, en plus grand nombre, dépensent et font rouler l’économie.

.jpm

24/07/2012

Les clips économiques de J.F. Lisée

Les vacances approchent pour moi. Je retourne dans l’Ouest Américain et je vais essayer de vous donner quelques nouvelles de cette région du monde durant mon périple…

Mais d’ici là, comme je ne veux pas vous laisser avec un grand vide devant vous, je vous propose quelques vidéos mises en ligne par Jean-François Lisée.

Les premiers clips sont issus de la tournée de conférence qu’il a faite dans le cadre du lancement de son livre Comment mettre le droite K.O. en 15 arguments. Lisée ne fait malheureusement pas le tour des 15 arguments mais il en passe plusieurs et vous y apprendrez, entre autres, que la fonction publique québécois loin d’être le monstre que l’on nous présente est plutôt parmi les plus mince au Canada. Vous y apprendrez également comment le patronat québécois vole quelques 13 milliards de dollars annuellement aux travailleurs québécois et comment cela pourrait être bien pire si l’on se fie à nos voisins du Sud.

Je vous mets ici le lien vers la conférence complète. Elle se trouve également en petites sections sur le site, mais c’est moins intéressant à écouter en petits bouts. La vidéo comporte également un bonus fort intéressant sur la souveraineté que je vous recommande fortement. Lisée est un conférencier très intéressant et amusant alors si vous n’avez qu’un clip à écouter cet été faites que ce soit celui sur la mise K.O. de la droite.

Si vous avez plus de temps – ou que vous êtes capable de faire deux chose en même temps – je vous propose le dossier sur la crise économique de 2008/12 que M. Lisée à colligé à partir des entretiens qu’il a fait au cours de la dernière année à l’émission CÉRIUM Planète Terre. Vous y entendrez Yvan Allaire, un économiste québécois de renom qui conseil les grands de ce monde au G20, Lionel Jospin, ancien premier ministre français et Samir Saul, un historien de l’économie fort intéressant qui retrace 800 ans de faillites économiques nationales.

Je vous recommande particulièrement les quatre premiers clips (et ce dans l’ordre de présentation), le cinquième étant pour ma part le moins intéressant.

Voilà, bonne écoute!

.jpm

19/07/2012

À grand frais – embauche de spécialistes

Ma blonde travail avec des oncologues ces jours-ci et elle est tombée sur deux histoires plutôt croustillantes.

Comme vous le savez, ou pas, les hôpitaux fonctionnent avec des enveloppes budgétaires pour ce genre de spécialistes. Pour les oncologues d’un certain hôpital, ils auront, par exemple, 1 million de dollars à dépenser. S’ils en ont trois, les médecins recevront un peu plus de 300 000$ chacun ce qui veut dire que s’ils en prennent un nouveau, le salaire de chacun tombe à 250 000$.

Or ces spécialistes sont rares et les hôpitaux doivent mettent le grappin dessus quand ils le peuvent. Mais voilà la première histoire : L’hôpital Notre-Dame-de-Dieu veut embaucher un nouvel oncologue parce qu’un de ceux qu’ils ont actuellement part à la retraite l’an prochain. Mais plutôt que de faire rentrer le nouveau médecin tout de suite (pour éviter de faire chuter les salaires) il l’engage et l’envoi toute dépense payée faire une sur-spécialisation de un an à Toronto – une sur-spécialisation que nous allons évidemment devoir payer ensuite pendant toute la carrière du médecin!

Mais il y a pire. Il y a aussi ce couple de médecins. L’un épidémiologiste, l’autre oncologue. L’un décroche un boulot dans un hôpital universitaire où ils y avaient un manque criant, le gars accepte la job à la condition qu’ils prennent également sa blonde. Pas de problème, fait la direction, on a justement un oncologue qui part à la retraite. Malheureusement pour nous, cet hôpital avait utilisé le même truc que le précèdent et ils avaient un jeune oncologue prêt à remplacer le futur retraité qui venait juste de terminer une sur-spécialisation à San José – à nos frais bien sûr. Le jeune homme s’est donc vu refuser l’accès à son poste et en plus l’hôpital a ajouté l’insulte à l’injure en lui demandant de rembourser sa sur-spécialisation!

Ce à quoi le jeune oncologue a répondu : Allez vous faire foutre! Avant d’ajouter qu’il allait probablement retourner à San José où ils allaient l’engager à bras ouverts. On aura donc perdu un médecin, le coût de ses études et les frais de la sur-spécialisation, tout ça pour pouvoir maintenir les salaires en place alors que l’on aurait pu avoir deux jeunes oncologues gagnant un peu moins pour le même prix.

Alors oui, les gars sur le BS qui fraudent nous coûtent cher, mais la mauvaise gestion des hôpitaux et du personnel médical nous coûte également très cher!

.jpm

28/06/2012

Rio +20 et la théorie des jeux

Le dernier sommet de Rio a accouché d’une souris, peut-être même de moins. La plupart des observateurs sont déçus. La situation est urgente et personne ne semble vouloir se commettre.

Pourtant depuis 2006, les coûts du réchauffement climatique (quelles qu’en soient les sources) dépassent largement ceux nécessaires à la mise en place des moyens servent à les contrer. En effet, les coûts du réchauffement évalué par l’ancien économiste en chef de la banque mondiale, Nicholas Stern, devraient atteindre 5 à 20% du PIB mondial alors que les solutions pour le contenir et en minimiser les effets ne coûtent que 1 à 2% du PIB mondial. Notons tout de même que 1 à 2% du produit intérieur brute de la planète c'est autour de 1000 milliards de dollars!

Devant ces sommes colossales, il n’est pas surprenant que les décisions soient longues à venir surtout si l’on comprend qu’il s’agit ici d’une situation typique de la théorie des jeux.

Il y a dans cette décision d’investir pour sauver la planète une multitude de joueurs et ces joueurs ne peuvent gagner que si tous les joueurs embarquent. C’est le dilemme du prisonnier. Soit tout le monde embarque et c’est payant pour tous, soit certains embarque et c’est très pénalisant pour eux.

Si tout le monde embarque, on règle le problème et on a collectivement un avenir plus intéressant. Par contre si certains joueurs trichent, s’ils laissent les autres investirent massivement sans rien faire, ceux qui auront investis seront doublement perdant. Ils auront perdu des sommes énormes, mais en plus ils vont se trouver en situation de compétition déloyale parce que ceux qui n’auront rien fait auront, en plus de n’avoir rien dépensé, un coût de revient plus bas parce qu’ils n’auront  mis aucune mesures anti-pollution en place. Et, ceci bien sûr sans parler du fait que ceux qui auront joué ne jouiront jamais des résultats escomptés parce que sans l’apport de tous les joueurs, les résultats seront bien évidemment moindres.

Malheureusement, la théorie des jeux ne nous renseigne pas sur la façon dont on doit régler ce type de problème. Nous connaissons la situation, maintenant il s’agit de se faire mutuellement confiance… La planète est peut-être encore un peu trop grande. Espérons simplement qu’il ne sera pas trop tard le jour où nous nous déciderons finalement à agir ensemble.

.jpm

14/06/2012

Mal hollandais, productivité et politique extérieure

Je vous ai déjà parlé du mal hollandais, le nouveau cheval de bataille du chef du NPD, Thomas Mulcair. Hé bien si le débat occupe peu d’espace dans les journaux au Québec (ce qui est bien dommage puisqu’il nous concerne en premier lieu), il fait rage dans le reste du Canada.

Le gouverneur de la Banque centrale, Mark Carney, appelé à se prononcer sur le sujet avait affirmé qu’il n’y avait pas de mal hollandais au Canada, que le Canada a une économie hautement intégré et que la valeur du dollar canadien n’était pas influencé par le prix du pétrole. Évidemment, le monsieur devrait regarder les chiffres et même, oserais-je dire, réfléchir un brin avant de parler – la valeur du dollar suit très clairement le prix du pétrole comme nous le monde Gérald Fillion dans son texte mentionné plus bas.

Fait intéressant, quelques jours à peine après le commentaire de M. Carney, l’OCDE déposait un volumineux rapport affirmant que le Canada présente effectivement des signes clair de mal hollandais. Économie à deux vitesses, monnaie tiré vers le haut par des ressources naturelles abondantes et s’échangeant à fort prix.

Gérald Fillion commente la situation et trace un portrait global fort intéressant où il met en contexte le mal hollandais et la croissance de la productivité au pays. Fait intéressant, je suis tombé sur un article du journal  Les Affaires traitant justement de productivité. Alors qu’en Alberta la productivité a cru de 8.16% de 1997 à 2007, elle a cru de 14.24% au Québec, ce qui est bien, mais tout de même plus bas que la moyenne canadienne qui est de 15.89%.

Voilà pour les comics qui n’ont pas encore compris que les chiffres PIB par habitant disaient n’importe quoi.

Mais l’article du journal Les Affaire va plus loin et cherche la piste des cause de ce retard canadien – la productivité aux États-Unis a cru de 37% sur la même période. Il y a peut-être un peu de délocalisation là-dedans, mais passons. Le journal pointe entre autres la présence de grands monopoles ici et ailleurs au Canada. Va pour Hydro-Québec, quoi que je n’y crois qu’à moitié puisqu’elle est quand une très grande donneuse de contrats. Par contre, quand on parle de la SAQ, je décroche complètement – franchement voir si la SAQ ralentis la progression de la productivité! Mais bon, il se rattrape avec les grandes industries dans l’agriculture, la fixation des prix dans certains milieux et le fiable investissement en modernisation des entreprises notamment en technologie de l’information et ils ont bien raison.

Denier point à mettre en perspective, la politique extérieur. D’accord, les provinces de l’Est ne sont pas assez productive, mais le mal hollandais est bien réel n’en déplaise à Mark Carney et comme si ce n’était pas suffisant il devient de plus en plus clair que la politique extérieure du Canada se construit principalement autour de l’exportation de pétrole et donc au détriment des autres secteurs ce qui, à terme ne peut que rendre les disparités économiques entre les provinces plus grandes. Mais bon, M. Harper ni en bloc et le gouverneur de la banque centrale aussi, alors il va falloir prendre notre mal (hollandais) en patience.

.jpm